Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté d' Yvette GOFFRE

Marie-Jeanne "Yvette" GOFFRE

Arbres : Général - Goffre - Pontet
Cartes : Médoc - Autour de Listrac

Remonter vers son père : Pierre "Henri" GOFFRE
Remonter vers sa mère : Pétronille "Henriette" JUSTE

 

 

Vous êtes ici   :   Les origines des GOFFRE     Jean GOFFRE     Pierre "Henri" GOFFRE     Marie-Jeanne "Yvette" GOFFRE     Ma mère     Moi

(raconté par Yvette Goffre)

 

L'enfance

 

 

Marie-Jeanne "Yvette" GOFFRE

 

Moi, Marie-Jeanne dite Yvette GOFFRE  7  , je suis née le 5 octobre 1922 à 7 heures du matin, à Mauvesin (commune de Moulis), mais je pars habiter à Barreau (commune d'Avensan) avec mes parents à l’âge de 2 ans.

 

Je vais à l’école à Avensan, en faisant 2,5 kilomètres à pieds en sabots ferrés, comme beaucoup d'enfants à l'époque. J'obtiens mon Certificat d’Etudes (mention Bien), à 12 ans et demi, âge auquel j'arrête ma scolarité. Enfant, je joue aussi au basket au club "Les Merles Blancs" de Listrac.

 

Sa signature : Signature Yvette Goffre

 

Yvette Goffre
Yvette GOFFRE - en 1932

 

L'usine Clerc

Puis je travaille à l’usine CLERC, la Bonneterie où ma mère a également travaillé, usine qui fabriquait des vêtements de laine : j’ai d’abord travaillé à la cuisine, puis dans la chambre, dans le chai, et dans le garage, au fur et à mesure que l’usine se développe. Pendant la guerre de 1939-1945, l’usine est mobilisée pour fabriquer des vêtements pour les soldats. Après la guerre, je pars de l’usine, mais j’y retournerai vers 1954, jusqu’à sa fermeture.

 

Yvette Goffre
Annonce de la Bonneterie Clerc - Source : La Petite Gironde du 13 novembre 1941

 

Yvette Goffre
Yvette GOFFRE - en 1940

 

La famille

Je rencontre Henri PONTET  6  à l’occasion d’un bal, dans le bistrot de ma cousine Lucie ROBIN, à Avensan, vers 1938-1939. On se marie le 4 juillet 1941 à Moulis, et on va au mariage à bicyclette parce que l’essence est réquisitionnée par les Allemands !

Pour remonter plus loin...

A Moulis, trouver le mariage de Henri PONTET et Marie-Jeanne Yvette GOFFRE le 4 juillet 1941.

Yvette Goffre
Henri PONTET et Yvette GOFFRE - en 1941

 

On a 2 filles :

 

L'installation à Codres

On habite à Listrac (lieu-dit Codres) chez Lucienne  13  et René PONTET  12  , puis on s’installe au Fourcas quelques années, puis à Chaupineau en location. Enfin, nous nous installons à côté de chez Lucienne et René, sur la propriété de Codres achetée par Maria (Ma) PONTET  25  , où Henri commence à réaménager la maison.

 

La maison de Codres à Listrac
La maison de Codres, à Listrac

 

La maison de Codres à Listrac
Yvette GOFFRE - vers 1955

 

Etiquette château Bibian-TiganaEn 1987, le château Pierre BIBIAN, qui se trouve juste à côté de chez nous, est mis en vente suite au décès en 1983 du maire de Listrac, Henri BIBIAN, qui en est le propriétaire. L'identité de l'acheteur a surpris toute la famille. Notre nouveau voisin se trouve être Jean TIGANA, l'exceptionnel milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, 5 fois champion de France, vainqueur de l'Euro 1984 et 52 fois international !

Sa gentillesse et sa volonté de produire un bon vin lui a permis de parfaitement s'intégrer dans le milieu listracais. Fort de ses 24 hectares, il produit le cru bourgeois Bibian-Tigana, un vin d'une excellente qualité. Ce n'est que 12 ans plus tard, en 1999, qu'il revendra le château à la famille MEYRE, pour acheter un autre domaine près de Cassis dans les Bouches-du-Rhône, la Dona Tigana.

 

Yvette passe toute sa vie à Codres. Très bonne cuisinière, elle prépare les repas des travailleurs, famille et amis, qui viennent prêter main forte à la période des vendanges. Elle élève aussi ses deux filles, avec la même énergie et le même enthousiasme que pour recevoir ses petits-enfants.

Mais le décès de son mari Henri PONTET en 1992 l'atteint profondément. Se sachant gravement malade, Henri avait pris la peine de couper un maximum de bois, pour que Yvette puisse se chauffer pendant l'hiver suivant, quand il ne serait plus là. Cette abnégation qui lui fit passer ses derniers jours de vie à travailler pour celle qu'il aimait reste une leçon de grandeur d'âme pour l'ensemble de la famille.

Après la mort d' Henri, Yvette pleure tellement qu'elle en devient aphone quelques temps. D'autant plus que l'année suivante, c'est au tour de sa mère Henriette et de sa soeur Lydie de s'en aller.

Ces blessures indélébiles seront accompagnées des conséquences de la canicule de 2003. Cette année-là, l'été bat tous les records de chaleur sur toute l' Europe, dépassant allègrement les 40°C. Outre le décès des personnes fragiles ou âgées, cette incroyable chaleur a fait s'affaisser le sol par endroits, et certains murs se sont trouvés fragilisés sur leurs fondations. Ce fut le cas pour la maison de Codres. D'inquiétantes fissures apparaissent sur les murs, et menacent la sécurité de sa désormais unique habitante.

La décision fut prise de placer Yvette en maison de retraite, plus apte à assurer sa sécurité et son confort. Ce sera la maison de retraite Méduli, à Castelnau-de-Médoc, où elle est pensionnaire de la chambre 404.

La maison de Codres à Listrac
Yvette GOFFRE - 2010

Que faire alors de cette maison, qui a vu tant de joies, de rires d'enfants, de travail, de courage et de tendresse ? Yvette a désormais contracté Alzheimer, étant maintenant dans l'impossibilité mentale de s'occuper de ce genre d'affaires. C'est donc aux deux filles d'en décider. Christiane souhaite la garder, parce que les souvenirs qui s'y rattachent sont trop forts. Maryse souhaite la vendre, car elle est inhabitable et coûte cher en taxe foncière. Après quelques années de réflexion, il faut se résoudre à vendre la propriété. Au grand dam de Christiane, la vente a lieu le 16 décembre 2014 ; l'acquéreur souhaite démolir une grande partie de la maison, et construire à la place 3 appartements pour les mettre en location. Ainsi va la vie...

Celle d' Yvette se termine le 17 mars 2015, dans sa chambre à Méduli. Après plusieurs semaines à mal se nourir et à somnoler tout au long de la journée, son dernier sommeil commence peu après midi, achevant une vie de 92 ans de dynamisme et d'amour.

 

 

Vers son époux : Pierre "Henri" PONTET.