Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté de Marcelle GUIBERT

Les origines des PONS

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Moi

 

Branche PONS

Carte TarnTarn

PONS est l'un des noms de baptême les plus répandus dans le Midi à l'époque médiévale. Il vient du latin Pontius. Saint-Pons fut martyrisé à Cimiez (colline de Nice) au IIIème siècle, et ses supposées reliques furent quelques siècles plus tard transportées dans la cathédrale de Saint-Pons, près de Béziers. La forme PONCE, en Roussillon, est surtout d'origine castillane.

 

Nos PONS à nous sont, eux, originaires de l'actuel département du Tarn. Avant de prendre ce nom à la Révolution française, le territoire occupé par ce département s'appelait l' Albigeois, puisque sa capitale était Albi, et était vassal du comté de Toulouse. Après la croisade meurtrière contre les Albigeois, déclarés hérétiques par le pape Innocent III, le pays occitant se soumet au roi de France Louis IX, dit Saint-Louis, et fait alors partie du domaine royal au début du XIIIème siècle.

 

 

 

 

Nous sommes donc à la fin du XVIème siècle pour découvrir nos ancêtres, les premiers de cette branche. Mathieu PONS  2816 , né vers 1569, et son épouse Marie SUC ou SURGUES  2817 , née vers 1574, vivent dans le Massif Central, à une trentaine de kilomètres à l'est d' Albi, dans la paroisse de Paulin (aujourd'hui Paulinet). Le village tient son nom d'un personnage gallo-romain, Paulinius. Ce nom a servi aussi pour la seigneurie de Paulin, dont le château construit au Xème siècle sur un piton rocheux de cent mètres domine la vallée de l' Oulas pour la défendre.

 

Guillaume SUC 22536 est né vers 1485, sans doute déjà à Paulin. Je ne connais pas le nom de son épouse, mais son fils Barthélémy Guilhonat SUC 11268 voit le jour vers 1515, date symbolique s'il en est. Celui-ci fonde foyer avec sa femme Antoinette BARTHE 11269 , et parmi leurs enfants se trouve Vincent SUC  5634 qui a dû naître vers 1540. Ce dernier se marie avec Bourgeoise SUC  5635 : ensemble, ils ont 3 filles :

 

 

On ignore encore la date du mariage de Mathieu PONS  2816 et Marie SUC  2817 . Mais on sait que nos ancêtres habitent dans un "masage" du très isolé hameau de La Ragnié, le masage étant une maison, un mas.

 

 

 

Paulinet (Tarn)
Paulinet (Tarn) - Village de St-Jean-de-Jeannes, proche de La Ragné
Pour remonter plus loin...

Un grand merci à Alain et Nicole PUÈCHE pour leur aide immense sur cette branche de notre généalogie, et pour les échanges passionnants que nous avons pu avoir !

Le testament de Barthélémy SUC en 1583 reste à déchiffrer, ce qui ne sera pas facile.

La quittance faite vers 1621 chez le notaire Aribert ( côte 3E9/102 folio 59) est très difficile à déchiffrer, et un peu contradictoire. Je comprends que cet héritage a été reçu par Pierre FABAS. Les 36 livres et 10 sous lui ont été donnés par les PONS et Marie SURGUES, somme de laquelle est retranchée ("en déduction de") la dot de Mariette. La phrase suivante confirme bien : "confesse avoir hérité et reçu du dit feu Pons" en 1598. Le sens de l'héritage est donc bien venant des PONS en faveur des FABAS. 

Le point qui m'interroge, c'est la phrase où est ajouté "Guillaume pons son fils, (?) du dit Paulin ici présent et acceptant". En général, celui qui accepte est celui qui reçoit. La personne accepte l'héritage, c'est écrit sur l'acte, comme ça elle ne peut plus dire qu'elle ne l'a pas eu. Là, tel que c'est écrit, on dirait qu'il s'agit de Guillaume...

Le titre de l'acte est aussi trompeur. Quittance des héritiers PONS aux FABAS : ça voudrait dire que l'héritage va du sens FABAS vers PONS, et que donc les PONS leur en donne quittance. Alors que l'acte décrit la situation inverse ! Il doit certainement s'agir d'une erreur d'écriture : l'héritage a eu lieu en 1598, et on fait le couche sur papier en 1621, soit 23 ans plus tard...

Je pense que l'acte, très mal rédigé, est bien celui de l'héritage reçu par Pierre FABAS, donné par les PONS. Ce qui me fait pencher pour ça, c'est qu'on parle des "héritiers de Mathieu PONS". S'il ne s'agissait pas de l'héritage des PONS dont il était question dans cet acte, on n'aurait pas parlé des héritiers de Mathieu PONS, mais on aurait juste cité Guillaume PONS et Marie SURGUES.

Quand Mathieu PONS a épousé Marie SURGUES, il a dû recevoir l'héritage des SURGUES (en grande partie ou en totalité), à charge pour lui de reverser à la petite sœur Mariette son dû quand elle se marierait. Mariette s'est sans doute mariée en 1598, date à laquelle Mathieu PONS lui a versé les 36 livres, à elle et à son mari Pierre FABAS. En toute confiance, semble-t-il, puisqu'ils n'étaient pas passé devant le notaire à l'époque. Est-ce que par la suite, Pierre FABAS a continuer d'en réclamer toujours plus à Mathieu PONS, puis à son fils quand celui-ci est mort ? Auquel cas, il font rédiger un acte par ARIBERT pour mettre au clair la situation et que FABAS leur fiche la paix.

 

La Ragnié
Carte des lieux entre Paulin et Massals

 

Paulinet (Tarn)

Paulinet (Tarn)

Paulinet (Tarn)
Cadastre Paulinet (Tarn) - En haut : carte générale de Paulinet. Au milieu : de St-Jean-de-Jeannes à La Ragné - En bas : le hameau de La Ragnié

 

La Ragnié
Photo satellite du hameau de La Ragnié

 

Mathieu PONS  2816  et Marie SUC ou SUGUES  2817 s'installent à La Ragnié, un hameau isolé de Paulinet, et font 7 enfants dont :

Pour remonter plus loin...

On ne peut pas trouver les frères et soeurs de David PONS, ni le mariage de ses parents Mathieu PONS et Marie SUC, car dans les Archives Départementales du Tarn, pour Paulinet, les archives ne commencent qu'en 1669 pour la série communale en ligne (paroisse St-Jean de Jeannes).

Cet internaute (Frédéric Boyer) a réalisé un relevé systématique sur le Tarn, et trouvé des choses sur les PONS, qui ont inspiré le récit fait ici. Mais tout cela sous réserve d'une vérification ultérieure, quand les registres seront mis en ligne.

Chercher aussi le décès de Mathieu PONS et Marie SUC.

Le 28 septembre 1639, Marie SUC  2817 tombe gravement malade et sentant sa fin proche, elle fait venir le notaire Pierre ARIBERT à son chevet, au masage de La Ragnié pour qu'il mette son testament par écrit. Dans ce testament, la veuve désigne son fils aîné Guillaume PONS comme héritier universel ; c'est lui qui héritera de la maison de La Ragnié. Ses autres fils, David PONS  1408 , Barthélémy et Jacques (dit Jacob sur le testament) recevront 30 livres, payables sur 4 ans après le décès de leur mère. Quant à ses filles Catherine, Madeleine et Marie, elles auront chacune... 15 sous ! Cela dit, elles étaient toutes les trois mariées, et avaient reçu leurs dots respectives au moment de leurs unions. Enfin, tous ses enfants recevront en plus 5 sous tournois payables en une fois. Maintenant que le texte est enregistré par le notaire, Marie SUC  2817 peut s'endormir définitivement, à une date que je n'ai pas mais qui doit être proche de celle du testament.

 

Massals (Tarn)
Massals (Tarn) - Vue générale

 

Massals (Tarn)

Massals (Tarn)

Massals (Tarn)
Cadastre Massals (Tarn) - En haut : carte générale de Massals. Au milieu : de Massals au Mas Nadal - En bas : le hameau du Mas Nadal

 

Le mas Nadal
Photo satellite du Mas Nadal

 

David PONS  1408 apprend le difficile métier de forgeron. Ce travail du fer et du feu fera l'objet d'une transmission inter-générationnelle chez les PONS pendant plus d'un siècle. Le 22 janvier 1627, il épouse Marie AUGER  1409 , fille de Charles AUGER  2818 et de Marguerite CAHUZAC  2819 . La famille AUGER vient de la paroisse de Massals.

Située aux portes de l' Aveyron, le village de Massals culmine à 800 mètres d'altitude ; il est au départ des deux vallées de l' Ambias et du Oulas, deux rivières sous-affluents du Tarn et de la Garonne. A l'époque où nous sommes, la paroisse se nomme Massals-et-Puget.

Avant le mariage, David PONS  1408 et Marie AUGER  1409 font venir le notaire ARIBERT dans la maison de la future épouse, au Mas Nadal, un lieu-dit de Massals près du bourg (voir photo ci-contre). Le père de la jeune fille, Charles AUGER  2818 , est déjà décédé ; elle doit donc se marier avec le consentement de sa mère, bien sûr, mais aussi de son parâtre, le nouvel époux de Marguerite CAHUZAC  2819 . Devant le notaire, le frère et la mère de Marie AUGER  1409 lui donnent un patus, un jardin et un champ jouxtant la maison familiale du Mas Nadal. Elle a le droit de construire une maison sur ce patus, et peut cultiver les terres qui sont communes aux membres de la famille AUGER. Elle reçoit en outre de son frère 2 robes (une de cadis, une de drap), un coussin de plumes, 6 serviettes, une couverture de laine, 3 nappes, une petit chaudron, 2 brebis et 2 agneaux. Quant à David PONS  1408 , il respecte la coutume en usage dans l'Albigeois de l'augment de dot. Dans le droit ancien, ce droit d'augment permet de donner à la femme survivante une partie de la dot qui d'ordinaire doit être donnée au mari. David donne donc à Marie la somme de 30 livres ; la future épouse à son tour lui donne 20 livres.

