Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté d'Henri PONTET

Les origines des LACOURTI

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Branche LACOURTI

Carte Bordeaux-LacanauGirondeLes LACOURTI sont originaires de Lacanau. Le nom de la paroisse Saint-Vincent de Lacanau ("Sanctus Vincentius de Canali") est dérivé du mot canal ou chenal. En effet, jusqu'au XIXème siècle, les eaux de pluie ne s'écoulent pas naturellement vers l'océan, bloquées par les dunes de sable, et ont tendance à inonder régulièrement la paroisse. Elles sont d'ailleurs la cause de la création des étangs situés le long de la façade Atlantique. Pour pallier à ces multiples inondations, qui eurent aussi lieu dans un passé plus lointain, les hommes de l'époque ont réalisé un canal pour forcer l'eau à s'évacuer dans l'océan. Ce canal donna ensuite son nom à la paroisse, qui longtemps s'écrivit en deux mots : "la Canneau".

Mais malgré ce canal, les inondations ont continué. Selon le tome 3 des "Variétés bordelaises" (écrit en 1784) de l'abbé Jacques BAUREIN, vers 1764, l'ancienne église s'est même retrouvée sous l'eau, il a fallu en construire une nouvelle ! Au village de Thalaris, les habitants ont tellement été inondés par les eaux de l'étang, qu'ils ont dû se résoudre à quitter leurs terres pour s'installer plus au sec dans un autre village de la paroisse.

De terres inondées en sols marécageux, les Canaulais (habitants de Lacanau) ont changé leur mode de subsistance ; de cultivateurs, ils ont fait pousser des pins sur le territoire sablonneux situé entre la mer et l'étang, et sont devenus résiniers. Ces pins servent à fixer les dunes de sable qui se déplacent sous l'effet du vent, et à empêcher leur mobilité. Les habitants vivent aussi de pêche dans les étangs, et vont vendent les brochets et anguilles sur les marchés à Bordeaux.

Entre les étangs et les dunes se trouve un territoire, appelé la "Ledde", où pousse une herbe assez fine. Incultivable et inhabitable, ce terrain n'est dédié qu'au pâturage. C'est pourquoi dans cette commune se trouvent des lieux-dits appelés Courtiou, qui signifie « parc à moutons ». Nos ancêtres les plus lointains devaient garder des moutons, et porter un nom qui ressemble à Courtiou. De là, le patronyme a évolué en Courthie, Courti, et Lacourti.

Pour remonter plus loin...

Les actes du XIXème siècle nous écrivent le patronyme LACOURTY avec un "Y" en lettre finale, et j'étais logiquement parti (party ?!) là-dessus. Mais en remontant avant la Révolution française, tous les actes indiquent une orthographe plus simple, si tant est qu'il y en ait une : LACOURTI. C'est celle-ci que j'ai choisi de privilégier dans ces pages.

Pour le début de cette narration, nous remontons bien avant 1692, année des premiers registres de Lacanau. Ceci est possible grâce aux contrats de mariage retrouvés dans les registres des notaires, mais malheureusement, beaucoup de dates manquent dans ces contrats.

Saignée de pinMicqueau ou Micheau LACOURTI  3136 est né vers 1630 dans la paroisse de Biscarrosse, qui se trouve aujourd'hui dans le département des Landes. Mais il prend la direction du nord, à 80 kilomètres de là, pour aller vivre à Lacanau. C'est là qu'il rencontre la Canaulaise Marie FALON  3137 , fille d' Anthoine FALON  6274 et de Marie DARGILOU  6275 . Les deux jeunes gens passent un contrat de mariage le 25 janvier 1655, chez le notaire de Lacanau, Maître HOSTEN. Par ce contrat, papa FALON cède au futurs époux une chambre dans sa maison, tant que lui et sa femme seront en vie. Après le décès de ses parents, Marie FALON  3137 et son époux occuperont la moitié de cette maison, l'autre moitié étant réservée à sa soeur Jeanne FALON. De plus, Anthoine FALON  6274 donne à sa fille, le jour même des noces, des draps de Tarascon et des souliers ; le jeune époux Micheau LACOURTI  3136 doit faire de même.

Partis sur ces bonnes bases, Micheau LACOURTI  3136 et Marie FALON  3137 s'épousent peu de temps après ce contrat, et ont un fils nommé Guillem LACOURTI  1568 qui vient au monde vers l'année 1669.

Comme le seront ses descendants sur 4 générations, Guillem est résinier. Il ne s'agit bien sûr pas de son état d'esprit, mais de son métier ! Le résinier, ou gemmeur, pratique des saignées dans les pins de Lacanau (cares) et récolte la résine qui s’en écoule dans des pots de résine fixés aux arbres. La situation financière des résiniers sous l’Ancien Régime est très précaire : le contrat draconien qui les lie aux propriétaires leur laisse à peine de quoi subsister.

Comment résister au plaisir de relire ces vers de Théophile GAUTIER à ce sujet, même le poète parle plutôt du pin des Landes :

On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ceux qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au coeur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !

( suite )

 

Branche SAUX

De leur côté, une autre famille est établie à Carcans, paroisse située à 12 kilomètres au nord de Lacanau. En 1656, Jean SAUX  6276  (né en 1622) épouse Anne CONTE  6277  (née en 1630) dans l'église Saint-Martin de Carcans. Ils ont pour fils Jean SAUX  3138  qui voit le jour vers 1671.

Je ne doute pas qu'en plus de notre ancêtre, le couple a d'autres enfants qui restent à trouver. Mais il n'en auront sûrement pas autant qu'ils en auraient voulu : le père Jean SAUX  6276 décède le 31 janvier 1672 alors qu'il n'a que la cinquantaine, et sa femme Anne CONTE  6277 le 20 mars de la même année, soit moins de 2 mois après lui, à seulement 42 ans. La famille vit-elle dans un environnement marécageux infesté de bactéries néfastes pour la santé humaine ? Connaît-elle la misère, le manque de chauffage, l'humidité permanente et le manque de nourriture ? Sans pouvoir l'affirmer, il faut admettre que tout ceci soit très probable. Mais cela signifie aussi que le petit Jean SAUX  3138 est orphelin avant d'atteindre sa première année de vie. Il est sans doute recueilli, peut-être même adopté, par une autre famille voisine pour être élevé dans un cadre plus sain.

