Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté d'Henri PONTET

Les origines des JUSFORGUES - CANTEGREIL

Arbres : Général - Juforgues
Cartes : Pays basque - Bordeaux

 

 

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Branche JUSFORGUES

Hautes-Pyrénées Nos JUFORGUES sont originaires d'une localité située à environ 10 km au nord de Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées. On trouve des traces des JUFORGUES dans les registres de 3 communes voisines : Andrest, Sarniguet et Aurensan. Mais c'est surtout dans ce dernier village que semblent provenir nos ancêtres.

 

En effet, Jean JUSFORGUES  416 et sa douce femme Charlotte SUS  417 sont le premier couple à sortir des registres d' Aurensan. Il se sont mariés avant 1738, mais il n'est pas possible de déterminer la date puisqu'il manque les registres de 1731 à 1738. Tout ce que nous savons, c'est que Charlotte SUS  417 y est née le 26 avril 1723. Dans son acte de naissance, on trouve la précision "Charlotte dite joandolo..." mais la fin du surnom est caché dans le pli de la page du registre !

 

 

 

Pour remonter plus loin...

Les registres en ligne d'Aurensan commencent en 1721 jusqu'en 1731, puis après un trou de 7 ans, reprennent à partir de 1738.

Ceux d'Andrest commencent en 1737 jusqu'en 1742, puis après un trou de 12 ans, reprennent en 1754.

Enfin pour Sarniguet, on a l'année 1717, puis la période allant de 1736 à 1743, puis reprise à partir de 1758.

Concernant Charlotte SUS, il faudrait aller voir sur place la fin de son surnom sur le papier, et trouver ce que ça veut dire (Joan étant l'équivalent de Jean en catalan ou en occitan). Mais pourquoi attribuer un surnom dès la naissance ?

Jean JUFORGUES  416 et Charlotte SUS  417 ont 5 enfants nés à Aurensan :

C'est maintenant à Sarniguet vit la famille GUINLE. Jean GUINLE  418 et son épouse Marie DISSERT  419 ont eu pour fille Bernarde GUINLE  209 , qui a vu le jour le 27 janvier 1768.

 

 

Le laboureur Jean JUSFORGUES  208 rencontre Bernarde ou Bernardine GUINLE  209 quelque part entre Aurensan et Sarniguet, sans doute à l'occasion des fêtes de village qui rythment le cycle des saisons. Ils finissent par se marier, donnant l'occasion d'une nouvelle fête, et s'installent à Aurensan où ils ont plusieurs enfants :

Pour remonter plus loin...

Je ne suis pas sûr que Jean JUSFORGUES et Bernarde GUINLE se soient mariés à Aurensan, mais c'est d'abord là qu'il faut chercher ce mariage, avant 1794. Pas trouvé dans les registres, mais il y a plein d'années qui manquent... Voir à Sarniguet ?

Dans le recensement de la population d'Aurensan de 1836 (p.3), sur un total de 590 habitants, on trouve Jean JUSFORGUES, propritétaire, veuf de 80 ans, décédé le 1er septembre 1836, et sans doute son fils vivant avec lui, Zacharie JUSFORGUES, laboureur de 40 ans. Un peu plus loin (p.5), on trouve un autre Jean JUSFORGUES, indigent de 85 ou 96 ans, son épouse Marie REQUET de 71 ou 80 ans, et leur fille Bernarde JUSFORGUES, journalière de 27 ans. Enfin (p.8), le charron Bernard JUSFORGUES, veuf de 62 ans, vit avec son fils Jean JUSFORGUES, journalier de 29 ans, et sa fille Domenge, journalière de 20 ans.

Dans le livre terrier de 1769 de Sarniguet, on trouve la possession de terre d'un François JUSFORGUE, sans que je puisse savoir réellement qui il est par rapport à nos ancêtres.

Aurensan et Sarniguet
Aurensan et Sarniguet (Haute-Pyrénées)

De leur côté, Jean MAILHOS  210 et son épouse Jeanne LAPORTE  211 vivent à Aux (aujourd'hui Aux-Aussat), canton de Miélan dans le département du Gers, à 28 km au nord-est d'Aurensan. C'est là qu'ils mettent au monde une fille, nommée Françoise MAILHOS  105 , vers 1802. Cette petite famille va passer dans le département voisin des Hautes-Pyrénées pour s'installer à Sarniguet, un petit village très proche de Aurensan...

Pour remonter plus loin...

De même, chercher à Aux-Aussat le mariage de Jean MAILHOS et Jeanne LAPORTE, avant 1802, puis la naissance de Françoise MAILHOS vers 1802. Mais le site des Archives Départementales du Gers ne proposent pas encore d'état civil.

François JUSFORGUES  104 et Françoise MAILHOS  105  ont eu sans doute de multiples occasions de se rencontrer, et de s'apprécier, puisqu'ils se marient le 26 mai 1823 à Aurensan. Après la naissance de leur premier fils, ils s'installent à Sarniguet.

Cénac (Dordogne)
Sarniguet (Haute-Pyrénées) - L'église

Ils ont 4 enfants dont 2 seulement survivront :

 

François JUSFORGUES  104 est mort le 12 mai 1859 à Sarniguet, à l'âge de 60 ans.

Pour remonter plus loin...

Des archives concernant les matricules militaires des Hautes-Pyrénées sont en ligne. Mais la plus ancienne que j'y ai vue date de 1859 ; or si Bernard Jusforgues a fait son service militaire dans son département de naissance, ce doit être à 20 ans, vers 1852. Il faut pister de temps en temps pour voir si cette archive est devenue disponible en ligne.

Le dernier fils Bernard JUSFORGUES  52 ne reste pas sur Sarniguet. On s'aperçoit que très tôt, il quitte son département natal des Hautes-Pyrénées, sans doute par esprit d'aventure car son parcours montre qu'il aime beaucoup bouger ! En outre, les perspectives d'avenir à Sarniguet doivent lui sembler bien minces ; aussi Bernard préfère-t-il parcourir 220 kilomètres vers le nord pour se rendre à Bordeaux, où il trouvera certainement du travail plus facilement.

( suite )

 

Branche CANTAGREL

LotLe nom originel semble être CANTAGREL, mais a été décliné en CANTEGREIL et CANTAGRIL ; il est très difficile de le définir tant la prononciation des patronymes est proche. La signification du nom est cependant très claire : il veut dire "le grillon qui chante".

