Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

Les parcours militaires

Nos ancêtres dans l'armée

Nos ancêtres dans l'arméeDans cette page, vous trouverez les parcours militaires de nos ancêtres. Par les différents registres mis en ligne, j'ai pu retracer la vie de certains des ancêtres de la famille dans l'armée, que ce soit dans le cadre du service militaire ou dans les guerres auxquelles ils ont participé.

Le service militaire était une étape très importante dans la vie des jeunes hommes quand ils atteignaient leurs 20 ans. Pour chaque individu, il symbolisait en quelque sorte le passage de l'enfance à l'âge adulte. Mais surtout, il permettait à chaque paysan (ceci n'est pas un terme péjoratif, la grande majorité de nos ancêtres vient du monde paysan) de quitter son lieu de naissance, son village, sa campagne, sa montagne ou son littoral, pour rencontrer d'autres jeunes de son âge mais issus de milieux totalement différents. Ainsi le viticulteur du Médoc pouvait se lier d'amitié avec un forgeron du Calvados, un étudiant en architecture natif de Marseille ou un fils de notaire parisien.

Cette institution du service armé de conscription n'existe plus depuis que Jacques CHIRAC a pris en 1997 la décision de la remplacer par un service volontaire citoyen, plus adapté à l'époque actuelle. Mais jusqu'au milieu du XXème siècle, le service militaire jouait véritablement un rôle de brassage de la société, et donnait à chacun l'occasion de découvrir, outre de nouvelles têtes, des gens aux modes de vie totalement différents. De plus, ces rencontres se faisaient dans des lieux entièrement inconnus de chaque jeune recrue, dans d'autres régions de France ou à l'étranger. Pour beaucoup, le service militaire était la seule occasion de voyager dans toute leur vie, et plus tard, le souvenir de cette période demeurait indélébile dans la mémoire de l'ancien soldat.

Les guerres sont par contre sources de meurtrissures, et la perte de l'"enfant qui est parti soldat" est une douleur qui a toujours endeuillé un grand nombre de familles. Le fait qu'il soit "mort pour la France" n'a jamais été que d'un réconfort très relatif. Nos ancêtres n'ont pas échappé à cette histoire dramatique, tant les conflits internationaux ont été nombreux dans notre histoire.

Bien sûr, je ne réécris pas le parcours militaire de chaque ancêtre, puisque tout est raconté dans sa page personnelle, mais je classe les parcours de nos aïeux par guerre ou par période. Je ne prétends pas ici donner des cours d'Histoire, mais simplement présenter le contexte historique de chaque période étudiée, dans laquelle nos ancêtres ont évolué dans l'uniforme du soldat. Vous accèderez donc à l'histoire personnelle de chaque ancêtre sous les drapeaux par des liens.

 

 

Avant 1870

Le XIXème siècle est très riche en événements, c'est le moins qu'on puisse dire ! Entre les guerres napoléonniennes (de 1799 à 1815), les deux Restaurations (du régime monarchique de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe), la IIème République en 1848, et le Second Empire de Louis Napoléon Bonaparte (de 1852 à 1870), nos ancêtres ont connu de grands bouleversements politiques. Il faut cependant relativiser les choses : la grande majorité de la population est paysane, et les turpitudes politiques qui agitent le pays n'ont finalement qu'une importance mineure dans leur vie quotidienne. Il faut avant tout travailler la terre et nourrir sa famille. Mais il faut aussi que les hommes de 20 ans fassent leurs services militaires, et participent aux guerres décidées par le gouvernement.

Concernant nos ancêtres, autant dire tout de suite que cette période est très peu renseignée du fait de la rareté des sources ! A l'heure actuelle, je ne connais le parcours militaire que d'un seul ancêtre avant 1870 : il s'agit d'un arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (AAAAGP) !

Pour remonter plus loin...

Les recherches sont à faire sur les quelques sites ci-dessous, qui présentent des registres, mais dans lesquels il est encore très difficile de repérer nos ancêtres.

  • Mémoire des Hommes
    On peut trouver les registres de contrôle des troupes de l'Ancien Régime. On l'a aussi sous forme d'arborescence dans ce lien. Mais ceux-ci sont classés par arme ; or on ne sait pas à priori dans quelles armes ont servi nos ancêtres dès lors qu'on n'a pas leurs livrets militaires.
    • Rien dans "Vétérans des grenadiers de la garde, an XII-1810 (matricules 1 à 470)".
  • Généanet
    Un relevé collaboratif est mis en place par Généanet pour retrouver les registres de matricules de l'armée Napoléonienne (garde impériale et de l’infanterie de ligne) pour la période 1802-1815.