Pour remonter plus loin...

A Carcans, il faut trouver les actes de naissance de Jean SAUX vers 1622, d'Anne CONTE vers 1630, leur mariage vers 1656, la naissance de leur fils Jean SAUX peu de temps après, le décès de Jean SAUX le père le 31 janvier 1672, et celui de Anne CONTE le 20 mars 1672.

Mais ces dates ne peuvent pas être trouvées car sur le site des Archives Départementales, les registres de Carcans démarrent en 1692 jusqu'en 1696, puis 1702 jusqu'à 1704, et sur un autre registre on a 1715 à 1727, un autre va de 1727 à 1739, et enfin le premier registre reprend à partir de 1737.

Le Haut-Médoc
Le Haut-Médoc

 

Branche MESTRE

Non loin de là, dans cette même paroisse de Carcans, Jean MESTRE  6278  , fils de Pey MESTRE  12556  et de Marie DUBOSCQ  12557  , épouse Marie PERRAUT  6279 (née en 1637), fille de Pierre PERRAUT  12558  et de Marie LESCOUTRA  12559  . Jean et Marie ont pour fille Marguerite MESTRE ou METTRE 3139  (née le 22 juillet 1664).

La maman Marie PERRAUT  6279 a environ 56 ans quand elle décède le 22 janvier 1693 à Carcans.

 

 

 

 

 

 

 

Jean SAUX  3138  devient résinier comme beaucoup de ses congénères à Carcans. Il se marie avec cette jeune demoiselle nommée Marguerite MESTRE ou METTRE  3139 , et ensemble ils s'installent au bourg de Carcans où ils ont au moins 3 enfants :

 

 

A environ 67 ans, Jean SAUX  3138 reçoit les sacrements par les bons offices du curé de Carcans, avant de mourir dans son domicile du bourg le 5 février 1738. Marguerite MESTRE  3139 , devenue veuve, ne survit à son mari qu'un mois et demi, car elle décède le 20 mars 1738, âgée d'environ 76 ans.

Pour remonter plus loin...

A Carcans, il faut trouver les actes de naissance de Marie PERRAUT vers 1637, son mariage avec Jean MESTRE avant 1664, la naissance de Marguerite MESTRE le 22 juillet 1664. Trouver aussi le mariage de Marguerite MESTRE avec Jean SAUX avant 1681, la naissance de Marie SAUX en 1681. Toutes ces dates avant 1692, début du registre en ligne.

Le cousin Jean dit "Médoquin" SAUX me pose question. On sait que quasiment tous nos ancêtres ont des surnoms, utilisés à l'oral au quotidien par leur entourage. Mais ces surnoms ne sont pas notés sur les actes. Seul ce Médoquin voit son surnom écrit dans les actes qui le concernent. Pourquoi le prêtre a-t-il systématiquement indiqué son surnom à lui, alors qu'il ne l'a jamais indiqué pour les autres ?

Carcans
Carcans - La Grand'rue, route de Castelnau

 

Vers 1700, Guillem LACOURTI  1568  épouse Marie SAUX  1569 . Ils ont au moins 5 enfants nés au bourg de Carcans :

Guillem LACOURTI  1568 voit sa vie finir le 11 octobre 1731, au lieu de Capdeville à Carcans, à un kilomètre à l'est du bourg de la paroisse, âgé de 62 ans. Après la mort de son mari, Marie SAUX  1569 épouse le 16 juin 1733 le brassier André CAPLONG, qui est lui aussi veuf. Elle vivra 13 ans avec lui avant de décéder le 26 octobre 1746, à l'âge d'environ 64 ans.

Pour remonter plus loin...

A Carcans, il faut trouver le mariage de Guillem LACOURTI et Marie SAUX, entre 1696 à 1702, c'est-à-dire dans le trou du registre ! Du coup, doit-on parler de registre ou de gruyère ? Bien sûr, rien avant 1692, ce qui empêche de remonter plus loin...

Carcans
Carcans - L'Eglise Saint Martin (Photo : Christophe DUCOS)

 

Jean LACOURTI  784 s'installe au bourg de Carcans, où il est résinier. Il se marie une première fois à 20 ans avec Marie CRUCHON, une jeune femme née vers 1698, et qui en a donc 27. Cette union a lieu aux environs de 1725, et le couple a 3 enfants nés au bourg de Carcans :

Marie CRUCHON, la jeune mère sans enfant, a alors 30 ans ; c'est à cet âge qu'elle perd la vie, le 28 novembre 1728. Son veuf Jean LACOURTY  784 doit vite se remarier. Il jette son dévolu sur une autre Carcanaise née vers 1708, Marie BOULANGER. Ce mariage a lieu le 1er février 1729 à Carcans, alors qu'il a 24 ans, et une fois la cérémonie achevée, les jeunes gens retournent s'installer au bourg du village. Deux enfants vont alors voir le jour :

Mais une nouvelle fois, le destin tragique s'abat sur la famille. La camarde emporte Marie BOULANGER le 18 juin 1733, à l'âge de 25 ans seulement ! Et là encore, il faut que Jean LACOURTI  784 trouve une nouvelle épouse. Il a maintenant 30 ans, et il la trouve en la personne de Marie MAILLET  785 , une femme qui a aussi le même âge.