 

Nos CANTAGREL proviennent d'un village situé dans le Lot, à 28 kilomètres à l'est de Cahors, au coeur du Quercy : Prayssac. C'est au bourg de ce village que vit le premier couple de cette dynastie qui, par la suite a beaucoup voyagé, Antoine CANTAGREL 848 et Anne MALARET 849 .

 

 

 

 


Prayssac (Lot)

 

Il existe un certain nombre de branches CANTAGREL à Prayssac, et ce d'aussi loin que remontent les registres, c'est-à-dire 1673. Malheureusement, il manque le registre allant de 1710 à 1737 ! Cette lacune m'empêche de faire le lien entre notre plus ancien couple identifié, et d'autres personnages encore plus anciens...

 

Cénac (Dordogne)
Prayssac (Lot) - Vue générale

 

Antoine CANTAGREL 848 est marchand d'eau de vie. Depuis le Moyen-Age, les alchimistes tentent de produire un élixir capable de prolonger la vie, et pensent y être parvenus en faisant évaporer l'alcool contenu dans le vin sous l'effet de la chaleur, au moyen d'alambics. Par condensation, ils recueillent cet alcool sous forme liquide, qu'ils appellent eau-de-vie. Ce "remède" produit par distillation était censé guérir tous les maux, de la simple fièvre jusqu'à la peste noire.

 

Il existe une autre explication pour le nom de cet alcool. Une coutume avait lieu lors des accouchements : on enduisait les nouveaux-nès de cette eau-de-vie, et on leur en mettait un peu dans la bouche : si le bébé pleurait, c'est qu'il était en vie !

 

Notre Antoine est donc dans le commerce de cet elixir, qui doit certainement être très lucratif ! Lui et Anne MALARET 849 ont au moins 5, voire 6 enfants :

 

Prayssac (Lot)
Prayssac (Lot) - L'avenue est

 

Trois mois après la naissance de ce dernier enfant, Antoine CANTAGREL 848 décède le 2 mai 1739 au faubourg d'Aujou de la ville de Figeac, lieu de naissance de l'égyptologue Jean François CHAMPOLLION. Cette ville se situe à 90 kilomètres à l'est de Prayssac, mais toujours dans le département du Lot. Antoine n'avait pourtant que 55 ans.

Pour quelle raison s'est-il rendu là-bas, et de quoi est-il mort loin de chez lui ? Le faubourg d'Aujou est un lieu où existent plusieurs établissements hospitaliers. On peut supposer qu' Antoine CANTAGREL 848 était malade, et qu'il a été envoyé là-bas pour y être soigné. Malheureusement, il ne fut pas guéri, et il fut inhumé le lendemain dans l'église des pères Carmes, paroisse St-Thomas, de Figeac. Son décès a ensuite été retranscrit dans les registres de Prayssac, où il est dit que ses enfants François et Jean ne savent pas signer.

 

Figeac (Lot)
Figeac (Lot) - L'entrée du faubourg d'Aujou

Dordogne 

Après la mort de son mari, Anne MALARET 849 emmène sa petite famille dans le département voisin, la Dordogne, en plein Périgord noir.

Le voyage les emmène à 46 kilomètres au nord de Prayssac. Le village dans lequel ils arrivent s'appelle Cénac, aujourd'hui Cénac-et-Saint-Julien, situé à environ 10 km au sud de Sarlat-la-Canéda.

 

 

 

 

Pour remonter plus loin...

A Prayssac, chercher le mariage d' Antoine CANTAGREIL et Anna MALARET avant 1734, et la naissance de leur fils Antoine Jean CANTAGREIL peu après. Voir aussi la naissance du premier fils Pierre CANTAGREIL, né hors mariage.

Mais le "trou" entre 1710 et 1737 dans les AD46 interdit de mettre la main sur le mariage d'Antoine CANTAGREL et d'Anne MALARET, qui a lieu avant 1721, date estimée de naissance de leur fils François marié le 23/02/1751.

Sinon, un Antoine CANTAGREL est né à Prayssac le 27 juillet 1680, ce qui peut correspondre avec notre ancêtre sosa 848. Ses parents sont Jean CANTAGREL et Jeanne BESSIERE. Mais sans son acte de mariage, impossible de prouver que c'est bien lui...

 

Cénac et Domme
Cénac et Domme (Dordogne)

 

C'est à Cénac que Antoine Jean CANTAGREIL 424 épouse Anne CHARRIOL 425 , le 2 février 1751. Le père du marié est déjà décédé au moment du mariage, et il n'est pas précisé que sa mère fut présente à la cérémonie. En revanche, la mariée est native de Cénac ; ses parents Jean CHARRIOL 850, lui aussi décédé au moment du mariage, et Jeanne PAPON 851 habitent au bourg de Domme Vieille, dans la paroisse de Cénac. Il faut bien préciser que Domme Vieille est un bourg rattaché à Cénac, contrairement à Domme qui est un autre village distinct.

Antoine Jean CANTAGREIL 424 et Anne CHARRIOL 425 s'installent donc au bourg de Domme Vieille, où Jean exerce la profession de marchand et de tonnelier. Ils ont 7 enfants nés dans ce village :

Pour remonter plus loin...

A Cénac, trouver le mariage de Jean CHARRIOL et Jeanne PAPON, avant 1731, et la naissance de leur fille Anne CHARRIOL.

 

Cénac (Dordogne)
Cénac (Dordogne) - Vue générale

Ce petit village de Domme est distant de Cénac d'un petit kilomètre seulement. Domme fut fondée par le roi de France Philippe le Hardi en 1281, alors en croisade contre les Albigeois. Du fait qu'elle soit perchée sur un piton rocheux de 250 m de haut, dominant la vallée de la Dordogne, cette bastide médiévale joua un rôle important pendant la Guerre de Cent ans. En 1307, la Porte des Tours servira de prison aux Templiers qui y laisseront des graffitis émouvants et mystérieux...

Cénac (Dordogne)
Domme (Dordogne) - Panorama des grands rochers

Ainsi installé au lieu dit Domme vieille, Raymond CANTEGREIL 212 devient tonnelier, comme son père l'était. Nous sommes alors sous la Révolution Française.