Une fois le mariage célébré, David PONS  1408 et Marie AUGER  1409 s'installent à Massals. Ils ont 3 enfants :

Peu de temps après la naissance du 3ème enfant, Marie AUGER  1409 perd la vie alors qu'elle n'a qu'une trentaine d'années. Son veuf David PONS  1408 attendra le 2 juillet 1639 pour faire un second mariage avec Marguerite GALINIER. Selon leur contrat de mariage, le père de la jeune femme, Jean GALINIER, donne l'autorisation aux futurs mariés de moudre "perpétuellement" et gratuitement au moulin de Massuguiès qui lui appartient ; en contrepartie, David PONS  1408 et Marguerite GALINIER l'accueilleront dans leur maison. Avec sa nouvelle femme, David a alors 3 autres enfants :

 

 

En grandissant, Jacques PONS  704  découvre le métier de ses (nos) ancêtres et devient également forgeron au Mas Nadal à Massals. Après la mort de son père David, c'est lui qui hérite et devient gestionnaire des biens de sa mère, en tant que fils aîné. En 1661, avant le mariage de sa soeur Madeleine PONS avec Pierre VIANES, le notaire Pierre ARIBERT constate que la jeune mariée cède à son frère Jacques PONS  704 tous ses droits sur les biens hérités de leur mère Marie AUGER  1409 . En échange, Jacques donne à sa soeur 45 livres, une crémaillère d'une valeur de 8 livres, une paire de landiers (chenets) et une grille de feu.

J'ignore quand a lieu le décès de Marie SUC  2817 , mère de David et grand-mère de Jacques ; par contre, dans son testament, elle lègue à deux de ses fils, David PONS  1408 et Barthélémy, la somme de 100 livres chacun. Mais David étant mort, c'est à son fils Jacques de recevoir cette somme. De plus, le fils aîné de Marie SUC, Guillaume, reçoit en héritage tous les biens de sa mère, mais doit en laisser l'usufruit à ses frères. Guillaume donne bien 2 prés à son frère Jacob, mais il ne respecte pas l'accord pour son autre frère et son neveu, et tout cela va causer une grande fâcherie dans la famille ! En effet, Jacques et son oncle Barthélémy réclament justice devant les Ordinaires de Paulin. Guillaume est alors condamné à payer 110 livres aux deux plaignants : il leur baille 2 prés situés à La Ragnié (d'une valeur de 60 livres chacun), et ajoute 50 livres pour chacun. Ceci met fin aux querelles familiales. Finalement, le 21 mai 1662, Jacques PONS  704 et Barthélémy revendent un prè à Jacob pour 60 livres, devant l'éternel notaire ARIBERT.

Pour remonter plus loin...

Je n'ai pas la date de décès de David PONS, mais si c'est bien le même, il était encore vivant en 1695, car il est cité dans l'acte de naissance de Marguerite PONS, fille du marchand Jean PONS et de Jeanne MANELPHE, née le 30 novembre 1695 (registre de l'année 1695, page 10). David y est dit forgeron, habitant audit Massals. Mais pour la paroisse St-Sulpice de Massals, on ne trouve que les années 1693, 1695, 1697, 1698, puis plus rien jusqu'en 1737.

Le notaire ARIBERT a ses minutes aux AD81. Mais elles ne sont pas numérisées...

 

Massals (Tarn)
Massals (Tarn) - Vue générale

 

 

Pour en revenir à Jacques PONS  704 , il rencontre Marie JACME  705 qu'il épouse à Massals aux environs de 1660. Ils donnent naissance à 4 enfants, tous nés au Mas Nadal à Massals :

Pour remonter plus loin...

Les Archives de Massals commencent en 1693. Pas de chance non plus...

Mais vers 1688, Jacques emmène femme et enfants pour vivre à Albi, dans la paroisse St-Julien, au faubourg du Vigan. C'est là que toute la famille s'installe désormais pour faire partie des 7 700 habitants de la ville.

Il faut savoir qu'au XVème et XVIème siècle, Albi est une ville importante et prospère, en grande partie grâce à la culture du pastel et aux échanges transitant par les routes suivant le cours du Tarn. De ce fait, la ville est un centre commercial très important en communication avec l' Aquitaine, le Limousin, le Massif Central, le Languedoc, et avec des villes aussi éloignées que Poitiers ou Lyon.

Mais la période très prospère na va pas durer. En effet, entre 1666 et 1681, Pierre-Paul RIQUET supervise le chantier du canal royal du Languedoc, qui sera plus tard renommé le canal du Midi. Ce canal relie bientôt Toulouse à Sète par voie fluviale, drainant ainsi une très grande partie du commerce entre l'océan Atlantique et la Mediterranée. Les conséquences pour Albi sont désastreuses, car distante de 67 kilomètres du canal, elle n'est plus située sur la route de ce commerce. Cette "mise à l'isolement", aggravée par la crise de 1709 et la forte mortalité après le fameux hiver de cette année-là, provoque son déclin économique et sa ruine. De régional, le commerce devient seulement local : il est de plus en plus difficile de vivre de son travail dans cette cité, et beaucoup de travailleurs alors plongés dans la misère songent à partir ailleurs faire leurs vies...

Jacques PONS  704 finit la sienne à environ 80 ans ; il est enseveli dans l'église St-Julien d' Albi, le 6 mars 1701.

 

Albi (Tarn)

Albi (Tarn)
Cadastre Albi (Tarn) - En haut : carte générale d'Albi. - En bas : la rue de la Croix verte, faubourg du Vigan

 

Albi
Albi (Tarn) - Quartier Le Vigan, et rue Croix Verte

François PONS  352  est comme son papa forgeron, et vit avec son épouse Françoise MAZENS ou MAZENC  353 , née elle aussi vers 1665. Ils vivent à Albi, rue de la Croix Verte dans le "barri" (le faubourg) du Vigan (paroisse St-Julien), non loin du centre-ville. En occitant, le "barri" désigne une muraille, un rempart. A l'époque où nous parlons, les remparts existent encore : la place du Vigan est à l'intérieur des murs, mais la rue de la Croix Verte, qui part de la place du Vigan, est à l'extérieur. C'est là qu'ils ont acheté une maison avec jardin à Pierre PASCOT le 28 octobre 1693. Ils ont aussi acheté une vigne située à Fouys à Jean SATGER le 4 avril 1705.

Pour remonter plus loin...

Sur le site des AD81, l'achat de la maison se trouve à la page 355 du registre compoix de 1601 coté 4 EDT CC 35 (Gache du Vigan : carg, 1695-1789).

 

Ils ont 5 enfants né chez eux :

Les malheureux parents François PONS  352 et Françoise MAZENS  353 voient tous les deux leurs vies basculer à 45 ans. Ils décèdent à 8 jours d'intervalle, elle le 20 juin 1710, et lui le 28 du même mois. Leurs actes de décès sont plutôt laconiques, mais on peut imaginer qu'ils ont tous deux attrapé la maladie du "pourpre" (purpura) qui les a emportés, laissant brutalement les enfants orphelins. Cette maladie contagieuse provoque des éruptions de boutons et de plaques rouges sur la peau. Elle frappe durement les Albigeois en ce début d'année 1710, et un nombre considérable d'entre eux décèdent. L'écorchoir du Vigan (l'abattoir) est aménagé en urgence pour recevoir certains malades, notamment les étrangers, mais le cimetière n'est pas assez grand pour ensevelir tous les morts. Les corps finissent entassés couverts de chaux dans des fosses communes. Le petit Pierre PONS  176, notre ancêtre qu'on appelle "Pierrot", n'a alors que 10 ans quand il perd ses deux parents...

 

Albi (Tarn)

Albi (Tarn)
Albi (Tarn) - Le plateau du Vigan (à gauche) et la Cathédrale Ste-Cécile (à droite)

 

AveyronA quelle date et pourquoi Pierre PONS  176 a-t-il ressenti le besoin de quitter sa ville natale d' Albi ? Le fait d'avoir perdu ses parents tôt l'a peut-être privé de ses attaches familiale dans cette ville où, on l'a vu, les difficultés économiques sont dramatiques à cette période. De plus, la succession de l'hiver rigoureux de 1709, des épidémies, des orages de grêle détruisant les récoltes, de la montée des prix et des disettes qui s'ensuivent, entraine une misère grandissante chez les plus humbles jusqu'en 1713. La crise sociale est alors profonde.

 

Avec certainement d'autres membres de sa famille, le jeune Pierre ne voit pas d'autre solution que de partir faire sa vie ailleurs... Comme beaucoup d'autres Albigeois, artisans ou commerçants, il fait partie de l'exode qui diminue très fortement la population de la ville. Ailleurs, ce sera à 90 kilomètres au nord-est d' Albi, dans le département de l' Aveyron qui n'existe pas encore (les départements ont été créés sous la Révolution française en 1790). A l'époque où nous parlons, il s'agit encore de la province du Rouergue, dont l'une des paroisses va devenir le lieu de vie de la famille PONS, Rodelle, située à environ 20 km au nord de Rodez.

L'année de départ se situe entre 1710 (année de décès de ses parents) et 1730 (année de son mariage à Rodelle), mais je pense très subjectivement qu'il a dû partir au plus fort de la crise, avant 1713.

 

 

Rodelle (Aveyron)
Bozouls, Rodelle, Muret, Saint-Félix-de-Lunel, Estaing, Gabriac... (Aveyron)

Pierre PONS  176 s'installe donc à Rodelle, d'abord au lieu du Grand Mas, puis au bourg du village, où il exerce le métier de maréchal-ferrant. C'est un travail important dans ce village : ferrer les sabots des chevaux et des bovins de trait est essentiel pour la bonne conduite des travaux agricoles.

Pour remonter plus loin...

Deux ouvrages remarquables disponibles sur Persée nous éclairent sur le contexte géographique et historique de la ville d'Albi à l'époque qui nous intéresse. Encore merci à Alain et Nicole PUÈCHE !