 

Résinier en actionLe livre "Les Français par eux-mêmes", Tome 2 (1841), page 116, dont est extraite l'image ci-contre, raconte le quotidien d'un résinier. Certes il s'agit d'un résinier des Landes, mais cela s'applique aussi bien à celui du Médoc, la forêt de pins s'appelant "la Pignada" dans les deux départements. Armé d'une hache, le résinier place une longue perche à étriers contre un pin, pour s'en servir d'échelle. Il monte à une grande hauteur, en appuyant son pied gauche sur l'étrier et en coinçant la perche contre l'arbre de sa jambe droite. Il est maintenant suspendu et stabilisé en hauteur ; avec sa hache, il entaille ensuite l'arbre d'un canal vertical qui descend jusqu'en bas, à hauteur d'homme. Le long de cette entaille, la résine coule avant d'être ramassée par le résinier. Celui-ci l'amère ensuite aux ateliers où elle sera distillée.

L'auteur précise que le résinier n'échangerait sa place pour rien au monde ! Le midi, il mange une sardine et du pain de seigle, et boit l'eau croupie des marécages. Ce travail est réalisé de mars à décembre étant souvent logé par le patron, et n'a que les 3 mois restants pour vivre chez lui avec sa famille. Seul le dimanche est un jour de repos, et le résinier le passe au cabaret. Il peut ainsi boire sans compter en compagnie des autres résiniers jusqu'à ce que l'ivresse s'empare de tout ce beau monde. Ceux qui ne s'écroulent pas sous la table regagnent difficilement leur chaumière à la nuit tombée. De retour sur les arbres le lendemain, il porte toujours le même vêtement : une veste de gros drap, un pantalon de toile grise, une ceinture autour, et un manteau à manches ouvertes pour les jours de pluie. Il n'en changera que quand elle tombera en lambeaux par l'effet de la sueur et l'usure du temps.

Le livre décrit plus généralement l'intérieur de l'habitation de ces rudes travailleurs. Leurs vêtements grossiers leur tiennent chaud l'été sans les réchauffer l'hiver. Dans les habitations "sales et ignobles" se rassemblent trente à quarante personnes, toutes générations et tous sexes mélangés. Tout le monde dort ensemble, blottis les uns contre les autres, générant une température extrême. La pièce principale est la cuisine, avec le foyer surmonté d'un chaudron dans lequel chauffe la soupe, une "bouille faite avec de la farine de maïs ou de millet". Les femmes filent la laine, les enfants jouent et les hommes discutent du travail de la journée, les échanges verbaux étant teintés de superstitions. Un portrait peu flatteur, mais qui doit assez bien refléter la réalité !

 

Au bourg de Carcans se trouve également la famille de François MEYNIEU  3142 et Marguerite TEYSONNEAU  3143 , dont la fille Bernadine MEYNIEU  1571 voit le jour vers 1685. Celle-ci devient sage-femme, métier courageux et difficile en ce début de XVIIIème siècle.

Jean MAILLET  1570 , un brassier de la paroisse, épouse la jeune Bernadine MEYNIEU  1571 à une date que je n'ai pas, mais en tout cas dans l'église de Carcans. Ensemble, ils ont au moins ces 3 filles :

 

 

Mais alors que la petite Marie MAILLET  785 a juste 5 ans, son père meurt le 29 avril 1720. Je ne sais pas à quel âge survient son décès, peut-être a-t-il la quarantaine, ce qui est trop tôt de toutes façons. Sa veuve Bernadine a alors 35 ans, et doit refaire sa vie : ce sera avec un autre brassier du nom de Jean CADIS. Ce second mariage se produit le 18 août 1723.

Je ne sais pas non plus quand est mort le père de Bernadine, François MEYNIEU  3142 , mais sa mère Marguerite TEYSONNEAU  3143 est en tout cas décédée le 17 juin 1727, au bourg de Carcans.

Bernadine MEYNIEU  1571 continue d'aider les mères de la paroisse à mettre au monde leurs enfants pendant encore de longues années. Puis elle s'éteint le 5 novembre 1763 à Carcans, à environ 78 ans.

Pour remonter plus loin...

A Carcans toujours, il faut trouver le mariage de Jean MAILLET et Bernardine MEYNIEU avant 1715. Le registre commence en 1715 et ne le contient pas.

C'est donc cette Marie MAILLET  785 que notre résinier Jean LACOURTI  784 s'apprête à épouser. Leur contrat de mariage, établi le 10 mai 1734, est assez difficile à déchiffrer. Si je lis bien, la contribution de Jean consiste en un "corps et manches de cadis d’aignan rouge, un coutillon de layette blanche, un tablier d’étamine" et une toile. La mère de la jeune mariée lui fournit 6 linceuls (draps), 2 serviettes, 2 nappes, 3 essuie-mains, 2 assiettes et 2 plats d'étain. L'ensemble de ces biens a été estimé à 80 livres pour l'enregistrement chez le notaire royal.

Cette troisième noce (pour Jean) a lieu le 13 septembre 1734, dans l'église de Carcans. La petite famille accueille cette nouvelle maman dans sa demeure du bourg, où elle s'agrandit de 6 autres enfants avec une grande variété de prénoms :

Jean LACOURTI  392 , le fils bien sûr, vous aviez suivi, perpétue la tradition familiale en exerçant la profession de résinier, également à Carcans.

Il a 23 ans quand sa mère Marie MAILLET  785 décède le 16 mars 1758, sûrement de maladie, alors qu'elle n'a pas 43 ans. Son père Jean LACOURTI  784  , quant à lui, décède à 58 ans le 16 décembre 1762, et il est inhumé dans l'église Saint-Martin de Carcans.

 

( suite )

 

Carcans
Le pin maritime - Source : Étude sur la côte et les dunes du Médoc : littoral ancien, littoral actuel , par Pierre Buffault, 1897

 

Branche ORNON

La famille ORNON est une famille habitant la commune de Salaunes, à 25 kilomètres au sud-est de Carcans, où l'on en trouve plusieurs autres portant le même patronyme. On le voit parfois écrit "HOURNON" dans certains actes, ce qui traduit sans doute une prononciation plus ancienne.

 

Le personnage le plus ancien de cette lignée s'appelle Georges ORNON  3144  ; il est né avant 1631 dans le village de Maubourguet, à 2 kilomètres au nord du bourg de Salaunes. Georges ORNON  3144 épouse le 6 juin 1628 Catherine FAURIE, LA FAURIE ou LAFAURIE  3145  . L'acte de mariage, très laconique, nous apprend que la jeune épouse vient de la paroisse d'Arsac, située à 15 kilomètres au nord-est de Salaunes.