 

Branches GUINOT - LESCALMEL - LADIGNAC

Deux représentants d'une autre famille vont maintenant nous intéresser. Le premier est François GUINOT 426 , qui est né vers 1737 à Magnat-l'Etrange dans la Creuse (information à vérifier, ce peut être Magnac-Laval qui se trouve aussi près de Limoges), et qui est scieur de long. On sait par son acte de mariage que son père se nomme Jean GUINOT 852 . Le second est un autre Jean GUINOT, peut-être le frère du précédent, qui est né vers 1727, et qui exerce la profession de tonnelier. Il faut savoir que dans les années 1747 à 1749, une terrible épidémie de peste noire sévissait dans le Périgord. Un grand nombre d'habitants périrent, et des villages entiers furent laissés à l'abandon. Une fois l'épidémie passée, on chercha à inciter des familles à venir s'installer dans ces villages fantômes pour repeupler la région, en échange d'une certaine somme d'argent. C'est ce qui semble s'être produit pour les GUINOT : pendant les années 1750, ils ont quitté la Creuse pour venir s'installer en Dordogne, à Domme, où ils deviennent propriétaires, et fonder famille. De plus, Domme est avec Cénac un port de départ des gabariers, ce qui permet au tonnelier de transporter sa production par le fleuve jusqu'à Bordeaux.

Pour remonter plus loin...

Il faut trouver la naissance de François GUINOT vers 1730, à priori à Magnat-l'Etrange. On sait qu'il vient de "Magnac" ou "Magnat", près du "diocèse de Limoges", est-il précisé sur son acte de mariage. Mais il y a plusieurs communes qui peuvent correspondre :

  • Magnac-Bourg (Haute-Vienne, en Limousin) - 32 km de Limoges. Les archives de la Haute-Vienne ne sont pas en ligne...
  • Magnac-Laval (Haute-Vienne, en Limousin) - 64 km de Limoges
  • Magnat-l'Etrange (Creuse, en Limousin) - 114 km de Limoges. Les archives en ligne ne remontent que jusqu'en 1737.
  • Magnac-sur-Touvre (Charente, près d'Angoulème) - 98 km de Limoges, peu probable
  • Magnac-Lavalette-Villars (Charente) - 118 km de Limoges, peu probable

Noter qu'à Magnat-l'Etrange, on trouve le décès d'un Pierre GUINOT, le 21 mars 1739, à l'âge de 75 ans, ce qui le fait naître vers l'année rafraîchissante de 1664. Si la piste de Magnat-l'Etrange est bonne, il pourrait s'agir du père de Jean GUINOT 852 et grand'père de François.

A Domme toujours, Jean LADIGNAC ou LADIGNAT ou LARINIAC 1710 et son épouse Anne ROUSSIGNAC 1711 travaillent en tant que laboureurs, et vivent avec leurs 5 enfants :

Notre Marie LADIGNAC 855 rencontre François LESCALMEL 854 , qui vit à Domme mais ne semble pas y être né. Pourtant, on rencontre des LESCALMEL et de ESCALMEL dans les registres de Domme, à la période où il aurait pu naître, mais je ne trouve pas son acte de naissance... S'il n'est pas né ici, il doit venir d'une ville voisine.

Pour remonter plus loin...

A Domme, je ne trouve pas la naissance de François LESCALMELS. Où est-il né ? Je ne trouve pas non plus le mariage de Jean LADIGNAC et Anne ROUSSIGNAC avant 1707, parce qu'il y a un trou entre 1691 et 1707 dans les registres en ligne.

Toujours est-il que François LESCALMEL 854 et Marie LADIGNAC 855 se marient à Domme le 31 mai 1737. Ensemble, ils ont 3 enfants :

 

 

 

 

 

 

Notre François GUINOT 426 rencontre alors Marie LESCALMEL 427 , et leur mariage a lieu à Domme, le 8 novembre 1759. Ils ont au moins 4 enfants identifiés, nés à Domme :

François GUINOT 426 est dit propriétaire sur son acte de décès, ce qui confirme bien la théorie selon laquelle il est venu s'installer à Domme après la terrible épidémie de peste de 1747. C'est d'ailleurs là qu'il décède le 19 avril 1816 à 79 ans, et son "frère" Jean GUINOT le 24 novembre 1767 dans le même village.

 

 

Raymond CANTEGREIL 212 rencontre Marie ou Marianne GUINOT 213 , à Domme. Leur mariage s'y déroule le 11 nivose An II de la République, soit le 31 décembre 1793. La maman de la mariée, Marie LESCALMEL 427 , décèdera le 29 août 1808 à l'âge d'environ 70 ans.

 

La signature de Raymond CANTAGREL : Signature Raymond Cantagrel

 

Le 22 vendémiaire An XI de la République, c'est-à-dire le 14 octobre 1802, le couple a un fils, Jean CANTAGREL 106 , qui naît à Domme. Jean devient cordonnier. Pour une raison qui reste à définir, Jean quitte ses parents et la Dordogne pour le département des Pyrénées Atlantiques, à plus de 300 km plein sud-ouest.

 

( Flèche suite )

 

 

Branche FAYET

Landes 

L'ascendance de la branche FAYET ou FAGET est issue du département des Landes, dans le village de Labatut, frontalier avec le département des Pyrénées Atlantiques.

Labatut se situe à 20 kilomètres au sud de Dax, à mi-chemin entre Bayonne et Pau, en pays Chalossais. La ville est bordée au sud par le Gave de Pau.

A l'époque de nos ancêtres, aux XVIIème et XVIIIème siècle, le seigneur de Labatut est Antoine de LALANDE-LAMOTHE. Il construit son domaine, le château de Conte, avec les pierres du château médiéval, situé sur l'éperon de Lamothe.

 

 

 

 

 

 

Cénac et Domme
Labatut et Cauneille (Landes)

Dans notre généalogie, nous avons d'abord en cette première moitié du XVIIIème siècle, Jean de FAYET 856 (né vers 1715) et son frère Adrian. Je n'ai pas encore le nom de leurs parents, mais ils sont en tout cas propriétaires d'une maison nommée le "Corp", située dans ce village de Labatut. On trouve un grand nombre de FAYET dans les registres de cette période, ce qui semble indiquer qu'ils sont implantés là depuis plusieurs générations. Je ne peux pas affirmer que la particule soit ici la preuve d'une certaine aristocratie, mais il faut noter toutefois que sur l'acte de mariage qui se produira bientôt, le père et le frère du marié savent parfaitement bien signer leur nom, ce qui montre déjà une certaine instruction dans la famille.