  • « Albi étude géographique » p73 à 125 de Pierre Rascol : il explique de "barri du Vigan" signifie le faubourg du Vigan. On y trouve aussi un plan de la ville vers 1700. Cette très belle étude sur l'Albigeois explique la décadence de la ville après la construction du Canal du Midi, la forte mortalité et la crise de 1709.
  • « La crise de 1709-1713 à Albi » de Gilbert Floutard : il décrit la maladie "purpura" qui frappe énormément de monde en 1710.

( suite )

 

Branche POMARÈDE

La branche POMARÈDE (ou POUMARÈDE) semble venir de Rodelle, en Aveyron. Le nom Rodelle vient de Ruthenula, qui signifie « petit Rodez ». Ce village est perché sur un rocher calcaire abritant de nombreuses grottes, au bord du causse de Lanhac, et traversé par le Dourdou.

Rodelle (Aveyron)
Rodelle (Aveyron) - Photo satellite

 

Rodelle (Aveyron)
Rodelle (Aveyron) - L'avenue de Rodez

 

Nous sommes donc à Rodelle et, en cette seconde partie du XVIIème siècle, un couple composé de Estienne POUMAREDE  708 et Raymonde CABRIERES  709 , vit avec son enfant Bernard POUMAREDE  354 . Ce dernier est né vers 1668, et quand il devient jeune adulte, il embrasse la profession de forgeron et maréchal-ferrant. Il embrasse également, mais sans doute d'une autre manière, une certaine Marguerite GOUDAL  355 , qu'il épouse le 26 janvier 1699.

 

Leur contrat de mariage, daté du 20 janvier précédent, stipule que Estienne POUMAREDE  708 donne à son fils Bernard POUMAREDE  354 la moitié de ses biens à l'occasion de ce mariage, se réservant l'autre moitié pour doter ses autres enfants. Le père se réserve également la somme de 40 livres pour lui-même. Bernard donne à sa future épouse 60 livres pour droit d'augment, et réciproquement Marguerite GOUDAL  355 donne 30 livres à son futur époux. La valeur totale des biens donnés et constitués par ce contrat est estimée à environ 1 000 livres.

Pour remonter plus loin...

Trouver la naissance de Jeanne POMAREDE vers 1705 à Rodelle. Le problème est que il y a plusieurs lieux à Rodelle (Bezonnes, Ste-Eulalie-du-Causse, Vereyrettes, St-Julien, Lanhac, et Rodelle proprement dit). Les actes concernant nos ancêtres se trouvent dans le registre de Rodelle (et non les autres lieux), et ces registres ne commencent qu'en 1719. Auparavant, on n'a que les années 1609-1610. On a donc un gros trou dans les registres qui complique le fait de trouver la filiation de Bernard POUMAREDE et celle de Marguerite GOUDAL.

Bernard POMAREDE et Marguerite GOUDAL se marient le 26 janvier 1699 à Rodelle... Du moins c'est à Rodelle qu'on a retrouvé le contrat de mariage (retenu par Me SEBAL à Bezonnes, côte 3E 2509), mais l'acte de mariage ne figure pas sur les registres de Rodelle. Sur le site des AD12, on a les registres pour 4 lieux-dits de Rodelle (Bezonnes, Ste-Eulalie-du-Causse, Vereyrettes et St-Julien), mais pas pour Rodelle même où vivent nos ancêtres. Dommage...

( suite )

 

Branche GOUDAL

Avant de conter l'histoire des POMAREDE, étudions celle des GOUDAL qui se lient à ces premiers par ce mariage. Les GOUDAL viennent du village de Muret, aujourd'hui Muret-le-Château, situé à 6 petits kilomètres à l'ouest de Rodelle. Le château dont il est question date du XIème siècle. Il est placé sur un piton rocheux, qui domine le village en contrebas. Bâti par le Comte de Rodez, il devient en 1227 propriété des évêques de Rodez. Après avoir été occupé par les Anglais pendant la Guerre de Cent ans, le château est transformé au XVème siècle, notamment par l'ajout d'un donjon en forme d'éperon. Mais à l'époque où nous trouvons nos ancêtres GOUDAL, le château est à l'état de ruine, et ce n'est pas lui qui nous intéresse...

 

Muret (Aveyron)
Muret-le-Château (Aveyron) - Vue générale

Par contre, l'on constate qu'une très ancienne famille DE GOUDAL, depuis au moins le XIVème siècle, vit dans cette paroisse au lieu de La Goudalie. La Goudalie (ou Godalhia) était un domaine agricole exploité par une famille, dont le plus ancien membre connu, Etienne GODALH 727040 , est cité vers 1315 dans les Archives de l'Evêché de Rodez. Situé sur la commune de Rodelle, ce domaine est cependant plus proche du centre-ville de Muret que de celui de Rodelle. A la place de cette ferme, un château est construit vers 1590 par Pierre GOUDAL, descendant d'Etienne GODALH 727040 , Sieur de La Goudalie et vice Sénéchal du Rouergue (officier chargé de la justice seigneuriale).

La famille de GOUDAL, qui occupe ce château, vient du village voisin de Roucoules : ils sont donc Seigneurs de La Goudalie et de Roucoules. A cette époque, la totalité du patrimoine familial est transmis au fils aîné seulement, pour ne pas morceler l'héritage. Les autres enfants n'héritent de rien, si ce n'est d'un peu d'argent : les fils cadets deviennent paysans ou artisans dans les lieux alentours, les filles reçoivent une dot.

C'est donc à Muret que vivent nos ancêtres GOUDAL. En parcourant les actes paroissiaux, nous nous apercevons que ceux-ci ne sont pas nobles, contrairement à d'autres pour qui l'aristocratie est clairement précisée ("noble Goudal", "de Goudal de La Goudalie",...). Pourtant, ils descendent d' Etienne GODALH 727040 , mais pas par la branche aînée et noble ! Nous allons voir comment.

Pour remonter plus loin...

La filiation précise à travers les branches cadettes a pu être établie grâce au travail impressionnant fourni par Emile MEJANE, Jacques POULET et François PUECH, paru dans le Bulletin du Cercle généalogique du Rouergue. Je les remercie et les félicite au passage, tout comme Alain et Nicole PUECH avec qui nous avons beaucoup échangé sur ce sujet.

 

La Goudalie (Aveyron)
Le Château de La Goudalie (Aveyron)

Pour bien comprendre la nature des actes qui ont permis de retracer une part de l'histoire qui va suivre, il faut se replacer dans le contexte de la société féodale. Pendant le Moyen-Age, la féodalité est un système de société établissant des liens particuliers entre les hommes. Ainsi, le suzerin, ou seigneur, possède toute une région, un territoire, qu'il administre de plein droit (un duché pour un duc, un comté pour un comte, un vicomté pour un vicomte). Il octroie un fief à son vassal, une terre dont ce vassal peut tirer un revenu ; le seigneur n'en a plus que la propriété éminente (droit de juridiction), mais c'est le vassal qui en a la propriété utile. En échange, le vassal rend hommage à son seigneur, promet de le servir, de lui apporter toute l'aide dont il aurait besoin, le prémunissant aussi de toute rivalité et de tout acte d'hostilité contre lui. C'est en quelque sorte un contrat par lequel le seigneur tient le vassal sous sa dépendance et sous sa protection. Ci-contre, une Miniature du Liber feudorum Ceritaniæ représentant l'hommage d'un comte à son évêque (commons.wikimedia.org).

Dans les lignes qui vont suivre, on parlera beaucoup de reconnaissance au seigneur de Rodez, qui est ici le suzerin. La reconnaissance est en fait un hommage pour un ensemble de biens, de terres, un ensemble de fiefs qui tous n'en forment qu'un seul, octroyé à un seul et même vassal, nos fameux GOUDAL ! Cette reconnaissance n'est pas faite à titre héréditaire, aussi à chaque génération, le fils du vassal devient vassal lui-même, et doit faire une reconnaissance au seigneur (il peut parfois en faire plusieurs dans sa vie). Le décor étant maintenant planté, commençons l'histoire si ancienne de nos ancêtres GOUDAL, qui nous fait remonter sous le règne de Louis X le Hutin, puis de Philippe V le Long, deux fils de Philippe IV le Bel, juste avant le début de la Guerre de Cent ans en 1337.

 

Etienne GODALH 727040 se trouve cité par 2 accessats consentis par le Sieur de Recoulès, Leu de SALLES, l'un en 1315 et l'autre en 1320. De plus, Etienne est parmi les habitants de Rodelle qui rendent hommage au comte de Rodez le 19 juin 1323. On ne connaît pas le nom de son épouse, mais Etienne GODALH 727040 est sans doute père de :

En 1329, Guillaume GOUDAL 363520 fait une reconnaissance à l'évêque de Rodez, qui est seigneur de la terre de Muret, pour le village dels Herms. Puis en 1331, c'est Leu de SALLES qui lui consent un accessat pour la terre appelée La Goudalie. Guillaume habite alors ce lieu, situé sur la paroisse de Muret, et en devient le seigneur. Le blason de sa famille se trouve ci-contre (issu du Wikiwand, Armorial des familles du Rouergue) : "De sable, au lion d'argent, le chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or". On lui connaît 2 enfants :

Etienne GOUDAL 181760 n'est connu que pour cette même quittance dotale de sa soeur Bernarde, en faveur du fils d' Etienne, Guillaume, en déduction de la dot qu'il avait constitué pour sa soeur à son mariage en 1392. Il a sans doute plusieurs enfants, mais on ne connaît que Guillaume GOUDAL de la GOUDALIE (IIème du nom) 90880 .