Les guerres napoléonniennes - "La bataille de Friedland" de Jean Louis Ernest Meissonnier - Source : Eric Denis, passions d'auteur

 

 

La Guerre de 1870

La Guerre de 1870 oppose la Prusse et ses alliés allemands à la France. Le chancelier Otto von BISMARCK cherche à constituer une unité allemande autour de la Prusse et pour cela, il doit neutraliser l'Autriche et la France. A la bataille de Sadowa, en Bohème, l'Autriche est écrasée par la Prusse : cette dernière annexe alors les états allemands du Nord (Hanovre, Nassau, Hesse-Cassel,...). Mais pour s'unir les grands états du Sud (Bade, Bavière,...), BISMARCK doit faire la guerre à la France. Suite à la publication de la dépêche d'Ems, dans laquelle le chancelier prussien aggrave les dissensions entre le gouvernement français de Napoléon III et le roi de Prusse Guillaume 1er, les opinions publiques des deux pays sont choquées. Les termes de cette dépêche sont tellement humiliants pour la France, que Napoléon III n'a pas d'autre choix que de déclarer la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870, tombant ainsi dans le piège de BISMARCK.

Contrairement aux armées françaises, les Prussiens sont bien préparés pour la guerre, et sont deux fois plus nombreux (265 000 hommes pour la France, 600 000 pour la Prusse et ses alliés d'Allemagne du Sud). Pendant 6 semaines, la France va de défaite en défaite, et ni le maréchal MAC-MAHON, ni le maréchal BAZAINE, ne peuvent prendre le dessus. Quand Napoléon III arrive à Sedan, il comprend que la situation est sans espoir, et rend les armes le 2 septembre 1870. A Paris, les opposants à l'empereur proclament la IIIème République, alors que l'Alsace et une partie de la Lorraine deviennent allemandes...

J'ai un arrière-grand-père (AGP) et 2 arrière-arrière-grand-pères (AAGP) qui ont fait leurs services militaires avant ou pendant l'année 1870, juste avant la guerre avec la Prusse. Ils ont d'ailleurs fait tous les trois cette guerre.

Emile JUSTE en militaire
Pierre ABRIBAT - vers 1870


La Guerre de 1870 - "La bataille de Gravelotte" de Jules Descartes Ferat, © RMN-Grand Palais, Agence Bulloz - Source : www.napoleon.org

La Belle Epoque (1870-1914)

La Belle Epoque est la période comprise entre la fin du XIXème siècle et le début de la Guerre de 1914-1918. La France connaît une période de stabilité constitutionnelle, avec un système économique basé sur le franc qui est de plus en plus performant. Les progrès techniques font un bond considérable, le droit de vote se généralise chez les hommes, et l'éducation devient accessible à tous. Mais la croissance économique profite plus à la bourgoisie des grandes villes, et beaucoup moins aux ouvriers et aux agriculteurs. Le malaise ressenti par les couches basses de la société aboutit à des grèves ouvrières et des attentats anarchiques.

Mais la IIIème République conserve l'esprit de revanche au sujet des deux provinces cédées à l'Allemagne. Elle prône une politique d'entente dans un cadre diplomatique, de manière à nouer des alliances. En effet, les revendications nationalistes dans les Balkans sont sources de danger, d'autant plus que l'Allemagne se rapproche de l'Autriche-Hongrie et de l'Italie, autant diplomatiquement que militairement. Contre cette Triple-Alliance, la France s'unit à la Grande-Bretagne et à la Russie, dans une Triple-Entente toute militaire. Assise sur un baril de poudre, l'Europe n'attend qu'une étincelle...

Les 8 ancêtres suivants (3 AGP et 5 AAGP) font leurs services militaires avant la Guerre de 1914-1918.

Pour remonter plus loin...

Sur les 8 AGP, il me manque les registres matricules de 2 d'entre eux :

Première guerre mondiale (1914-1918)

La situation périlleuse en Europe bascule quand l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, est assassiné par un terroriste serbe le 28 juin 1914 à Sarajevo. François-Joseph, l'empereur autrichien, déclare alors la guerre à la Serbie. La Russie mobilise ses troupes pour soutenir la Serbie, ainsi que la France alliée de la Russie, donc l'Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France. En quelques jours, le jeu des alliances transforme la crise balkanique en conflit européen généralisé...