En outre, dans les actes paroissiaux, les prieurs et vicaires de l'époque avaient malheureusement tendance à ne pas fermer le haut de leurs "g", ce qui les fait souvent confondre avec des "y". De ce fait, on pourrait lire indifféremment le patronyme "fayet" ou bien "faget". Mais les signatures des intéressés retrouvées dans les différents actes ne laissent aucun doute sur la prononciation originelle de leur nom : il s'agit bien de "fayet".

 

Labatut (Landes)
Labatut (Landes) - Eglise du XIème siècle

 

L'idéal féminin de notre Jean de FAYET 856 est personnifié sous les traits d'une jeune fille originaire d'un autre village landais, nommé Cauneille, situé seulement à 7 kilomètres à l'ouest de Labatut. Cette demoiselle se nomme Fabianne GARANT 857 , et c'est dans son église de Cauneille que le mariage entre les deux jeunes gens a lieu, le 11 avril 1739. C'est également là qu'ils habiteront et que naîtront leurs 3 enfants :

 

 

Cauneille (Landes)
Cauneille (Landes) - Eglise et presbytère

 

Mais cette petite famille n'a pas le temps de grandir encore plus : le père Jean de FAYET 856 décède tragiquement alors qu'il n'a que 30 ans, le 18 novembre 1745, c'est-à-dire 4 mois avant la naissance de sa dernière fille ! Comment la pauvre Fabianne a-t-elle pu surmonter cette épreuve avec ses 3 enfants en bas âge ?

En ce qui concerne l'aîné des enfants, Adrian de FAYET 428 , il est recueilli après la mort de son père par son oncle et parrain, l'autre Adrian de FAYET qui devient alors son curateur, dans la maison du "Corp" à Labatut. Je n'ai pas trouvé d'acte de décès de sa mère dans les années qui suivent, ni à Cauneille ni à Labatut, qui pourrait justifier que les 3 enfants soient placés chez des membres de la famille. Fabianne GARANT 857 a dû survivre, courageusement, pour s'occuper de ses 2 dernières filles, ainsi "soulagée" de son aîné. Le jeune Adrian de FAYET 428 , quant à lui, grandit avec son oncle et devient charpentier.

Pour remonter plus loin...

A Cauneille (Landes), j'ai cherché la naissance de Jean de FAYET vers 1715. J'ai trouvé un Jean de FAGET né le 2 janvier 1717, sur la page 80 du registre 1710-1726. Il est né dans la maison darmenthieu, fils d'un autre Jean de FAGET et de Marie de la CARRERE. Il reste à trouver la naissance de son frère Adrien pour valider cette piste, puis celle de Fabianne GARANT (après). Je cherche dans ce registre malgré les nombreux trous dans les pages, jusqu'à la page . Comme il y a beaucoup de familles FAGET, vérifier les actes sur les pages 53, 55, 65, 66, 72, 75, 76, 83, 87, 93, 98 (dernière page vue pour l'instant).

Le métier de charpentier, physiquement très rude et éprouvant, est un métier essentiel dans la société humaine. C'est lui qui exécute tous les ouvrages en gros bois qui entrent dans la construction des édifices, des machines, des ponts et des bateaux. Bien sûr, il est aussi sollicité pour la construction des maisons, des monuments publics et des édifices religieux.

 

Forge1
Charpentier, planche Ière, Tome II de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1763 - Source : ENCCR de l'Encyclopédie

 

( Flèche suite )

 

 

Branche LANDABURU - IRATCHETO

Pyrénées AtlantiquesEtudions maintenant la branche LANDABURU, un nom qui sent bon le Pays basque ! Effectivement, nous nous trouvons en Basse-Navarre, et plus exactement à Saint-Palais, situé dans le département des Pyrénées Atlantiques. Appelé Donapaleu en basque, ce village est situé à mi-chemin entre Biarritz et Pau, et doit son nom à Saint-Pelage, qui est un otage martyrisé à Cordoue, dans le sud de l' Espagne, en 926. Etape essentielle sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, il est traversé par la Bidouze, cours d'eau affluent de l' Adour.

 

Concernant cette branche, il semble même que l'on doive ajouter une particule, puisque notre ancêtre le plus ancien se nomme Pierre de LANDABURU 858 . Il vit au village d' Endurain en Soule (je pense qu'il s'agit aujourd'hui d' Espès-Undurein), dans le plus petit des 7 territoires traditionnels du Pays basque, le plus proche de la montagne et du Béarn. Son frère, Joannès de LANDABURU, est le maître de la maison de "Landaburu".

 

 

 

Les Hautes-Pyrénées en France
Au Pays basque, la maison ("etxe" en basque, qu'on prononce "etche") a une importance toute particulière, si bien qu'elle porte un nom. Ce nom est principalement celui du propriétaire, et s'affiche au-dessus de la porte d'entrée. La maison est indissociable de la terre, qui est le principal moyen de subsistance de la famille. Protéger la maison, c'est assurer l'avenir et pérenniser le capital de la famille.

 

Mais c'est la totalité de la propriété (maison et dépendances) qui était transmise à un seul héritier (garçon ou fille) ; à son mariage, celui-ci devient le maître de maison, garant de l'héritage des ancêtres. Son conjoint (ou sa conjointe) était le plus souvent le cadet (ou la cadette) d'une autre famille, et devenait ainsi maître (ou maîtresse) adventice de ma maison (après avoir apporté une dot aux parents de l'héritier).

 

Quant aux autres frères et soeurs, les cadets qui n'héritaient pas, devaient donc épouser l'héritier d'une autre famille, ou partir faire leur vie ailleurs...

 

Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)
Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques) - Quartier du Pont de la Bidouze

 

Ce fut le cas de notre Pierre de LANDABURU 858 , qui vient à Saint-Palais pour y exercer son métier de charpentier, et pour y trouver femme. Il rencontre une jeune fille prénommé Jeanne 859 , mais dont le nom de famille varie étrangement suivant les actes. Sur son acte de mariage, elle est "fille cadette de la maison de SAUBATENA". Sur l'acte de naissance de son fils aîné, elle est "Jeanne de PEYREBLANQUE, maîtresse de la Maison de Jeantiquet à Saint-Palais". Sur celui de sa fille Marie, elle s'appelle "Jeanne de CHAUBAT, maîtresse propriétaire de la Maison de Jeantiquet". Enfin, sur l'acte de naissance de son dernier enfant, elle est simplement dite "Jeanne JEANTIQUET".