Celui-ci habite aussi au village de La Goudalie. Il fait une reconnaissance à l'évêque de Rodez pour 3 pièces de terres à Muret en 1383 : une au terroir del Cayre, une à La Peyrière, et un moulin sur le ruisseau de Cueye. Il fait une nouvelle reconnaissance en 1409. En 1397, Guillaume 90880 acquiert de nouvelles pièces dans le village des Fons, paroisse de Lagnac, et l'année suivante, il achète une vigne à La Garrigue, paroisse de Muret. Enfin, le 5 mars 1426, il consent une reconnaissance pour un terroir aux appartenances de Récoules et quartier del Cayre, paroisse de Lagnac, à un marchand de Rodez. Guillaume 90880 est décédé avant le 17 juin 1433, date de la reconnaissance dotale de sa fille Jeanne. Il a 2 enfants connus :

Guillaume GOUDAL 45440 , le fils, fait une reconnaissance à l'évêque de Rodez le 9 mai 1441 pour une maison située à Muret et une pièce de terre al Cayre. Il poursuit l'oeuvre de son père en acquerrant à son tour des pièces de terre. Le 31 octobre 1459, il achète un champ à Jean MARCENAC de Récoules. Puis le 31 octobre 1461, c'est à noble Pierre CORNELY qu'il achète le droit de quint sur une pièce de terre située au village des Fons et terroir du Boldres. Le 20 août 1462, il achète à noble Jean GROS le village des Fons, quitte de toutes tailles, censives et autres devoirs seigneuriaux, sauf l'hommage au seigneur comte de Rodez. Enfin, le 8 octobre 1466, il fait une reconnaissance à noble Christophe de MARQUES pour la devèze de Querbes. On ne connaît pas l'année de son mariage, mais son épouse s'appelle Souveraine SEGUY, de Sébrazac. Les auteurs de ces recherches supposent qu'elle n'est pas la mère de son fils et successeur, mais plutôt sa belle-mère. Guillaume GOUDAL 45440 est déjà décédé le 24 janvier 1469, il laisse son fils lui succéder, qui se nomme également Guillaume (IVème du nom) !

Ce Guillaume GOUDAL 22720 continue d'acquérir des biens. Le 2 juillet 1472, il fait une reconnaissance à noble Bernard de la TOUR, pour un pré au village des Fons et le 12 novembre 1489, il en fait une à l'évêque de Rodez pour ses biens relevant de la seigneurie de Muret. Il décède entre 1496 et 1499, après avoir eu au moins 5 fils :

Près du lieu de La Goudalie, à Muret, se trouve un lieu qu'on appelait le village des Cabroliés ou de La Peyrière avant le XVIème siècle. Depuis, et jusqu'au XIXème siècle, ce lieu s'appelait Les Gaillacs, et c'est là que Pasquet GOUDAL va vivre et fonder sa dynastie, précisément en ce début de XVIème siècle. Il va y laisser une empreinte tellement vive que ce lieu, 3 siècles après sa mort, s'appellera La Pasquetterie. Non content de donner son prénom à ce lieu, il sera aussi le surnom de tous ses successeurs jusqu'au début du XVIIIème siècle !

Pasquet GOUDAL 11360 reçoit d'abord de noble Antoine de VERRIERES l'investiture d'une terre au lieu de Pompidouyres, mittoyen du domaine de La Goudalie, le 3 septembre 1504. Puis le 20 janvier 1514, il fait une reconnaissance à l'évêque de Rodez et seigneur de Muret, François d'ESTAING, de tous leurs biens dont un affar à Calvet (village aujourd'hui disparu), une vigne aux Garrigues, la moitié d'une maison à Muret, une terre à Pompidouyres et une terre avec maisons au village de Virolles aussi disparu. Pasquet est aussi cité dans un acte de donation-partage entre la veuve de son frère aîné Guillaume et ses enfants, le 13 mai 1525. Avec son épouse Marie GARIN 11361 , ils ont au moins 3 enfants :

Hugues GOUDAL 5680 fait une reconnaissance à noble Jean de REILHAC le 5 juin 1545 pour son affar de Virolles, avec des maisons, des étables et des écuries, ainsi que pour une pièce de terre à Pompidouyres. Puis le 20 février 1546, il fait reconnaissance au roi pour ses biens dans la châtellenie de Rodelle. Il a 4 enfants :

Pour remonter plus loin...

Dans les Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes: tome 4, de Hippolyte de Barrau (sur Gallica, p.69), on trouve une mine d'or d'informations sur la famille GOUDAL de la GOUDALIE. Mais elles ne concernent que la branche noble après la séparation de notre branche cadette, et ne concernent pas nos ancêtres.

A partir d'ici, ce sont mes propres recherches que j'expose, augmentées des remarques érudites du Bulletin du Cercle généalogique du Rouergue.

 

Hugues GOUDAL 2840 , le fils, est le plus ancien ancêtre que j'aie trouvé personnellement dans les registres. Il fait reconnaissance à l'évêque de Rodez pour la maison à 2 étages de Muret ainsi que d'autres biens, le 28 novembre 1624. Il épouse Jeanne DELMAS 2841 avec qui il a au moins 3 enfants parmi lesquels :

Hugues GOUDAL 2840 décède le 3 octobre 1631 à l'âge de 85 ans, et sa femme le 9 février 1637 à 70 ans.

 

Pour remonter plus loin...

J'avais des difficultés à en savoir plus sur ce Hugues GOUDAL pour la simple raison qu'on en répertorie au moins 4 vivant dans la même période à Muret :

- 1) Hugues Goudal cardeur de laine marié avec Jeanne Baulze le 26 février 1609. Ils ont 2 enfants, Antoine (né le 25 octobre 1615) et Catarine (née le 7 juillet 1620), mais pas de Jean... Ce n'est donc pas lui.

- 2) Hugues Goudal forgeron marié à Marguerite Aurejaunie (?) parents de Jean  né le 7 mai 1624 et Françoise le 13 mars 1632.(parrain François Goudal des Gaillats(Muret) et marraine Catherine Goudal). Marguerite Aurejaunie est décédée en juin 1635.

- 3) Hugues Goudal forgeron marié à Appolaine (ou Polaigne ?) Marion CM le 10 janvier 1636 Layrac Bernard 3 E 10772 et M le 19 janvier à Muret. Il s'agit peut-être du même que le n°2, sa première femme décédée en 1635, il se remarie en 1636.

- 4) Hugues Goudal fils de Pierre (et Marie Causse) qui avait  4 frères François paysan aux Gaillats , Jean cardeur , Pierre prêtre, Antoine décédé en 1631 et 2 sœurs Antoinette épouse Garrigues et Anne épouse Médal. Pas de précision sur sa femme ni son métier : est-il le même que le n°2 et le n°3 ? En tout cas, les prénoms de ses frères et soeurs correspondent à ceux des parrains et marraines des enfants de Jean GOUDAL...

Pour corser le tout, on trouve 3 décès d' Hugues GOUDAL à Muret : le premier le 12 août 1640 (acte en latin), le deuxième le 22 décembre 1652, et le troisième le 1er mai 1656. Sur aucun acte on n'a de précision sur l'identité de la personne !

Ce Jean GOUDAL 1420 est dit Lo sarralier, ce qui signifie "le serrurier" car il exerce le même métier que son père.

Une autre famille de Muret est celle de Pierre GARRIGUES  2842 , sa femme Antoinette TARAYRE  2843 et leur fille Marie GARRIGUES  1421 . Rapidement, Jean GOUDAL  1420 et Marie GARRIGUES  1421 se rencontrent, se plaisent, et se marient le 30 août 1626, également à Muret.

Pour remonter plus loin...

A Muret, on ne peut pas avoir la naissance de Jean GOUDAL, fils de Hugues GOUDAL. Les registres de naissance ne commencent qu'en 1615 : les enfants nés avant ne peuvent pas être trouvés ainsi. Jean GOUDAL en fait partie... Idem pour sa future épouse Marie GARRIGUES.

 

 

Jean GOUDAL  1420 et Marie GARRIGUES  1421 s'installent dans le même village que leurs parents, et ont 8 enfants :

On constate que dans les registres paroissiaux, quand il s'agit de baptiser une fille, son nom de famille est lui aussi féminisé. De GOUDAL pour les garçons, on passe à GOUDALHE, GOUDALHIE ou GOUDALHIA pour les filles ! Il en va bien sûr de même pour leur mère qui est parfois nommée GARRIGAS.

Jean GOUDAL  1420 décède le 26 août 1648, et Marie GARRIGUES  1421 le 21 février 1678. Son testament fut en faveur de 4 de ses enfants, Jean, Pierre, Margarite et Jeanne.

Les GOUDAL semblent être serruriers de père en fils, puisque le fils Jean GOUDAL  710 exerce lui aussi ce métier. Le 7 avril 1670, il fait la reconnaissance à l'évêque de Rodez des biens reconnus par son grand-père Hugues GOUDAL 2840 en 1624.

Pour remonter plus loin...

A Muret, j'avais trouvé le décès de Marie GARRIGUES au 21 janvier 1680, mais sans certitude que ce soit bien elle. Ce n'était pas elle.

Pour Jean GOUDAL, j'ai trouvé 2 décès : l'un au 26 août 1648, l'autre au 25 mai 1655. Les actes ne donnant aucune indication sur l'individu concerné, je ne peux pas dire si l'un des deux est le mari de Marie GARRIGUES, et encore moins lequel. Mais le couple ayant eu son dernier enfant en 1645, il se peut que ce soit le premier ; il est mort 3 ans après, et du fait il n'y aurait plus eu d'enfant.

Pour les Bories, j'ai vu passer un acte de mariage disant que la mariée, Marie BORIES, était native d'Estaing. Il faudra peut-être poursuivre les recherches là-bas.

 

( suite )

 

Branche BORIES

A l'instar des GOUDAL, la famille BORIES vit également à Muret, même si le premier d'entre eux, Antoine BORIES  1422 , est né vers 1589 à Estaing. Le patronyme BORIES est certainement lié au lieu-dit La Borie, situé à quelques centaines de mètres du bourg de Muret, même si ce lien doit remonter beaucoup plus loin dans le temps. Notons aussi qu'on trouve un certain nombre d'autres lieux nommés La Borie dans l'Aveyron, dans les communes de Bozouls, Goutrens, Laguiole, Entraygues-sur-Truyère, Campouriez, Belcastel... Cela n'a rien d'étonnant : le mot "borie" désigne une ferme isolée, un domaine agricole. C'est pas ce qui manque par ici !