Pour simplifier les choses, ils ont 5 fils dont 3 portent le même nom de baptême, et tous nés à Salaunes :

Quel que soit notre ancêtre parmi les 3 frères nommés Guillem, notre Guillem ORNON 1572 porte le surnom de "Guillemot" auprès de sa famille et de ses amis.

Pour remonter plus loin...

Trois des frères ont le même prénom Guillem... Comment savoir lequel des trois est notre ancêtre ? Déjà, on ne trouve qu'un seul décès d'un Guillem Ornon dans les registres de Salaunes : où sont passés les autres ? Sont-ils partis vivre dans un autre village ? Ensuite, ce seul acte de décès trouvé est-il celui de notre ancêtre ou d'un de ses frères ?

Devant tant de questions, on est obligé de faire des suppositions. Si deux des frères sont partis s'installer ailleurs, on peut supposer que celui qui est resté à Salaunes et qui y est mort est notre ancêtre, puisque je suis remonté à ses enfants qui sont nés à Salaunes. Or dans cet acte de décès de 1725, Guillem ORNON aurait eu 88 ans à sa mort. Mais en 1725, le premier des frères (né en 1631) en aurait eu 94, le deuxième 83, et le dernier 80. On peut estimer que ça pourrait correspondre à l'un des deux premiers.

Deuxième chose, notre Guillem ORNON s'est marié avec Catherine BEAUBOIS en 1674, et a eu son fils Vincent, notre ancêtre, en 1685. Dans le cas du premier frère, il se serait marié à l'âge de 43 ans, et aurait eu son fils à 54 ans. Le second aurait eu 32 ans à son mariage, et 43 à la naissance de son fils. Le cas du Guillem né en 1642 me semble le plus plausible, mais c'est un jugement tout-à-fait arbitraire...

Les registres de Salaunes remontent jusqu'en 1617 aux Archives Départementales.

 

Branche BEAUBOIS

La branche BEAUBOIS vient, elle, de la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles, voisine de Salaunes sur son flanc sud-est. C'est certainement là que Anthoine BEAUBOIS  6292 et son frère Guillem BEAUBOIS sont nés aux alentours de 1600, même si je n'ai pas leurs actes de naissance respectifs. Mais la mention de cette paroisse se trouve dans leurs actes de mariage, ce qui me permet de l'affirmer. On trouve dans les actes deux orthographes différentes de ce patronyme : BEAUBOIS ou BEAUBOY. Cela ne change strictement rien, la prononciation des deux variantes reste la même.

Il semble que la famille quitte Saint-Médard pour s'établir à Salaunes, car c'est là qu'on retrouve leur trace. Les bourgs de ces deux paroisses ne font finalement distants que d'une dizaine de kilomètres ! Anthoine BEAUBOIS  6292 épouse une jeune salaunaise, Marie MAUBOURGUET  6293 . On vient de voir dans le paragraphe ci-dessus que Maubourguet est un lieu-dit de Salaunes, c'est dire à quel point la jeune fille est originaire de ce lieu !

Leur fils, Germain BEAUBOIS  3146 , naît alors le 28 avril 1622. Son parrain n'est autre que le prêtre de la paroisse de Saint-Médard, avec qui la famille a gardé des liens forts.

 

Un autre couple, sans doute voisin des BEAUBOIS, vit et travaille à Salaunes : il s'agit de Pierre CONSTANTIN  6294 et de Peyronne de LAFITE  6295 . Ce couple a entre autres 2 filles :

 

Grandissant en voisins, Germain BEAUBOIS  3146 et Jeanne CONSTANTIN  3147 font un rêve fou : ils projettent de se marier et d'avoir des enfants ! Un truc de dingue... Si le mariage a lieu à une date inconnue, je sais par contre qu'ils ont 8 enfants :

Germain BEAUBOIS  3146 n'est pas seulement père de famille, il est aussi sacristain et officie au titre de valet auprès du prêtre MANSEAU de Salaunes. Malheureusement, sa vie sera plutôt courte car il décède à 53 ans le 21 mars 1676. Son épouse Jeanne CONSTANTIN  3147 ne lui survit pas très longtemps car elle meurt 4 mois après, le 13 juillet de la même année, à 50 ans environ. La piste de la maladie contagieuse est à privilégier...

Pour remonter plus loin...

Je n'ai pas trouvé le mariage de Germain BEAUBOIS et Jeanne CONSTANTIN, avant 1655 ; il y a un trou entre 1649 et 1655 à Salaunes. A moins qu'ils ne se soient mariés ailleurs...

Salaunes
Salaunes - L'église et le Bourg

 

 


Le 23 octobre 1674 à Salaunes, Guillem ORNON 1572 dit Guillemot épouse Catherine BEAUBOIS  1573. Ils restent vivre à Salaunes, où en plus du pénible travail de la terre, Guillemot exerce comme son beau-père avant lui les fonctions de sacristain auprès du prêtre de l'église Notre-Dame de Salaunes. Le couple a 8 enfants tous nés dans leur domicile :

Catherine BEAUBOIS  1573 quitte ce monde le 23 novembre 1711 à Salaunes, à l'âge de 56 ans. Son époux Guillemot ORNON  1572 , lui, décède le 2 décembre 1725, à Salaunes également : si on tient le bon ancêtre parmi ses 3 frères, il a 83 ans à son décès.

Pour remonter plus loin...

Entre leur mariage en 1674 et la naissance de leur 1er enfant en 1680, je suppose que Guillermot ORNON et Catherine BEAUBOIS ont eu d'autres enfants, mais pas à Salaunes. Les registres des paroisses aux alentours ne remontant pas jusque là, il sera difficile de les trouver.