Les Allemands violent la neutralité de la Belgique pour attaquer rapidement la France à l'automne 1914. Mais cette guerre-éclair est freinée par les armées françaises et britanniques, et le front se stabilise faute de vainqueur. Les armées s'enterrent alors dans des tranchées, se battent au corps-à-corps, pilonnant les tranchées adverses et tentant des offensives (les "coups de main"). De violentes batailles, très coûteuses en vies d'homme, ont lieu entre autres dans la Marne (Reims), dans la Meuse (Verdun), dans l'Aisne (Chemin des Dames), dans la Somme, dans le Nord ou encore dans l'Oise.

Durant la Grande guerre, 3 de mes 4 AGP sont soldats en première ligne dans les tranchées. L'un deux perd la vie dans un combat qui a lieu près de Verdun.

Henri Goffre
Henri GOFFRE en uniforme du 123ème R.I. - en 1918

 

En cette Première guerre mondiale, j'ai également 3 AAGP qui ont combattu dans la territoriale, c'est-à-dire à l'arrière, car ils étaient trop âgés lors du conflit pour partir au front.

Emile JUSTE en militaire
Emile JUSTE - 1918

Entre-deux-guerres

Les vingt années qui séparent les deux guerres mondiales, entre 1919 et 1939, sont marquées par de grands changements sociaux en France. Jusqu'en 1929, les "Années folles" sont une décennie où les Français veulent oublier les horreurs de la guerre : ils participent à des fêtes, s'amusent, s'intéressent au renouveau culturel et artistique (jazz, dadaïsme, Art nouveau,...). Mais le jeudi (noir) 24 octobre 1929, la bourse de New-York s'écroule et marque le début d'une énorme crise économique qui touche aussi la France. Outre le chômage qui prend une ampleur considérable, la concurrence entre les nations est exacerbée par le nationalisme et par les idéologies totalitaires (communisme, fascisme, nazisme).

L'entre-deux-guerres est aussi marquée par un bouleversement des rapports de forces internationaux. Les empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie et Empire ottoman) s'effondrent, la Russie devient l'URSS et les Etats-Unis deviennent la première puissance économique mondiale. La France récupère l'Alsace et la Lorraine, et le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, impose à l'Allemagne de payer 132 milliards de marks en réparation de la guerre dont elle est déclarée seule responsable. Mais en 1922, devant le défaut de paiement allemand, les armées françaises et belges occupent la Ruhr...

Seul un grand-père a fait son service militaire dans cette période.

 

Amiet
Amiet DUCOS au 11ème RI - en 1921

Seconde guerre mondiale (1939-1945)

Après l'humiliation du peuple allemand, suite aux conditions du Traité de Versailles, en 1919, la frustration et la rancoeur envers les forces alliées, dont la France, montent en puissance dans les esprits. La crise de 1929 amplifie cette volonté de revanche dans les pays vaincus, notamment en Allemagne. Le chancelier Adolf HITLER aidé de son parti nazi veut mettre fin au "diktat" de Versailles, exterminer les populations juives, et conquérir un "espace vital" en annexant à son pays les territoires où vivent des populations germaniques (Autriche, Sudètes en Tchécoslovaquie, Pologne). Après l'invasion de la Pologne, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. Mais les Allemands étant en Pologne, rien ne se passe pendant 8 mois sur le front de l'ouest où tout le monde attend (la "drôle de guerre").

Le 10 mai 1940, HITLER attaque. En juin, Paris est occupé par les Allemands, et le maréchal PETAIN est nommé à la présidence du Conseil. Le militaire de 84 ans demande l'armistice, qui est signée le 22 juin 1940. Le pays est alors coupé en deux : une zone occupée au nord et sur la facade Atlantique, et une zone "libre" au sud administrée depuis Vichy par le gouvernement collaborationiste de PETAIN. Mais le général Charles de GAULLE, qui veut continuer la guerre, part à Londres rejoindre Winston CHURCHILL : il lance des appels à la résistance à la BBC, la radio de Londres, dès le 18 juin 1940, et organise la résistance française face à l'occupant.

J'ai deux ancêtres (mes deux grands-pères) qui ont participé à la Seconde guerre mondiale. Mais ils ont 20 ans d'écart, et n'ont pas du tout fait la même guerre !

 

Henri Pontet
Henri PONTET sur le char Sainte Barbe - en 1945