 

Nouvellement venu dans la paroisse de Muret, Antoine BORIES  1422 exerce la profession de laboureur. Il se marie une première fois avec Jeanne SERRES, le 27 février 1609. Ensemble, ils ont au moins 4 enfants :

 

 

Mais la jeune mère Jeanne SERRES meurt prématurément, le 18 février 1618... Le pauvre veuf élève alors seul les 4 enfants, et ne peut rien faire pour empêcher la mauvaise maladie contagieuse qui frappe Jean et Elisabeth de les emporter tous deux en ce triste mois d'octobre 1625.

 

Quelques temps plus tard, Antoine BORIES  1422 rencontre une autre muretienne, Marguerite BOUSQUET  1423 . Originaire de la paroisse de Sébrazac, dans le village de Montméja, la jeune demoiselle semble être née vers 1607. L'amour ayant fait son office, ce couple se marie le 14 juin 1627 à Muret, et s'installe dans le lieu dit La Gaubertie, situé également dans la paroisse de Muret.

 

Antoine BORIES  1422 et Marguerite BOUSQUET  1423 ont 4 enfants :

Pour remonter plus loin...

Pour Marguerite BOUSQUET, elle doit venir de la paroisse de Sébrazac, au lieu de Montméja, car dans l'acte de baptême d'Antoinette leur fille aînée, le parrain nommé aussi BOUSQUET est dit venir de là. Mais les registres de naissance de Sébrazac commencent en 1627... L'année de son mariage !

Rose semble porter le prénom de sa soeur Catherine, dans son acte de mariage et celui de son décès. Du coup, il n'est pas possible de savoir laquelle est deux est décédée en 1678 et laquelle est morte en 1682, les actes de décès ne mentionnant pas les noms de leurs maris. L'attribution des 2 décès est donc arbitraire, mais les dates étant assez proches, cela n'a pas une grande importance dans l'établissement de notre généalogie.

Le 6 mai 1629, Antoine BORIES  1422 achète à Guillaume DEBOR, un vigneron de Muret, un pré situé au Terroir de Rilhac. Je n'ai malheureusement pas réussi à situer ce lieu sur la carte, même si l'acte précise qu'il est mittoyen du bois de St-Paul-du-pied avec la châtaigneraie que posséde déjà Antoine. La vente se fait au prix de 33 livres, devant le notaire de Muret, Bernard LAYRAC.

C'est ce même notaire qui enregistre la reconnaissance faite par Jean SERRES à son beau-frère Antoine BORIES  1422 . En effet, Jean SERRES, cordonnier de métier, est le frère de la première épouse d'Antoine, et quand ils se sont mariés, les parents de Jean et Jeanne SERRES ont donné à Antoine les héritages de leurs enfants, à charge pour Antoine de lui restituer celui de son beau-frère. Le 23 mai 1636, Antoine donne donc à Jean SERRES la somme de 45 livres en pistoles espagnoles. Cette ancienne monnaie d'or était à l'origine émise en Espagne, et une pistole valait 2 écus. Reconnaissant, le cordonnier repart ensuite dans son lieu de vie, à Saint-Paul-de-Fenouillet, à 80 kilomètres au sud de Carcassonne.

Mais alors qu'il est atteint d'une grave maladie, Antoine BORIES  1422 demande au notaire LAYRAC d'enregistrer son testament. Celui-ci se rend chez le moribond, à La Gaubertie, le 1er mai 1638. Outre quelques dons à l'église, Antoine donne 10 livres à son fils aîné le diacre Jean BORIES, en plus des biens qu'il lui avait déjà assigné. A Georges BORIES, son autre fils issu de son premier mariage, il lègue 60 livres. Même somme pour son fils Jean BORIES, le tisserand issu de son second mariage. Pour ses 3 filles Marie, Rose et Catherine, il laisse à chacune 160 livres, 3 robes (les 2 premières en cadis de Rodez, l'une violette, l'autre noire, la troisième en drap de la maison), une couverture et 2 draps. Enfin, à sa femme Marguerite BOUSQUET  1423 , il augmente la pension prévue dans le contrat de mariage, et lui lègue en plus 10 livres, une quarte de blé seigle, 6 quartes de châtaigners et une charge de vin (moitié vin pur, moitié demi-vin). Une quarte est le quart d'un journal, le journal étant la superficie qu'un paysan pouvait labourer en une jounée. On peut estimer la quarte de blé à 7 ou 8 ares. Enfin, il nomme son fils le prêtre Jean BORIES son héritier général et universel.

Ces précautions prises, Antoine BORIES  1422 meurt 6 ans après son testament, le 20 janvier 1644. Après son décès, la veuve Marguerite BOUSQUET  1423 se remarie avec Guillaume COUGUET, qui vient de la paroisse de Saint-Pierre de Bessuéjouls. Mais pendant tout le temps qu'il lui reste à vivre, Marguerite est très bien traitée par le prêtre, fils aîné de son premier mari. Jean BORIES s'occupe bien de sa marâtre, conformément aux volontés de son père. Cet état de fait est décrit dans l'acte de donation passé par Marguerite BOUSQUET  1423 , le 8 mai 1650. Par ce document, elle donne tous ses biens meubles et immeubles au prêtre, et après lui ses héritiers, tous ses frères et soeurs. Elle se réserve toutefois l'usufruit de ces biens, et demande à être nourrie et entretenue le reste de sa vie. Marguerite lègue à son fils, l'autre Jean BORIES, la somme de 25 livres, ainsi que 40 livres pour chacune de ses 3 filles.

Mais quelques années plus tard, Jean BORIES le prêtre souhaite se libérer de la donation que lui a faite sa marâtre Marguerite BOUSQUET  1423 , et lui rendre tous ses biens. Lors d'une nouvelle donation, faite le 2 juin 1659, Marguerite donne tous ses biens meubles et immeubles à son fils, l'autre Jean BORIES, tisserand, tout en en conservant l'usufruit jusqu'à sa mort. Par contre, je ne connais pas la date de décès de Marguerite BOUSQUET  1423 , qui doit se situer vers 1665.

Pour remonter plus loin...

A Muret, je n'ai pas trouvé le décès de Marguerite BOUSQUET qui doit avoir lieu entre 1664 (testament de son fils Jean BORIES tisserand) et 1666. Mais il y a un trou entre 1657 et 1674. Si elle est morte à Bessuéjouls, les registres ne commencent qu'en 1703.

Encore merci à Alain et Nicole PUÈCHE pour m'avoir indiqué les côtes des actes qui ont servi au récit qui précède. Ces actes se trouvent en ligne aux Archives Départementales de l'Aveyron, notaire Bernard LAYRAC de Muret-le-Château :

  • Achat de Antoine BORIES à Guillaume DEBOR (6 mai 1629) : côte 3E10772, folio 75.
  • Reconnaissance à Anthoine BORIES par Jean SERRE (23 mai 1636) : côte 3E10772, folio 602.
  • Testament d'Anthoine BORIES (1er mai 1638) : côte 3E10773, folio 74.
  • Donation de Marguerite BOUSQUET à Jean BORIES prêtre (8 mai 1650) : côte 3E10776, folio 114.
  • Donation de Marguerite BOUSQUET à Jean BORIES tisserand (2 juin 1659) : côte 3E10778, folio 207.

Le destin va faire se rencontrer Jean GOUDAL  710 et Catherine BORIES  711 , qui décident de se marier. Pour fixer les conditions de cette union, ils se rendent d'abord chez le notaire Aymery LAYRAC, qui reprend le flambeau de son père Bernard.

Si Jean GOUDAL  710 procède avec le consentement de sa mère Marie GARRIGUES  1421 (son père étant déjà mort), Catherine BORIES  711 a, elle, déjà perdu ses deux parents ; ce sont alors ses frères consanguins (du même père), Jean BORIES le prêtre et Georges BORIES le meunier, et son frère germain (même père et même mère), Jean BORIES le tisserand, qui donnent leur accord à cette union. Pour le futur époux, sa mère donne tous ses biens meubles et immeubles, et lui doit la nourrir le reste de sa vie. Marie GARRIGUES  1421 se réserve toutefois, en cas de discorde avec son fils, de jouir du revenu d'un pommier du verger, pour une somme de 100 livres, d'un quart gros d'huile de noix, et d'un setier de blé récolté dans le champ del Jouquet, jusqu'à sa mort. La future épouse, quant à elle, reçoit de Georges 160 livres, une robe en cadis noir à l'usage de sa belle-mère, une couverture en laine et 2 draps. Jean le prêtre lui donne 120 livres, une robe rase de Chartres, un cotillon et 2 draps de toile. Tous ces biens proviennent de l'héritage de leur père commun, Antoine BORIES  1422. Jean le tisserand lui donne 30 livres, payables sur 2 ans : l'héritage de leur mère Marguerite BOUSQUET  1423 . Les deux époux se donnent aussi une somme d'argent réciproquement comme droit d'augment : Jean GOUDAL  710 donne à sa future femme 60 livres, et Catherine BORIES  711 30 livres à son futur mari.

Une fois ce contrat établi, les deux amoureux s'unissent pour la vie le 7 mars 1666 dans l'église de Muret. La somme de 120 livres promise par Jean BORIES le prêtre est versée le 30 novembre de cette même année, le quart en louis d'argent et le reste en monnaie, ce qui donne lieu à une reconnaissance en faveur du prêtre par Jean GOUDAL  710 devant le notaire de Muret.

Jean GOUDAL  710 et Catherine BORIES  711 ont alors 4 enfants :

Il n'y aura pas d'autres enfants pour ce couple. En effet, Catherine BORIES  711 sera la première à s'en aller le 27 février 1678, la veille de son 41ème anniversaire. Peut-être allait-elle mettre au monde un nouveau bébé...