Pour remonter plus loin...

A noter que sur l'acte de naissance de Bernard FAYET, le frère de Pierre FAYET 214 (qu'on verra ci-dessous), sa marraine est "Jeanne peireblanc m(aîtres)se de la maison de jeantiquet de St. Palais". Il y a donc bien un lien entre le nom "Peyreblanc" et cette fameuse maison "Jeantiquet".

Par contre, je ne comprends pas que notre Jeanne 859 puisse être à la fois maîtresse propriétaire de la maison de Jeantiquet, ET fille cadette de la maison de Saubatena. Peut-on venir de 2 maisons différentes en même temps ? Après, on peut rapprocher les noms "Chaubat" et "Saubatena" qui peut-être désignent la même maison...

Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)   Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)
Saint-Palais, vue sur la Bidouze (Pyrénées-Atlantiques) - A gauche, carte postale d'époque - A droite, photo actuelle : Christophe DUCOS

 

Quel que soit son partonyme véritable, une chose est sûre : Jeanne est d'abord l'héritière, puis à partir de 1742 la maîtresse propriétaire de la maison de "Jeantiquet" située à Saint-Palais. Le mariage de Pierre de LANDABURU 858 et de Jeanne CHAUBAT-SAUBATENA-PEYREBLANQUE de JEANTIQUET 859 (rayez les mentions inutiles, si vous les connaissez !) a donc lieu le 11 février 1738, à l'église Saint Paul du village. Par ce mariage, Pierre devient donc maître adventice de la maison de "Jeantiquet", c'est-à-dire qu'il n'en est pas le propriétaire mais qu'il est le conjoint de la propriétaire. Ils ont 5 enfants tous nés dans cette maison :

Pour remonter plus loin...

A Espès-Undurein (Pyrénées-Atlantiques), chercher la naissance de Pierre de LANDABURU et de son frère Joannès (ses frères et soeurs) avant 1720. Les registres d'Espès et d'Undurein sont regroupés dans un même volume, mais ceux d'Undurein (qui nous concernent) ne remontent qu'en 1731 (p.312), ceux d'Espès allant jusqu'en 1693...

Sauf erreur ou omission de ma part, je ne trouve plus rien nous concernant dans les archives en ligne de Saint-Palais, qui remontent jusqu'en 1718.

Saint-Palais
Saint-Palais, Arbouet-Sussaute (Pyrénées Atlantiques) et Labatut (Landes)

Le village de Labatut, où vit Adrien FAYET 428, ne se trouve qu'à 35 kilomètres au nord de Saint-Palais, où grandit la jeune Marie LANDABURU 429 . Les deux jeunes gens se rencontrent, et projettent de se marier. C'est certainement un mariage d'amour, mais il y a un paramètre à ne pas négliger, c'est que c'est Marie qui est choisie par le clan pour être l'héritière de la maison de "Jeantiquet". Ses 3 frères aînés ont certainement préféré tenter leur chance dans les grandes villes, ou partir à l'étranger (beaucoup de Basques sont partis en Amérique du Sud ou au Canada), ce qui fait que le choix des parents s'est porté sur une des filles pour transmettre l'héritage familial. Le mariage a ainsi lieu le 7 juin 1768 à Saint-Palais, et le couple s'installe dans la maison "Jeantiquet". Trois fils leur viennent au monde :

Le père de Marie, le charpentier Pierre de LANDABURU 858 , décèdera le 12 août 1773 dans cette fameuse maison. Son petit-fils Pierre FAYET 214 , suit ses traces ainsi que celles de son père en devenant lui aussi charpentier.

Quant à Marie LANDABURU ou LARRABURU 429 , elle est déjà veuve d' Adrien FAYET 428 quand elle meurt en plein hiver le 2 janvier 1815, chez elle dans sa maison de "Jeantiquet" à Saint-Palais, à l'âge de 68 ans.

 

Arbouet-Sussaute
Saint-Palais et Arbouet-Sussaute (Pyrénées Atlantiques)

 

Non loin de là, à 7 km vers le nord, le petit village de Arbouet (formant aujourd'hui la commune d' Arbouet-Sussaute) abrite une autre famille basque : le laboureur Jean IRATCHETO 430 (né vers 1724) et sa femme Marie COUIGNOUA 431 . C'est là que naissent leurs 3 enfants :

 

 

Pour remonter plus loin...

J'ai trouvé à Arbouet le mariage d'un Joannes DIRACHETO avec Catherine CAMUS le 2 septembre 1721. Ils ont eu une fille, Gratianne, née le 20 février 1723. Sont-ils les parents et la soeur de notre Jean d'IRATCHETO 430 ? Je ne trouve pas sa naissance car il y a un trou dans le registre d'Arbouet entre 1724 et 1737, période où il doit être né...

Je n'ai pas non plus trouvé à Arbouet-Sussaute le mariage de Jean IRATCHETO et Marie COUIGNOUA, avant 1760. Il y a aussi des trous entre 1754 et 1757, entre 1759 et 1763, ainsi que l'année 1768.

Par contre, dans les registres d'Arbouet, j'ai trouvé plusieurs personnages de la famille Iratcheto, mais dont je ne peux pas dire qui ils sont les uns par rapport aux autres. D'abord, le 26 juillet 1741, des jumelles, Louise et Catherine de CHAPAT ont pour marraines Johannes et Catherine d'IRATCHET, dont la première est maîtresse de ladite maison d'Iratchet. Ensuite, le 16 mai 1742 décède une certaine Gratianne d'IRATCHETO à l'âge de 19 ans. Le 20 novembre 1753, on assiste au mariage du laboureur Jean DIRATCHETO et de la couturière Isabelle DESCUTARY. Le 22 janvier 1756, un Pierre DIRATCHETO décède âgé de 5 jours. Le 28 mai 1762, c'est le décès de Catherine de CAMUS du lieu de Sussaute, qui est maîtresse d'Iratcheto du lieu d'Arbouet. Enfin, le 15 juin 1767 est né Martin IRATCHETO, fils de Jean IRATCHETO Sr de la maison du même nom, et de Catherine d'AGUERRE ; ce Martin est le cousin de notre Anne IRATCHETO (sosa 215).

J'ai aussi trouvé un Jean YRATCHETO décédé à Arbouet le 17 mai 1771 à l'âge de 80 ans (donc né vers 1691). Ce n'est pas l'époux d'Isabelle DESCUTARY, sinon il se serait marié à 62 ans... Qui est-il ? Peut-être le père de notre Jean IRATCHETO 430 ?