Juste au-dessus de l'acte de décès de Guilhem ORNON dans le registre, on trouve le décès d'une Anne ORNON âgée de 56 ans, enterrée le même jour que lui. Or Anne la fille de Guillem ORNON est née en 1688, et aurait donc eu 37 ans en 1725 : ce ne peut pas être elle. La Anne décédée serait née vers 1669, ce qui ne correspond à rien dans les ORNON identifiés. Je ne sais pas qui elle est.

Branches ANDRAUT

 

Concernant la branche AUDRAUT, qui est une variante du prénom André, je n'ai que très peu d'éléments. Nous sommes maintenant dans la paroisse de Sainte-Hélène, située entre Salaunes et Lacanau, dans le courant du XVIIème siècle : Jean ANDRAUT  3148 et son épouse Jeanne GOURRION  3149 ont pour fils Pierre ANDRAUT  1574 . Voilà toutes mes connaissances sur cette famille. Je n'ai même pas le métier ni du père ni du fils !

Pierre ANDRAUT  1574 et une jeune femme nommée Marie BRUN  1575  se rencontrent, et au final se marient le 29 octobre 1697 dans l'église de Sainte-Hélène. Ils ont pour fille une petite Marie ANDRAUT  787  , née dans ladite paroisse le 2 décembre 1702.

 

Dans le même temps, Vincent ORNON  786 grandit à Salaunes. Il devient laboureur et gardeur mais se rend souvent dans la commune voisine de Sainte-Hélène. Là, il rencontre cette jeune fille, Marie ANDRAUT  787 . Pour eux aussi, c'est tout naturellement que le 25 mai 1722, à Sainte-Hélène, Vincent épouse Marie ANDRAUT  787. Lui a alors 32 ans, et elle seulement 19. Après ce mariage, ils partent s'installer chez les parents du jeune homme à Salaunes, où ils ont 6 enfants :

Marie ANDRAUT  787 s'occupe de ses enfants qui grandissent et vont petit à petit quitter le cocon familial de Sainte-Hélène. Mais elle décède le 19 mai 1762 à l'âge de 59 ans. C'est 3 ans plus tard que Vincent ORNON  786 la suit dans la tombe, le 10 novembre 1765 à 75 ans.

Pour remonter plus loin...

Je n'ai pas le décès de Marie ANDRAUT à Sainte-Hélène. Ce généanaute a trouvé le 19 mai 1762, date qui tombe dans les trous du registre de Sainte-Hélène ! Pour couronner le tout, le mariage de ses parents Pierre ANDRAUT et Marie BRUN a lieu le 29 octobre 1697, et le registre s'arrête en 1696...

Je n'ai pas non plus le décès de Vincent ORNON, le 10 novembre 1765, car le registre de Ste-Hélène ne reprend qu'en 1766 ! Voilà voilà...

A Ste-Hélène, le mariage de Pierre ANDRAUT et de Marie BRUN avant 1685 n'est pas en ligne. Il y a bien une famille BRUN qui vit à cette époque à Moulis, mais sur tous les actes que j'ai pu trouver de ses frères et soeurs, il n'y a pas de Marie. Certains Généanautes ont pourtant choisi cette option, mais personnellement je pense que la piste de Moulis en est une fausse... Il y a par contre des BRUN à Lacanau.

Sainte-Hélène
Sainte-Hélène - Mairie et avenue de la gare

Entre Sainte-Hélène et Carcans, la distance est d'environ 20 kilomètres, avec la paroisse de Brach entre les deux. Cet éloignement n'est pourtant pas un frein pour la rencontre de deux personnes natives de ces deux paroisses. Le 29 janvier 1760, le résinier carcanais Jean LACOURTI  392  se marie avec la Sainte-Hélènoise Jeanne ORNON  393  à Carcans. La maman du marié, Marie MAILLET  785 , est la seule des 4 parents à être déjà décédée. Les tourtereaux s'installent dans le bourg de Carcans, et ils ont 9 enfants :

Ce Jean LACOURTI  196 fils deviendra à son tour résinier sous les conseils avisés de son papa. Sa mère Jeanne ORNON  393 a 68 ans quand elle décède dans sa maison du bourg de Carcans le 17 mai 1807. Son père Jean LACOURTI  392 , alors veuf, décide de vivre chez son fils à Lacanau, au lieu de Talaris. C'est là qu'il meurt le 20 mars 1829, après une longue vie de 93 ans.

 

( suite )

 

 

Branche BRACHET

 

Carcans
Cissac - L'hôtel et café Bouey

 

La famille BRACHET vient de la commune de Cissac en Médoc, à une trantaine de kilomètres au nord-est de Carcans, sur les bords de l'estuaire de la Gironde. Ce patronyme doit provenir de l'ancien français "braiche" qui désigne une terre en friche, en jachère, impropre à la culture.

Pierre BRACHET  1576  est né vers 1650, et devient maître maçon. Le fait d'être maître lui confère le droit d'enseigner son métier à des apprentis, de leur transmettre son expérience et son savoir-faire. Le 18 février 1681, à Cissac, il épouse Jeanne ROUSSELOT  1577  , née le 13 novembre 1656 à Cissac également, fille de Bernard ROUSSELOT  3154 et de Marie BISSON 3155 .

 

Une fois mariés, Pierre BRACHET  1576 et Jeanne ROUSSELOT  1577 ont 3 enfants, tous nés à Cissac :

Mais Jeanne ROUSSELOT  1577 décède prématurément le 23 décembre 1693 à Cissac, à l'âge de 37 ans seulement.

Pierre se remarie avec Françoise JULLIAN, avec qui il a une fille, Marguerite BRACHET, née le 21 octobre 1701 à Cissac. Cette dernière enfant n'a qu'un an à la mort de son père qui survient le 30 novembre 1702, vers l'âge de 53 ans.

 

( suite )

Pour remonter plus loin...