Alors veuf, Jean GOUDAL  710 se marie à nouveau avec une femme originaire de Barriac, Marie MAURIAL, en juin 1681. Il a 2 filles de plus :

Puis le 4 août 1694, Jean GOUDAL  710 décède à son tour dans le domicile familial de Muret à l'âge de 64 ans.

Pour remonter plus loin...

Ces deux actes se trouvent aussi en ligne aux Archives Départementales de l'Aveyron, notaire Aymery LAYRAC de Muret-le-Château :

  • Contrat de mariage entre Jean GOUDAL et Catherine BORIES (17 janvier 1666) : côte 3E10784, folio 528.
  • Reconnaissance à Jean BORIES par Jean GOUDAL (30 novembre 1666) : côte 3E10784, folio 144.
Rodelle (Aveyron)
Cadastre Rodelle (Aveyron)

 

C'est là que nous retrouvons notre Bernard POUMAREDE  354 , devenu marchand, et sa femme Marguerite GOUDAL  355 . Installés à Rodelle pour y faire leur vie, ils élèvent 5 enfants :

Il n'y a pas d'autres enfants puisqu'un drame va frapper cette famille. En effet, le 3 avril 1721, la jeune mère de 44 ans, Marguerite GOUDAL  355 , va décéder brusquement de maladie, et sera inhumée dans le cimetière de Maymac. Sa petite dernière, Marguerite, n'a même pas fêté son premier anniversaire ! Bernard POUMAREDE  354 élève alors seul ses enfants, jusqu'à son propre décès qui a lieu le 1er janvier (ou février) 1746, à l'âge d'environ 78 ans.

Pour remonter plus loin...

Pourquoi le mois du décès de Bernard POMAREDE est-il incertain ? Parce que dans la marge de l'acte, on lit la date du 1er février, mais dans le corps de l'acte, il est écrit premier janvier ! L'acte précédent dans le registre date du 28 décembre, et le suivant du 15 février. Les 2 sont possibles !

Concernant les frères et soeurs de Jeanne POMAREDE à Rodelle, on ne peut pas tous les trouver : les registres de Rodelle même (hors villages et paroisses annexes de rodelle) ne commencent qu'en 1719 (à part quelques actes de 1609-1610).

 

Pierre PONS  176 rencontre donc Jeanne POUMAREDE  177 , et la jeune rodelloise semble beaucoup lui plaire. Les amoureux se marient alors dans l'église de Rodelle le 21 février 1730. Ils ont 9 enfants tous nés au bourg du village :

On peut remarquer que sur les actes de naissance de 4 des enfants, le patronyme est écrit PONTS. L'accent de la région y est certainement pour beaucoup dans cette prononciation.

Pour remonter plus loin...

Les recherches suivantes se font à Albi au AD81 :

Je n'ai pas trouvé le mariage de François PONS et Françoise MAZENS à Albi entre 1687 et 1692 dans aucune des paroisses (ni à St-Julien d'Albi, ni paroisse St-Affric, ni paroisse Marie Madeleine, ni St-Martianne, ni St-Salvy, ni St-Loup de Castelviel, ni St-Etienne, ni Ste-Cécile, ni Notre-Dame de Fonlabour). Le mariage a eu lieu forcément dans la paroisse de naissance de la mariée, mais laquelle ? Pas à Lescure d'Albigeois.

Puis à Albi la naissance de François PONS, et celle de Françoise MAZENS, tous les deux vers 1665, leurs frères et soeurs, tous enfants de Jacques PONS et de Marie JACME, ainsi que le mariage des parents : rien trouvé à Albi St-Julien entre 1757 et 1765. Cela s'est fait ailleurs, mais où ?

Puis la naissance de Jacques PONS vers 1630 à Massals. On trouve les registres en ligne concernant Massals à cette adresse, mais rien avant 1693.

AveyronL' "affaire des cloches" est un événement qui a secoué les habitants de Rodelle en cette année 1753. Pour planter le décor, il faut savoir que le village de Rodelle possède une église (où on célèbre les baptêmes et les mariages, photo ci-contre), et qu'à 3 kilomètres de là, le hameau de Maymac abrite également une église St-Saturnin (pour la messe du dimanche et les enterrements). Cette année-là, les habitants constatent que dans chacune des deux églises, une cloche est fêlée. Il est donc décidé de faire refondre les 2 cloches en même temps, et de réaliser cette opération à Maymac.

Mais une erreur du fondeur vient compromettre la fabrication : il fait bien fondre les deux cloches dans le même fourneau, mais s'étant trompé sur la mesure des moules, il fabrique la première cloche mais se rend compte qu'il n'a pas assez de fonte pour faire la deuxième ! Il aurait été plus simple de refondre la cloche avec le restant de métal, et d'aller quérir un moule plus petit pour faire deux cloches identiques, mais ce n'est pas l'option qui a été choisie. Puisqu'une seule cloche est finalement fabriquée, la question qui se pose est de savoir dans quelle église elle va aller...

Les paroissiens des deux villages vont alors se la disputer. Le clocher de Rodelle est ce qu'on appelle un "clocher en peigne" : c'est un mur percé de 4 ouvertures pour mettre une cloche dans chaque baie. Il en possède déjà 3, donc les habitants de Maymac jugent que cela est bien suffisant, et prennent d'office la cloche pour leur église. On argumente que l'église de Maymac est la principale de la paroisse, celle de Rodelle n'étant désignée que comme une annaxe. De plus, celle de Maymac est située plus au centre de la paroisse et plus en hauteur, et si on plaçait la cloche à Rodelle, situé "dans un vallon très enfonçé à l'extrémité de la paroisse", on ne l'entendrait pas dans les villages de Ladenac, Savignac et Bedenaux. Enfin et pour clôre rapidement les discussions, sur la cloche nouvellement fabriquée, on avait déjà porté l'inscription "Sancte Saturnine ora pro nobis" (Saint-Saturnin priez pour nous), Saint-Saturnin étant le patron de l'église de Maymac.

Les Rodellois ne vont évidemment pas se laisser faire sans réagir. Pour eux, la cloche fêlée prise de leur clocher était beaucoup plus grosse que la cloche fendue prise sur celui de Maymac ; la nouvelle cloche doit donc leur revenir. Le 20 mai 1753, jour de dimanche, quelques habitants de Rodelle se rendent à la messe à Maymac en charrette, armés de barres de bois et de chaînes de fer. Parmi eux, on trouve Pierre PONS  176 , son fils aîné Bernard (désigné sous le terme de "le fils de Pierrot maréchal"), ainsi que le forgeron Bernard POMAREDE, le frère de Jeanne POUMAREDE  177 . Leur objectif : reprendre la cloche de gré ou de force pour la mettre sur leur clocher. Après la messe, toute l'équipe cherche la cloche dans le clocher et dans l'église, mais sans la trouver. Certains soulèvent même une pierre tombale dans la chapelle de Cueysse, et sonde avec un morceau de bois pour tenter de l'atteindre, mais sans succès : ils ne ramènent que de la terre et des ossements. C'est sans cloche, mais avec une grande colère qu'ils rentrent alors chez eux.

Le lendemain 21 mai, les Rodellois se rendent chez le notaire de Villecomtal pour que Bernard POMAREDE soit nommé syndic : c'est lui qui va représenter son village pour demander la restitution de la cloche face à la Cour Séance ordinaire de Rodez. Cette audience a lieu le lendemain 22 mai.

Le même jour du 21, Jean LAVERNHE, bourgeois de Ladenac et marguillier de l'église de Maymac (chargé de la garde et de l'entretien de l'église), porte lui aussi plainte contre Bernard POMAREDE et ses amis à la Sénéchaussée de Rodez, à cause des dégradations causées lors de la "fouille" du bâtiment religieux. Un mandat d'arrêt contre 9 personnes dont Bernard POMAREDE et Bernard PONS est lancé le 1er juin 1753 par le Sénéchal du Rouergue, pour conduire tout ce beau monde à la prison royale de Rodez. Bernard POMAREDE est arrêté le 4 juin, et mis immédiatement en prison. Interrogé le lendemain sur les événements, il admet avoir cherché la cloche et avoir vu la pierre tombale déplacée, mais ne sait pas qui est l'auteur de ce geste. Quant à Bernard PONS, un huissier vient signifier sa "prise au corps" à son domicile de Rodelle le 27 juillet, mais il en était absent. L'huissier laisse le message à sa mère. Alors âgé de 21 ans, Bernard PONS prend conscience de l'importance que prend l'affaire, et décide de se rendre volontairement à la Sénéchaussée de Rodez, où il est lui aussi emprisonné d'office. Lors de son interrogatoire, le 29 juillet, il avoue s'être rendu à Maymac pour entendre la messe du dimanche, mais nie toute implication dans les exactions qui ont suivi.

Après plusieurs requêtes de chaque partie contre l'autre, Jean-Claude JOÜERY, sénéchal et juge criminel de Rodez, rend une sentence le 26 septembre 1754, où il se contente de demander que M. LAVERNHE qu'il prouve bien sa qualité de marguillier. Le procès s'enlise sans qu'aucun des deux camps n'en tire avantage...

L'ambiance entre les habitants de Rodelle et ceux de Maymac reste cependant électrique pendant près de 2 ans, jusqu'au jour où la lassitude des deux moitiés de la paroisse devient trop grande ! Sans réponse satisfaisante de la part de la justice, les deux syndics LAVERNHE et POMAREDE vont chercher une solution ensemble, et enregistrent leur décision chez le notaire LAYRAC de Rodelle le 16 mai 1756. Ils mettent d'abord fin au procès, et s'accordent sur le fait que Maymac ne pourra garder la nouvelle cloche, jusqu'ici cachée dans une maison de Maymac, que quand elle aura remis à POMAREDE la quantité de 432 livres de métal dans les 15 jours, quantité qui servira à fondre une nouvelle cloche pour l'église de Rodelle. Avec sagesse, ils prévoient également de faire fondre leurs cloches chacun de leur côté à l'avenir !