Un autre Jean IRATCHETO s'installe à Domezain (aujourd'hui Domezain-Berraute), et décède le 18 novembre 1823 à 65 ans, "dans la maison d'arrêt" de Saint-Palais ! Il est vrai que dans le département des Pyrénées-Atlantiques, 5 prisons étaient en service au XIXème siècle : Bayonne, Oloron, Orthez, Pau et Saint-Palais. Alors, qu'a-t-il bien pu faire pour se retrouver dans cette prison, et par quel événement y a-t-il trouvé la mort ?

Notre Jean IRATCHETO 430 décède le 8 mai 1784, dans sa maison d'Iratcheto à Arbouet, à environ 60 ans. Marie COUIGNOUA 431 reste maîtresse adventice de la maison d'Iratcheto, et décède pour sa part après 1788 (année de mariage de leur fils Jean).

 

Pour survivre, sa fille Anne D'IRATCHETO 215 viendra s'installer à Saint-Palais et elle y deviendra journalière, et ménagère. Elle épouse en premières noces un dénommé Bernard MINICHE, qui malheureusement décèdera quelques années plus tard, le 18 brumaire an X (9 novembre 1801)...

C'est également à Saint-Palais qu'est célébré le mariage de Pierre FAYET 214 et Anne IRATCHETO 215 le 15 octobre 1814. C'est un mariage tardif puisque Pierre a alors 37 ans, et Anne 43 !

 

Mais ce qu'il faut savoir, c'est que 9 ans avant ce mariage, Anne IRATCHETO 215 a donné naissance à une petite fille, Anne FAYET 107 . Cette enfant voit le jour le 22 frimaire An XIV de la République, soit le 13 décembre 1805, dans la maison de "Dupuy" à Saint-Palais. C'est elle qui deviendra plus tard la maman de Marie-Anne CANTAGREL  53 . En effet, alors veuve depuis 4 ans, Anne IRATCHETO 215 avait eu une liaison. La difficulté qui se présente à moi, c'est que sur l'acte de naissance d' Anne 107 , le nom du père n'est pas cité...

Pour remonter plus loin...

Le véritable père d'Anne est inconnu sur son acte de naissance. De cette situation peuvent découler 2 théories :

  1. Le père est véritablement inconnu, et cela clôt toute possibilité de remonter plus loin.
  2. Le père est Pierre FAYET, que Anne IRATCHETO épousera 9 ans plus tard. Ils se connaissaient peut-être déjà, et avaient fauté. Le fait que plus tard, la petite porte le nom de FAYET pourrait laisser à penser qu'il s'agit d'une sorte de reconnaissance de paternité à retardement (j'allais dire "après coup" !). Mais cela ne constitue en rien une preuve.

Pour ma part, je privilégierais la seconde hypothèse, puisque la première ne mène à rien. Ce choix est conforté par le fait que sur l'acte de mariage d'Anne 107 avec Jean CANTAGREL, elle est bien dite "fille légitime et majeure de sieur pierre faget, charpentier, et d'anne Iratcheto son épouse".

A Aroue, chercher la naissance de Marie COUIGNOUA avant 1753.

Pierre FAYET 214 disparaît dans sa maison de "Jeantiquet" le 30 avril 1848, à l'âge de 70 ans. Celui qui ira déclarer ce décès à la mairie du village n'est autre que son voisin immédiat et gendre, un certain Jean CANTAGREL 106. La veuve de Pierre, Anne IRATCHETO 215 , décède 3 ans plus tard le 14 août 1851, également à "Jeantiquet". Elle avait 79 ans.

 

Saint-Palais
Saint-Palais (Pyrénées Atlantiques) - L'Hôtel de Ville

 

Saint-Palais
Saint-Palais (Pyrénées Atlantiques)

 

C'est donc dans le Pays basque, à Saint-Palais, que Jean CANTAGREL 106 rencontre Anne FAYET 107 . Sur certains actes, elle s'appelle Anne (qui est son nom de baptême), et sur d'autres elle se prénomme Lucine (sans doute son prénom usuel). Mais tout se recoupe pour dire qu'il s'agit bien d'une même et unique personne. Elle est ménagère de profession, alors que Jean est cordonnier.

Les deux amoureux s'épousent le 14 janvier 1832, à Saint-Palais. Les parents du mariés n'ont pas pu faire le déplacement pour la cérémonie, mais ont donné procuration au charpentier de Saint-Palais, pour porter leur consentement. Le père d' Anne était aussi absent, mais son notaire rédigea un acte pour formuler son consentement ; seule la mère de l'épouse était là... Il était d'ailleurs bien temps qu'ils se marient, car leur fille Marie-Anne CANTAGREL  53 naîtra 5 mois plus tard, le 10 juin 1832 ! Ils s'installent alors dans la maison de "Jeantiquet", à Saint-Palais, dont Anne Lucine FAYET 107 est l'héritière.

Ils ont en fait 8 enfants :

Malheureusement, la maman Lucine FAGET 107 meurt le 13 septembre 1855 à 50 ans, sans doute de maladie, 2 jours avant son fils Pierre. Les enfants qui lui survivent ont alors entre 23 et 5 ans, et Jean CANTAGREL 106 doit les élever seul.

Pour remonter plus loin...

Trouver où peut être décédé Jean CANTAGREL, après 1855, mais pas à St-Palais. S'est-il remarié ?

Je ne trouve pas l'acte de naissance à St-Palais de Pierre CANTAGREL, né vers 1846, mais dont j'ai l'acte de décès. Où est-il né si ce n'est pas à St-Palais ?

Que devient cette fameuse maison Joantiquet par la suite ? Les occupants de la maison ont changé souvent de nom, et retracer son histoire n'a pas été chose facile...

Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)
La clinique Ste-Elizabeth de Saint-Palais, anciennement maison Joantiquet - Photo tirée de "Images de Basse-Navarre" de Jean GARAY

Dans le recueil de photos anciennes de Jean GARAY, "Images de Basse-Navarre", on trouve page 112 une photo très intéressante concernant "Jouantiquet". Auguste SEGALAS est le propriétaire rentier de la maison. Il n'est pas l'abbé SEGALAS, chef d'institution au collège d'Orthez (Académie de Pau) comme écrit dans le livre, car ce dernier est mort le 4 mai 1851 (Source : Le journal Mémorial des Pyrénées, 37ème année n°108 du 6 mai 1851).