A Cissac, où les registres commencent en 1692, je n'aurais pas la naissance de Jeanne ROUSSELOT le 13 novembre 1656, son mariage avec Pierre BRACHET le 18 février 1681, ni la naissance de Jean BRACHET vers 1691. Je ne trouve pas le décès de Jeanne ROUSSELOT le 23 décembre 1693 dans ce registre page 194, ni le décès de Pierre BRACHET le 30 novembre 1702, car trou entre 1694 et 1737.

 

Branche LAUGA

 

La branche LAUGA est une branche implexe, aussi est-elle décrite dans la page Nos Implexes au paragraphe LAUGA.

Pierre dit Minaut LAUGA  1578 et sa femme Antonine ou Toinette BERRON  1579  (née vers 1665) ont au moins 5 enfants à Lacanau :

Seul l'acte de naissance du dernier enfant révèle le village de Lacanau dans lequel vit la famille : il s'agit de Talaris, situé à 4 kilomètres au nord du bourg et donnant sur le nord de l'étang de Lacanau. C'est là qu'à 66 ans, Antonine ou Toinette BERRON  1579 décède le 28 février 1731.

Pour remonter plus loin...

J'ai parcouru les registres de Lacanau sans trouver la naissance de notre ancêtre Marie LAUGA vers 1700. Il y en a une née en 1693, et une autre née en 1706. Cette estimation de naissance vers 1700 vient de son acte de décès, en 1760, ou il est dit qu'elle a 60 ans. Alors, son acte de naissance a-t-il été "oublié", ou bien est-ce une des deux autres ?

Le fait que Etienne Pierre LAUGA et Marguerite VIDEAU soient des implexes, parents à la fois de Pierre et Françoise LAUGA nos ancêtres, sont une information que m'a communiquée Paulette Seguin. Je n'ai pas pu la vérifier personnellement, car les registres en ligne de Lacanau commencent en 1692 et que pour ces personnes, on se trouve bien avant cette date. J'espère un jour avoir accès à des registres plus anciens, peut-être un jour sur place en mairie, pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

Jean BRACHET  788 devient laboureur et en 1716, alors qu'il a 25 ans, il quitte sa paroisse natale de Cissac pour venir habiter celle de Lacanau. Je ne connais pas la raison de ce déménagement. Souvent, ce genre de changement de lieu de vie est motivé par le fait de trouver du travail plus facilement. Mais le Lacanau du XVIIIème siècle n'est pas vraiment une paroisse connue pour avoir une terre facilement cultivable. C'est pourtant là que Jean rencontre une jeune fille du cru, la belle Marie LAUGA  789 . Le 27 janvier 1722, les jeunes amoureux se disent "oui" devant le prêtre de l'église St-Vincent de Lacanau. Ainsi mariés, le couple a 5 enfants tous nés à Talaris :

Ils n'auront pas d'autres enfants car Jean BRACHET  788 décède le 27 mai 1741 alors qu'il n'a que la cinquantaine. Sa veuve Marie LAUGA  789 en aura 10 de plus à son décès le 8 février 1760, à Talaris.

 

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Pour remonter plus loin...

Le registre de Lacanau entre 1735 et 1752 est grignotté par des rongeurs plutôt gourmands, ce qui nous prive du premier acte qui figure en haut de chaque page. C'est bien dommage, car on passe peut-être à côté de certains actes qui nous concernent. En cherchant l'acte de Guillaume BRACHET en 1738, je suis tombé sur un acte en 2 parties : la première en bas de page, indique qu'il s'agit d'un fils de Jean BRACHET et de Marie LAUGA, mais la 2ème en haut de la page suivante est totalement déchiquetée ! Je ne peux lire ni le prénom du baptisé ni celui de son parrain. Comme je n'ai pas trouvé d'autres naissances après cette date jusqu'à la mort de Jean BRACHET le père en 1741, et que je sais par son acte de décès qu'il avait environ 50 ans en 1790, ce qui le fait naître vers 1740, je conclue par élimination qu'il s'agit de lui.

 

Lacanau
Lacanau-Médoc - La rue de l'église

Branche DINEAU

 

Cette branche a elle aussi plusieurs orthographes possibles. Les registres nous donnent pêle-mêle DINAU, DINEAU, DIGNAU, DIGNEAU... Je n'en connais pas la signification.

 

Nous sommes toujours à Lacanau, où Estève DINEAU  3160  et Jeanne JUGLA  3161  ont un fils, Guillaume DINEAU  1580  (né en 1680). Ce Guillaume devient lui aussi résinier, qui est sans doute aussi le métier de son père.

 

Originaires du village de Donissan à Listrac, Jean dit Bousquet EYMAT  6324  et sa femme Izabeau FEURT  6325  ont pour fils Vivien dit de Bousquet EYMA  3162 , qui devient laboureur au Grand Donissan. La paroisse de Listrac est située à 30 kilomètres à l'est du village de Talaris à Lacanau.

Le 9 février 1671, à Listrac, ce fils Vivien épouse Peyronne ou Pétronille BARON  3163 , originaire de Drap (Saint-Laurent), fille de Jean BARON  6326  et de Marie PETIT  6327 .

Vivien et Peyronne s'installent au Grand Donissan à Listrac, et ont en autres 3 enfants :

A la naissance du nouveau siècle, Pétronille EYMA  1581 va quitter sa paroisse natale de Listrac pour venir s'installer dans celle de Lacanau. Comme pour Jean BRACHET  788 , que nous avons vu dans le paragraphe ci-dessus, je ne connais pas la raison de ce déménagement, mais je constate que les deux ancêtres s'établissent à Lacanau dans la même période. Est-ce en ce temps-là, déjà, une destination à la mode ? En tout cas, il n'y a pas que Pétronille : c'est toute la famille EYMA qui devient ainsi canaulaise, comme le précise son acte de mariage qui va bientôt arriver.

Pour remonter plus loin...

J'ai un petit souci avec l'estimation de la date de naissance de Pétronille EYMA. A son mariage en 1705, elle est dite avoir 24 ans, elle serait donc née vers 1681. Mais son acte de décès en 1737 indique qu'elle est morte à 52-53 ans, c'est-à-dire qu'elle serait née en 1684-1685. Comme il n'y a pas de registre à Listrac avant 1692, on n'aura sans doute jamais la vérité.