Cet acte fait que tout le monde se réconcilie dans une paix qu'on espère durable. Après refonte d'une nouvelle cloche pour Rodelle, la cloche qui a déchaîné tant de passions est enfin installée sur le clocher de Maymac. Les paroissiens sont alors loin de s'imaginer que 35 ans plus tard, une révolution allait tout emporter sur son passage, y compris cette fameuse cloche ! En effet, en 1792, l'armée révolutionnaire, ayant besoin de métal pour fabriquer des boulets et des canons, donne l'ordre de faire fondre une grande partie des cloches du pays, n'en laissant qu'une par église. L'actuelle cloche de Maymac date de 1560 ; celle qui nous a intéressé ici fut malheureusement changée en canon... On peut conclure de toute cette affaire, que jamais cloche n'aura fait autant de bruit que celle-ci dans tout le Rouergue !

 

C'est de mort subite, à 59 ans, que disparaît Pierre PONS  176 , en ce triste jour du 28 novembre 1759. Son épouse Jeanne POUMAREDE  177 a eviron 70 ans quand elle meurt à son tour, le 7 mars 1773, dans la maison de son fils aîné Bernard.

Amans PONS  88 quitte Rodelle pour aller vivre à Muret, aujourd'hui Muret-le-Château, à 6 kilomètres à l'ouest de son lieu de naissance. Sous l' Ancien Régime, le château de Muret était le lieu de résidence du Seigneur de Muret, dominant le village bâti en contrebas. Le commerce y est florissant, notamment avec des produits comme les céréales, les animaux, les peaux, etc... A partir de la Révolution Française, ce sont les évêques de Rodez qui sont propriétaires du château.

 

Muret (Aveyron)
Muret-le-Château (Aveyron) - Vue générale

( suite )

 

Branche LALA - COUSSAUNE

 

Restons à Muret pour découvrir la famille LALA. D'abord Jean LALA  356 , né vers 1660, sa femme Jeanne VIDAL  357 , et leur fils Jean LALA  178 né vers 1710. Il faut noter que le père a environ 50 ans à la naissance de son fils !

Le couple a un autre fils, François LALA, qui naît vers 1723. Mais le pauvre décède au bel âge de 20 ans, le 1er novembre 1743 ; son frère Jean LALA  178 est bien sûr présent à son enterrement, avec toute la tristesse qu'on imagine.

Pour remonter plus loin...

Je ne trouve pas la naissance de Jean LALA vers 1710 à Muret. Les LALA viennent d'ailleurs... D'où ? Pas de Senergues.

Non loin de là, à Bozouls, dans la paroisse de Barriac, Jean COUSSAUNE  358 , jeune tisserand né vers 1665, et Marie GUITARD  359 , se marient le 5 août 1700 dans l'église de Bozouls. Ce village, porte du haut-Rouergue dans le Causse Comtal, a la particularité d'être bâti autour d'un des méandres de la rivière appelée Le Dourdou, qui a creusé depuis des millénaires un sillon en forme d'oméga. Bozouls se trouve à 100 mètres de hauteur au-dessus de cette gorge, appelée le Trou de Bozouls.

Bozouls (Aveyron)

Bozouls (Aveyron)
Le trou de Bozouls (Aveyron) - En haut : dessin de Pernot en 1838. En bas : Vue générale

 

Parmi les nombreux villages qui composent Bozouls, nous nous intéresseront plus précisément à Barriac, situé à l'ouest de Bozouls, à la frontière de Rodelle.

 

Jean COUSSAUNE  358 et Marie GUITARD  359 ont 6 enfants :

 

Pour remonter plus loin...

Je n'ai pas les naissances de Jean COUSSAUNE et de Marie GUITARD car les registres de Barriac à Bozouls ne commencent qu'en 1724.

Je n'ai pas non plus trouvé la naissance de notre ancêtre Jeanne COUSSAUNE, certainement née entre 1709 et 1714, mais il faut dire qu'il manque les années 1711 et 1712 dans les registres... Il n'y a pas de naissance d'autres enfants COUSSAUNE après 1717 à Bozouls Barriac.

Le brassier (qui travaille de ses bras, un ouvrier agricole) Jean LALA  178  rencontre Jeanne COUSSAUNE  179 , quelque part entre Muret et Bozouls. Entre eux, la chimie des sentiments va opérer, et c'est dans la paroisse de la jeune fille qu'ils vont s'épouser la 3 juin 1738. Pour lui, c'est une seconde union, comme le précise l'acte de mariage. Le papa du jeune marié, Jean LALA  356 , n'assiste pas à cette union puisqu'il décède la veille de Noël, le 24 décembre 1731 à Muret, alors âgé de 72 ans.

Bien que la mère de la jeune épouse soit toujours vivante, Jeanne COUSSAUNE  179 ne se marie qu'avec le consentement de son père Jean COUSSAUNE  358 (qui meurt 9 ans plus tard le 9 septembre 1747 à Bozouls, à 82 ans) et celui de son frère Guilhaume. Cette mère, Marie GUITARD  359 , a 73 ans quand elle décède à son tour le 20 mai 1753 à Barriac.

Si le mariage à lieu à Bozouls, leur lieu de vie sera par contre à Muret, et c'est là qu'ils auront leurs 5 enfants :

 

Jeanne COUSSAUNE  179 décède à 60 ans le 15 novembre 1780 à Muret. Un mois plus tard, on trouve le décès d'un Jean LALA le 14 décembre 1780 à l'âge de 70 ans, ce qui pourrait correspondre à notre ancêtre 178 , mais il n'y a aucune certitude à ce jour car pas de filiation sur l'acte.

 

 

 

Amans PONS  88 exerce la profession de maçon à Muret. Ses 3 frères (Bernard, Pierre et François) sont témoins à son mariage avec Marianne LALA  89 , ainsi que François LALA, sans doute un cousin de Marianne. Ce mariage a lieu le 19 novembre 1770.

Amans PONS  88 et Marianne LALA  89 ont 9 enfants, tous nés à Muret :

Marianne LALA  89 partage entre 4 de ses filles tout ce qu'elle possède, biens meubles et immeubles, lors de leurs mariages respectifs. Pour celui de Marianne PONS, le 2 mars 1806, elle lui donne le quart de ses possessions (linge, ustensiles de cuisine, titre, papiers, vaisselle, outils de culture, récoltes,...), le tout pour une valeur de 400 francs. Cela permet d'évaluer l'ensemble des biens de Marianne LALA  89 à 1 600 francs.

Ce n'est que 13 jours après cette union, le 15 mars 1806, que Marianne LALA  89 décède à 60 ans. Dans sa succession propre, elle laisse à ses deux autres filles Louise et Anne, une petite maison en mauvais état, un petit champ et quelques vignes, d'une valeur de 600 francs, et dont l'exploitation forme un revenu de 20 francs.

Son époux Amans PONS  88 , lui, décède le 22 août 1819 dans sa maison à Muret à l'âge de 80 ans. Il fait de sa fille Louise son héritière, et lui lègue une "cazature" (ou casature, habitation rurale) à Muret, d'une valeur de 200 francs, et d'un revenu de 10 francs. Autant dire que la famille n'est vraiment pas riche !

 

Son fils Pierre PONS  44 devient d’abord tisserand. Puis il s’installe dans le village de Bezonne, commune de Rodelle en Aveyron, où il devient cultivateur, non loin de Muret.

Le 20 août 1822, alors que leurs parents sont déjà décédés, Pierre PONS  44 , son frère Joseph, ses soeurs Louise et Anne, se séparent d'un bien commun dont ils ont hérité. En l'occurrence, il s'agit d'une châtaigneraie appelée le Cayla, dont la surface n'est pas précisée, mais qui est située à Muret. Louise PONS possède d'ailleurs un prè à l'est de cette pièce. La vente se fait devant notaire à Guillaume CABROLIER, un cultivateur habitant aussi Muret, pour le prix de 300 francs. Mais c'est Louise seule qui reçoit le somme, avec l'accord du reste de la fratrie. En effet, avec le montant de la vente, elle devra payer les créanciers de leurs défunts parents. Amans PONS  88 et Marianne LALA  89 n'avaient pas laissé que la châtaigneraie à leurs enfants, mais aussi des dettes... Cependant, la vente se faisant en août, les enfants PONS se réservent le droit de récolter les fruits de la châtaigneraie, avant que l'acquéreur n'en ait la pleine propriété.

Dans cet acte de vente de 1822, on apprend que Pierre PONS  44 , qui a alors 31 ans, est cultivateur, bien sûr, mais qu'il habite à Bedenaux, chez un propriétaire nommé Monsieur BLANC. Pierre travaille donc à son service, et loge dans son domaine.

C’est aussi à Rodelle que Pierre PONS  44 rencontre Thérèse CROS (née le 26 mars 1799), originaire des Moulinets hauts à Rodelle. Pierre a 33 ans quand il épouse Thérèse à Rodelle le 2 février 1824. Ils s’installent ensemble au village des Moulinets hauts. Malheureusement, Thérèse y décède le 12 décembre 1832, à seulement 33 ans.

Pour remonter plus loin...

En 8 ans de mariage, de 1824 à 1832, Pierre PONS et Thérèse CROS n'ont pas eu d'enfants à Rodelle. J'ai aussi vérifié à Muret au cas où, mais rien non plus de ce côté-là. De toutes façons, tous les indices montrent qu'ils ont vécu à Rodelle de leur mariage jusqu'à la mort de Thérèze, dont la cause m'est aussi inconnue. Il est possible que des problèmes de santé l'empêchèrent d'enfanter.