Or ici, notre Auguste SEGALAS lègue sa maison, le jardin et le champ en dépendant, le 12 avril 1861, devant Me GANDERATS, notaire à Saint-Palais, à 3 soeurs Franciscaine de Marie Immaculée. La vente se fait au prix de 3 600 francs, et à la condition expresse que la maison soit affectée à un hôpital pour les malades et les pauvres de la ville. La Congrégation des soeurs de St-François d'Assise devient donc propriétaire de "Jouantiquet" et fait réaliser d'importants travaux pour bâtir l'Hospice Ste Elizabeth.

Par la suite, le terrain jouxtant l'hospice est aussi racheté, des bâtiments supplémentaires vont sortir de terre et l'oeuvre va prospérer... Car en 1937, l'hospice de Saint-Palais est également devenu orphelinat et clinique ! Aujourd'hui, c'est l'actuelle maison de retraite (EHPAD) Ste-Elizabeth située au 6 rue Théodore d'Artez.

 

Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)   Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)
A gauche : la parcelle 42 de la maison Joantiquet sur le cadastre Napoléon (Source : AD Pyrénées-Atlantiques) - A droite : la même actuellement (Source : Google Map)

 

Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)     Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques)
L'actuel EHPAD Ste-Elizabeth de Saint-Palais, anciennement maison Joantiquet - A droite : l'ancienne porte d'entrée de la maison, surmontée du bâtiment neuf.
Pour remonter plus loin...

La recherche de la maison "Jeantiquet" a été une sacrée épopée ! J'ai d'abord personnellement cherché géographiquement cette maison dans Saint-Palais, mais non seulement je ne l'ai pas trouvée, mais personne parmi les gens du cru (personnes âgées rencontrées dans la rue et érudits locaux contactés par téléphone) ne connaissait ce nom, y compris à la mairie ! Le site du le club de généalogie de St-Palais m'avait répondu que leurs relevés sont plus récents que cette période-là, mais qu'ils ont constaté qu'à plusieurs reprise dans l'histoire de Saint-Palais, "il n'était pas rare que les maisons changent de nom au fil de leurs propriétaires successifs".

J'ai donc essayé de continuer la descendance des héritiers de cette maison dans les AD64, pour voir si une mention de changement de nom ou autre est indiquée. Le dernier couple a être maître de Jeantiquet sont Adrien FAYET et Marie LARRABURU. Leur fils Pierre né en 1777 n'est pas indiqué dans les actes comme maître de cette maison, bien qu'il y soit décédé. Je ne trouve pas d'acte de mariage de ses 2 frères, Bernard né en 1770, ou Pierre né en 1771, à St-Palais, ce qui semble indiquer qu'ils se sont mariés ailleurs et ne sont donc pas héritiers de la maison. Dans la génération suivante, Anne Lucine FAYET est la seule enfant du couple Pierre FAYET - Anne IRATCHETO. Les dernières mentions du nom "Jeantiquet" se trouvent dans l'acte de naissance de sa fille Geneviève CANTAGREL en 1850, et dans celui du décès d'Anne en 1855. Dans aucun de ces actes elle n'est dite propriétaire de la maison, mais on peut le supposer de façon très probable.

Sur cette hypothèse, à qui est ensuite passé l'héritage de la maison ? Forcément à un CANTAGREL, fils ou fille de Jean CANTAGREL et d'Anne FAYET. Notre ancêtre Marie-Anne CANTAGREL n'étant pas concernée, j'ai donc cherché les mariages des autres enfants survivants, voir si une des filles se mariant, elle prend le nom de son mari, et le nom de la maison change aussi. Mais il n'y a pas de mariage avec une CANTAGREL à St-Palais dans les registres de 1853 à 1879....

Le site du club généalogie cité plus haut m'a informé que la dernière naissance à Joantiquet date de 1864 : il s'agit de Pierre BOURRUS qui naît le 8 mars de cette année-là, fils du charpentier Arnaud BOURRUS (né en 1785) et de Marie HEUGAS (née en 1840). Je n'ai pas trouvé leurs naissances à St-Palais, ce qui semble dire qu'ils n'ont ni l'un ni l'autre hérité de Jeantiquet. De plus, je n'ai aucun mariage de Pierre BOURRUS entre les années 1883-1893, pour voir si un nom de maison est cité...

Le club de généalogie, encore une fois, m'a aidé en mettant le doigt sur le livre de Jean Garay, qui citait "Joantiquet" comme étant l'hospice de St-Palais. Je tiens donc ici à remercier Annie Sabarots d'Amikuse Généalogie pour son investissement et son aide précieuse. Cela m'a permis de découvrir les actes de vente de la maison aux soeurs Franciscaines, la position de la maison sur le cadastre, et ce qu'elle est devenue par la suite.

Quant à savoir ce que ça peut bien vouloir dire... Un site basque croit déchiffrer "Jean Tiguet" (voir en bas de la page), est-ce le nom du premier propriétaire de cette maison ? "Joan" est bien l'équivalent basque du prénom "Jean", mais veut dire aussi "aller". Par contre, "Tiquet" tout seul ne veut rien dire.

 

 

Carte Bordeaux-MargauxGirondeMarie-Anne CANTAGREL 53 va devoir quitter son Pays basque natal. Cette jeune fille doit, comme cela se fait très souvent, être placée comme domestique dans une riche famille bordelaise. Elle délaisse donc Saint-Palais pour se rendre à Bordeaux...

 

Et c'est dans la capitale girondine qu'elle rencontre Bernard JUSFORGUES 52 . Ainsi le couple se forme. Ils s'installent rapidement ensemble au 16 rue de la Fusterie à Bordeaux, sans doute dans une chambre de bonne, et ont même un enfant alors qu'ils ne sont pas mariés ! En effet, Pierre Louis JUSFORGUES, cet enfant naturel, est né à Bordeaux le 25 août 1856.

 

 

Bordeaux, pont de Pierre
Rue de la Fusterie à Bordeaux, près de l'actuelle place Bir Hakeim et du cours Victor Hugo

 

Mais l'arrivée de cet enfant prend de la place, et le couple doit songer à déménager... Où trouver un domicile plus grand qui puisse accueillir une famille de 3 personnes ? Bernard et Marie-Anne trouvent une solution : ils passent sur la rive droite de la Garonne, dans la commune de Cenon-Labastide.