A Lacanau, chercher les décès de Vivien EYMA et de Peyronne BARON, puisqu'ils sont aussi venus s'y installer avec leur fille.

Le 22 septembre 1705, à Lacanau, Guillaume ou Guilhem DINEAU  1580  épouse à 24 ans Pétronille ou Peyronne EYMA  1581  . Installés à Talaris, ils ont au moins 8 enfants :

Il semble que ce soit une triste tradition à cette époque sur Lacanau : là aussi, le père de famille Guilhem DIGNAU  1580 décède à l'âge de 50 ans le 23 novembre 1729. L'insalubrité des lieux et la proximité des marécages ont souvent raison des organismes humains, et pas seulement des enfants... Huit ans après, c'est Pétronille EYMA  1581 qui meurt à 52 ou 56 ans, le 5 janvier 1737 à Lacanau.

 

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Pour remonter plus loin...

Je ne trouve pas la naissance de Jean DINEAU en 1711. J'en ai trouvé 2 autres, l'un né en 1708 et l'autre en 1713. Lequel des deux est le bon ?

Branche CASSI

Le patronyme CASSI désigne un bois de chêne, dans lequel devaient vivre les premiers porteurs de ce nom. La famille CASSI qui nous concerne viendrait quant à elle de la commune de Moulis. Mais ce n'est encore qu'une supposition à prendre avec des pincettes ! Car il faut bien constater que pour cette branche-là non plus, je n'ai pas beaucoup d'informations.

 

C'est en effet à Moulis que Guillem CASSI  3164  , qui est laboureur, épouse Marie CALENDRIN  3165  le 23 janvier 1674. Ils déménagent rapidement à Carcans où ils vont fonder leur foyer. Parmi leurs enfants, on trouve ces deux-là :

D'après l'acte de mariage de Françoise, les parents Guillem CASSI  3164 et Marie CALENDRIN  3165 sont déjà morts en 1711.

( suite )

Pour remonter plus loin...

A Moulis, l'acte de mariage donne le nom Guillem DUCASSE, et non CASSI. Et l'acte de mariage de sa fille Françoise donne le patronyme DECASSI. On dirait que ce nom évolue suivant le prêtre qui rédige l'acte !

A Carcans, les registres démarrent en 1692, donc je n'ai pas l'acte de naissance de Pierre CASSI. Par contre, on peut y chercher les décès de Guillem CASSY et Marie CALENDRIN. S'ils ne sont pas morts à Carcans, c'est sans doute à Lacanau.

Branche MALEYRAN

La famille MALEYRAN est originaire de la commune de Sainte-Hélène. François MALEYRAN  12664  épouse Jeanne MEYRE  12665 , fille d’ Estienne MEYRE  25330  et de Marguerite MALEYRAN  25331 . Nous retrouvons ces derniers dans la page Nos Implexes, paragraphe MEYRE.

 

 

François et Jeanne ont pour fils François MALEYRAN  6332  , né le 10 novembre 1647 à Sainte-Hélène. François fils est meunier ; à cette époque, transformer le blé en farine, que le boulanger changera en pain, est une tâche primordiale dans la société traditionnelle française, puisque c'est la base de son alimentation.

 

Le 1er janvier 1672, à Lacanau, François MALEYRAN  6332 épouse Marie VIGNAU  6333  , fille de Arnaud VIGNAU  12666  et de Peyronne CASTAING  12667 . Ils ont pour fils Arnaud MALEYRAN  3166  mais je n'ai pas sa date de naissance. François décède vers l'âge de 45 ans avant 1693 à Lacanau.

 

Le fils Arnaud MALEYRAN  3166 devient également meunier comme son père, et le 28 août 1694, il épouse Marie VIGNAU  3167 , fille d’Arnault VIGNAU  6334  et de Françoise MARTIN  6335 . La multiplication des Arnaud (DU)VIGNAU et des Marie VIGNAU rendent difficile le suivi de cette généalogie, et je m'en excuse ! On peut se poser la question : ces deux familles VIGNAU ont-elles des ancêtres communs ? Nous sommes ici dans une période déjà très reculée, et si un lien existe entre ces deux familles, il doit être plus ancien encore. Le manque de sources m'empêche de le définir pour l'instant.

 

Arnaud MALEYRAN  3166  et Marie VIGNAU  3167 sont installés à Méogas, un autre hameau de Lacanau. Le moulin dans lequel travaille Arnaud est sans doute le moulin de Narsot, situé tout près de Méogas. Le couple a 6 enfants :

 

Arnaud MALEYRAN  3166 décède le 27 octobre 1713 à Lacanau, mais je ne sais pas à quel âge, n'ayant ni son acte de naissance, ni l'âge indiqué sur son acte de décès.

Pour remonter plus loin...

A Ste-Hélène, trouver la naissance de François MALEYRAN le 10 novembre 1647. Ses parents François MALEYRAN et Jeanne MEYRE s'y sont peut-être mariés : à chercher.

A Lacanau, on ne peut trouver aucune date avant 1692. L'association Le Haillan Généalogie a trouvé le mariage de Arnaud MALEYRAN et Marie VIGNAU le 28 août 1694, mais je ne trouve pas ce mariage dans le registre.

Lacanau
Lacanau - Le moulin de Narsot

 

 

Pierre CASSI  1582  , le pasteur de Carcans maintenant âgé de 31 ans, et Marie MALEYRAN  1583  se marient le 30 août 1712 à Lacanau. Mais après ce mariage, ils vont s'installer dans la paroisse de Carcans, au lieu de Devinas. Ils ont 3 enfants :

Mais très tôt, la famille revient vivre à Lacanau où grandira leur fille Françoise avant son mariage.

 

 

C'est ce qui permet à Jean DINEAU 790  , qui est devenu brassier et résinier à Talaris, d'épouser Françoise CASSI  791  le 13 juillet 1734 à Lacanau. Je leur connais 2 enfants :

La famille n'a pas le temps de s'agrandir plus, car Jean DINEAU 790 , le jeune père de famille de 32 ans, décède le 3 août 1743 dans cette paroisse de Lacanau. Sa veuve Françoise CASSI  791 doit alors se remarier : ce sera fait 3 ans plus tard, le 22 novembre 1746, avec François VIGNAU (encore un VIGNAU !), alors qu'elle a 36 ans. Ce nouveau bonheur dure 36 autres années, jusqu'au décès de Françoise CASSI  791 , le 14 juillet 1782, qui n'est pas encore un jour de fête nationale. Elle a alors 72 ans, et auparavant se trouvait veuve pour la seconde fois.

Pour remonter plus loin...

A Carcans, je n'aurai pas la naissance de Françoise CASSI (parfois écrit "Cassé" !) en 1710, car trou entre 1704 et 1737.

Le résinier canaulais Guilhem BRACHET  394  , 29 ans, se marie à Lacanau avec la jeune Marguerite DINAU  395  , 26 ans, le 26 janvier 1768. Ce mariage a lieu dans l'église Saint-Vincent de Lacanau, bien sûr, mais il a lieu en même temps que 4 autres mariages ! Le couple qui nous intéresse s'installe à Talaris, au nord-est de l'étang de Lacanau, où Guilhem continue son activité de résinier, et a au moins 3 enfants :

Mais une année va être particulièrement douloureuse pour la famille : l'an 1790. Le 19 février de cette année-là, le père de famille Guillaume BRACHET  394 décède à seulement 50 ans. Puis le 17 octobre, c'est la petite Margueritte qui perd la vie à 5 ans et 5 mois. S'ensuit, 2 jours après, la disparition du jeune Antoine à l'âge de 22 ans. Enfin, le 2 février 1791, c'est au tour de la maman Marguerite DINAU  395 de s'en aller, à environ 48 ans. On imagine l'intensité du chagrin qui s'empare ainsi de la petite Marie BRACHET  197 , jeune fille de 13 ans qui perd ainsi toute sa famille !

Je pense qu'il faut imputer ces événements à une mauvaise maladie, au vu de la situation géographique du lieu de vie de nos ancêtres. A proximité de l'étang de Lacanau, dans une zone humide et marécageuse, on peut couramment rencontrer 3 types de maladies. D'abord, le paludisme causé par un parasite du sang, et qui engendre une fièvre apparaissant tous les 2 ou 3 jours. Ensuite, la fièvre typhoïde qui a pour origine une déficience sanitaire, et qui est transmis par les poux. Enfin, la dysenterie, causée par le lisier et le fumier qui polluent les nappes phréatiques ; le simple fait, quotidien, de venir remplir son seau dans le puits après l'avoir laissé traîner par terre, suffit à polluer la nappe et à transmettre cette redoutable maladie. Toutes ces infections ont certainement fait un grand nombre de victimes dans ce Médoc qui a longtemps été insalubre, et nos ancêtres les plus infortunés en ont bien évidemment payé le prix fort...

Pour remonter plus loin...

Chercher à se renseigner sur les maladies qui peuvent avoir particulièrement touché la région autour de Lacanau en cette fin de XVIIIème siècle.

Lacanau
Lacanau-Médoc - L'étang de Lacanau

 

Nous retrouvons ici Jean LACOURTY  196 , le résinier de Lacanau. Il a 19 ans quand il épouse Marie BRACHET  197 , qui en a 16, le 3 mars 1794 à Carcans. Les deux parents de la très jeune mariée sont déjà décédés 3 ans avant le mariage, et le fait de se marier lui permet d'abord de se "caser", et ensuite d'entamer une vraie vie de famille. Les jeunes époux s'installent au village de Talaris, à Lacanau, où ils vont faire leur vie chez les parents du jeune homme. Ils y ont 8 enfants :

Le fils Jean LACOURTY  98 devient tour à tour cultivateur, brassier, puis charpentier, résinier et finalement propriétaire. Le 14 juillet 1828, à Lacanau, il épouse Pétronille CONSTANTIN  99  (née à Lacanau le 16 messidor an IX, soit le 5 juillet 1801), fille d’Arnaud CONSTANTIN  198 et de Marie JANNIN  199 . L’ascendance de ses parents est relatée dans le paragraphe CONSTANTIN.

Marie BRACHET  197 disparaît le 6 mars 1840 à 63 ans. Jean LACOURTY  196 , lui, décède à l'âge honorable de 85 ans, le 7 janvier 1859, tous deux au village de Talaris, commune de Lacanau.

 

 

Jean LACOURTY 98 et Pétronille CONSTANTIN  99 vivent au village de Méjos, à 4 kilomètres à l'est du bourg de la commune de Lacanau, où ils ont 10 enfants :

A la naissance de son dernier enfant, Pétronille ou Marie CONSTANTIN  99 a quand même atteint l'âge de 45 ans ! Elle passe toute sa vie à Méjos pour élever cette marmaille, jusqu'à ses 65 ans : en effet elle décède le 5 juillet 1866. Son veuf Jean LACOURTY  98 a 74 ans quand il meurt à son tour le 22 mars 1872.

 

C'est enfin ici que la dynastie LACOURTY rejoint notre famille PONTET. En effet, le 3 novembre 1856, le tisserand Jean Baptiste PONTET  48  épouse Marie LACOURTY  49  , la troisième fille de la fratrie qui a alors tout juste 20 ans, à Sainte-Hélène.

Parmi leurs 6 enfants, ils ont un fils, Jean dit Alcide PONTET  24 , né en 1871, futur grand-père d' Henri PONTET  6 .

 

Marie LACOURTY 49 , elle, n'a que 57 ans quand elle décède le 10 février 1893, la même année que sa soeur aînée, dans le domicile conjugal de Sainte-Hélène.

 

 

N.B. Merci à Paulette SEGUIN et à Jean-Pierre SARRAZIN pour nos échanges.

 

Suite de l'histoire : vers        Jean "Alcide" PONTET