Cette commune est née de la fusion de 2 villages viticoles sur la rive droite de Bordeaux. Depuis déjà le début du XIXème siècle, Bordeaux veut annexer le quartier de Labastide (appartenant alors à la commune de Cenon-Labastide) par crainte de voir une partie du commerce bordelais partir s’installer sur la rive droite de la Garonne. Napoléon Ier décide d’ailleurs la construction du Pont de Bordeaux (le Pont de pierre) pour favoriser ce rattachement. Le pont est mis en service en 1822, mais la municipalité de Cenon-Labastide se défend pour maintenir son autonomie.

 

Bordeaux, pont de Pierre
Bordeaux - Le Pont de pierre

 

Sur la rive droite, Bernard et Marie-Anne habitent d'abord 193 route de Paris, en 1858 (année de naissance de leur fils François). Cette route suit aujourd'hui le tracé de la rue de la Benauge et du cours Gambetta. Il ne faut pas la confondre avec la nouvelle route de Bordeaux à Paris, ou avenue de Paris, percée en 1824, qui sera la future avenue Thiers.

Puis en 1861 (année de naissance de leur fille Françoise Marie), on découvre qu'ils demeurent 1 rue Rollande (avenue qui traversait en diagonale le quartier Niel mais qui a disparu depuis).

Enfin, quelques temps plus tard (entre 1861 et 1867), ils élisent domicile rue Tranchère, qui existe toujours à la Bastide.

 


La route de Paris, et l'avenue de la Rollande, à Labastide (Gironde)
Rue Tranchère à Brodeaux-Bastide
La rue Tranchère à Bordeaux-Bastide (Gironde)

 

A partir de 1856, Bernard devient employé à la "Compagnie de Chemin de Fer d'Orléans", une compagnie privée de chemin de fer, qui sera bien plus tard fusionnée avec les autres compagnies en 1938 pour former la S.N.C.F. On retrouve la mention de sa profession sur l'acte de naissance de son fils François, ainsi que sur l'acte de la succession de son père en 1860 (qui ne consiste qu'en une maison tombant en ruine sur un terrain à Sarniguet d'à peine 1 are et 50 centiares).

 

Rue Tranchère à Brodeaux-Bastide
La gare d'Orléans à Bordeaux-Bastide (Gironde)

La Compagnie fait construire par l'ingénieur DARU et l'architecte PEPIN-LE-HALEUR, la gare d'Orléans sur le quai des Queyries, sur la rive droite de la Garonne, pour former la ligne Orléans-Bordeaux. Cette gare, la plus ancienne des 3 gares de Bordeaux, est inaugurée le 20 septembre 1852. Le voyage pour arriver de Paris ne dure plus que 13 heures et 10 minutes, ce qui est révolutionnaire à l'époque quand on sait que la diligence mettait 45 heures pour faire le trajet !

 

Pourtant dès 1861, on découvre sur les actes que Bernard devient marchand de charbon, alors que Marie-Anne est ménagère. Sans doute fournit-il le charbon nécessaire à la société de chemin de fer pour alimenter les locomotives. D'employé de la Compagnie, il en devient un fournisseur, ce qui doit payer davantage...

Mais en 1865, la pression des commerçants bordelais finit par payer : l’annexion du quartier de Labastide à Bordeaux est enfin réalisée. La famille JUSFORGUES se retrouve ainsi vivre à Bordeaux, quartier de la Bastide, sans avoir déménagé !

 

La signature de Bernard JUFORGUES : Signature Bernard Juforgues

En plus de leur premier fils né avant leur union, le couple a 6 autres enfants qui voient le jour à leur domicile :

Il est à noter qu'avant Bernard, dans tous les actes, le patronyme s'écrivait JUSFORGUES avec un "s" devant le "f", et qu'après lui, pour ses descendants le "s" a disparu ! Lui-même, sachant bien signer son nom, l'écrit "Juforgue", sans "s" nulle part !

Bordeaux Bastide
Bordeaux - Quartier de la Bastide

 

En 1865, à la naissance de Pierre Isidore, Bernard habite au n°25 de la rue St-Jacques à Bordeaux. En 1870, au décès dudit Pierre Isidore, il habite à nouveau rue Tranchère. Puis, entre 1871 et 1878, la famille déménage pour s’installer dans le village de Maguiche, commune de Pessac. C’est là que l’aînée Françoise Marie se marie. Il doit s'agir d'une "résidence secondaire" qu'ils ont pu acheter, car on constate qu'ils conservent leur habitation rue Tranchère, comme en témoignent les actes de naissance de Jean Richard et Henri.

Mais une catastrophe se produit le 18 février 1879 : Bordeaux est alors inondée par une crue très importante de la Garonne. Pendant 5 jours, des vents violents du nord-ouest, des trombes d’eau et de grêle, ajoutés à une forte marée de pleine lune, submergent les quais des deux rives. A la Bastide, certaines rues ont plus de 1,60 m d’eau, et l’inondation s’étend jusqu’au pied des coteaux de Cenon. L’entreprise de commerce de charbon se retrouve envahie par les eaux, et Bernard ne peut plus continuer son activité professionnelle.

Les JUFORGUES doivent quitter ce domicile envahi par les eaux, et chercher à déménager. La famille choisit de partir s’installer dans le Médoc, à Margaux. Je ne connais pas le pourquoi de ce choix, mais on peut supposer sans trop se tromper que l'attrait du bon vin n'y est pas étranger... Voici donc que sur les routes qui traversent les vignes médocaines, notre Bernard devient camionneur, c'est-à-dire qu'il conduit une charrette tirée par des chevaux.

 

Rue Tranchère à Brodeaux-Bastide
Margaux et Cantenac (Gironde)

 

Mais Bernard et Marie-Anne retournent vivre à Bordeaux, toujours rue Tranchère (ils y habitent encore en 1884 lors du mariage de Lucie Ursule). Puis ils repartent s’installer dans le Médoc, mais cette fois dans le village de Ginotte, à Cantenac. C'est là que Bernard décède le 8 février 1887, à l'âge de 55 ans. Veuve, Marie-Anne part alors s’installer définitivement à Margaux, au quartier de Labèque, où 12 ans plus tard, elle décède à 67 ans, le 28 juillet 1899.

 

Cantenac
Cantenac - La mairie et les écoles

 

Suite de l'histoire : Vers Jean "Richard" JUFORGUES.