Deux ans après ce drame, Pierre trouve une nouvelle compagne en la personne de Marianne COSTES, une cultivatrice originaire de Gervais-de-Fijaguet (le lieu-dit Gervais faisait partie de la paroisse Fijaguet de Rodelle, mais depuis 1868 elle est rattachée à la commune de Muret, aujourd'hui Muret-le-Château). Ils établissent un contrat de mariage le 29 juin 1834 à Rodelle, devant Me MARTIN, notaire royal. Ce contrat fixe la dot de la jeune fille à 400 francs. C'est le frère de Marianne, Félix COSTES, qui doit remettre la moitié de cette somme à Pierre le jour de l'établissement du contrat ; les 200 francs restants seront versés en 5 fois, 40 francs par an à la date anniversaire du contrat. De plus, Marianne apporte au futur ménage des habits ("effets et nippes") pour une valeur de 75 francs.

Tout semble se présenter sous les meilleurs auspices, mais les choses ne se passent pas comme prévu. En effet, les deux tourtereaux ne roucoulent plus ensemble ; il se peut même que volent quelques noms d'oiseaux ! Presque un mois après le contrat de mariage, Pierre PONS  44 et Marianne COSTES retournent chez le notaire, le 27 juillet 1834, afin de résilier les engagements qu'ils avaient pris. Pour des motifs qui ne sont pas cités dans l'acte, les deux jeunes gens annulent leur projet de mariage, et par conséquent ce qui était prévu au contrat. Devant le notaire, Pierre rembourse alors les 200 francs perçus à Félix COSTES.

Pour remonter plus loin...

Malheureusement, la cause de ce "revirement" n'est pas précisée, il est seulement dit "par des motifs à eux convenus". C'est apparemment d'un commun accord qu'ils se sont séparés : chacun a payé sa part des frais pour la résiliation chez le notaire. Querelle d'amoureux juste avant de sauter le pas ? Ou bien Pierre PONS aurait-il eu une liaison avec une autre femme, et Marianne COSTES l'ayant su, le mariage ne pouvait se faire ? Si c'est le cas, ça ne pouvait pas être avec sa prochaine épouse : elle n'avait que 2 ans en 1834 ! Problème entre les familles ? C'est possible aussi. Je pense que nous ne saurons jamais le fin mot de l'histoire

( suite )

 

En Aveyron
Saint-Félix-de-Lunel, Golinhac, Le Nayrac, Estaing, Espalion... (Aveyron)

 

Branche ISSALY

Dans la paroisse de St-Félix-de-Lunel, à près de 33 km au nord de Rodez, vit la famille ISSALI. Cette commune est dotée de riches terres agricoles. Dès la fin du XIIIème siècle, les moines de l'abbaye de Conques ont permis leur exploitation, et se servaient du château de Lunel comme grenier à blé de l'abbaye.

 

 

C'est donc à St-Félix-de-Lunel, dans un petit village nommé La Roulhade ou Rouillade, que vit Jean Jacques ISSALY 1440 . Il est né vers 1645, et épouse vers 1668 Jeanne CARMARANS 1441 qui a à peine 20 ans. Ils ont ensemble 8 enfants :

Jean (Jacques) ISSALY 1440 meurt chez lui à La Rouillade, peut-être en 1722 à près de 60 ans. Je ne sais rien sur le décès de son épouse Jeanne CARMARANS 1441 .

Pour remonter plus loin...

La naissance de Jean Jacques ISSALY, si elle est à St-Félix, ne pourra pas être trouvée, car s'il existe un registre de 1605 à 1614, le suivant ne commence qu'en 1659. Son mariage vers 1668 ne s'y trouve pas non plus.

La naissance de l'aînée des enfants, Catherine ISSALY, doit se trouver dans un registre manquant sur les AD Aveyron, couvrant la période de 1676 à 1680.

Je n'ai pas non plus trouvé la naissance de Pierre ISSALY le 10 septembre 1684 à St-Félix. Cette date a été trouvée chez ce généanaute. Un autre a trouvé le décès de Jean Jacques ISSALY en 1722 à St-Félix, mais c'est un baptême qui s'y trouve, dont le parrain est bien Jean Jacques ISSALY de la Rouillade. Il est donc mort plus tard, mais je ne l'ai pas trouvé...

Anne CAMARANDE, la marraine de Jean ISSALY 720, est originaire de Golinhac. Antoinette CARMARAND, marraine de Antoine ISSALY, vient, elle, de Villecomtal. Pistes à explorer pour remonter plus loin les CARMARANS.

A St-Félix, je n'ai pas trouvé les décès de Jean Jacques ISSALY (après 1720) et de Jeanne CARMARANS (de 1690 à 1720)... Ont-ils fini leurs vies ailleurs ?

 

 

Leur fils Jean ISSALY 720 devient paysan comme tous les garçons de la famille. A 27 ans, il trouve l'amour en la personne de Jeanne COSTES 721 (née vers 1682), et l'épouse le 20 février 1702 à Villecomtal. Le jeune couple s'installe aussi à La Rouillade, à côté des parents du jeune homme, où naissent leurs 6 premiers enfants. Puis vers 1712, ils s'installent au lieu-dit, tout proche, des Fabreguettes. Leurs 10 enfants sont donc :

Pour remonter plus loin...

Je ne trouve pas le mariage de Jean ISSALY et Jeanne COSTES le 20 février 1702, ni à Villecomtal, ni à St-Félix, tel que la généanaute l'a trouvé, mais je me suis rendu compte que ses dates n'étaient pas toujours justes ! Rien trouvé non plus à Mouret ni à Rodelle ni à Estaing.

Jeanne COSTES 721 sera la première à partir, le 8 août 1750, dans son foyer de La Rouillade. Trois ans plus tard, son veuf Jean ISSALY 720 devait la rejoindre en décédant à son tour le 5 décembre 1753 aux Fabreguettes, à 78 ans.

 

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Branche PRATS

Une autre famille aveyronnaise va nous intéresser ici, il s'agit de la famille PRATS. Pour ce qui est de l'orthographe du patronyme, on a tantôt PRATS, tantôt PRAT sans le "S".

Louis PRATS 722 est né aux alentours de 1653, dans la paroisse d' Estaing. Il est bourgeois dans ce village, où il est avocat et notaire. Ses fréquentations sont toutes d'un rang social plus élevé que la moyenne. C'est d'ailleurs à Estaing qu'à 25 ans, il épouse une jeune fille certainement très bien élevée, le 11 janvier 1678 : la demoiselle, nommée Jacqueline de BOUGES, est née le 24 novembre 1661 à Villefranche-de-Rouergue. Elle est d'une famille bourgeoise, car son père, Valentin de BOUGES, est docteur et avocat au Parlement de Bordeaux ; sa mère est Jacqueline de COLONGES.

Louis PRATS 722 et Jacqueline de BOUGES ont seulement eu le temps d'avoir un fils, Valentin Joseph PRAT, qui naît le 18 mars 1690 à Le Nayrac et qui deviendra avocat. Car la jolie Jacqueline meurt trop tôt entre 1700 et 1703, laissant son jeune époux en pleine tristesse...

Louis PRATS 722 rencontre alors une autre jeune fille native de Le Nayrac, Jeanne CABROULIER 723 . Elle est née dans cette paroisse voisine vers 1685. Sans doute a-t-elle su trouver les mots pour le consoler, car les voilà bientôt mariés dans cette période entre 1700 et 1703 à Le Nayrac. Il a alors environ 47 ans, et elle seulement entre 15 et 18 ! Le couple s'installe donc à Le Nayrac, dans le lieu dit Bancarel, pour élever leurs 4 filles :

Louis PRATS 722 décède le 8 avril 1741 à Le Nayrac, à l'âge d'environ 88 ans. Sa seconde épouse Jeanne CABROULIER 723 lui survit une dizaine d'années, avant de mourir à son tour à 80 ans le 14 mai 1751.

Pour remonter plus loin...

A Estaing, les registres remontent jusqu'en 1638 ! De quoi se régaler... J'ai cherché la naissance de Louis PRATS vers 1653, je ne l'ai pas trouvée. Mais il s'agit du registre de Vinnac, lieu dit d'Estaing : il n'est peut-être pas né dans ce lieu-dit précisément... En bon notable qui se respecte, il doit être du bourg d'Estaing, dont on n'a pas le registre pour cette période. Ce généanaute donne sa naissance au 2 juin 1654 au Nayrac. Ses parents seraient François PRAT de BANCAREL et Jeanne BARTHE.

A Le Nayrac, on trouve des registres jusqu'en 1611, mais avec un énorme trou entre 1656 et 1737... On ne pourra pas y trouver la naissance de Dorothée PRAT (ni à Estaing) ni celles de ses 3 soeurs, ni le mariage de Louis PRATS et Jeanne CABROULIÉ, avant 1710. Registres en ligne à partir de 1737.

Concernant les PRAT, on trouve aux Archives Nationales un "Livre de raison" (page 18/132) citant une archive avec la description suivante : " Livre-journal et livre de raison de PRAT (irrégulièrement tenu). Famille d'avocats de Neyrac et Estaing. " Elle concerne les périodes 1675-1793,1747-1766,1850-1856. Il n'y a par contre pas de référence.

 

Notre Antoine ISSALY 360 devenu grand devient "paysan", comme il est dit dans l'acte de mariage de son fils Louis, c'est-à-dire laboureur. Le 9 mars 1734, à Le Nayrac, il épouse Dorothée PRATS 361 , qui est devenue une jeune et belle cultivatrice. Le jeune couple s'installe au village des Fabreguettes à St-Félix-de-Lunel, puis à La Rouillade à partir de 1740 ou 1744, puis de nouveau aux Fabreguettes à partir de 1752. Ils ont 8 enfants :

Pour remonter plus loin...

Cette généanaute a trouvé le mariage de Antoine ISSALY et Dorothée PRATS, le 9 mars 1734 à Le Nayrac, et même leur contrat de mariage retenu chez Me PRATS à Espalion (côte 3E7426). L'état civil pour cette commune commence en 1737, donc on n'aura pas ce mariage. J'ai cherché le contrat de mariage sur les actes notariés du site, dont j'ai retrouvé la côte, mais rien sur ce mariage...

 

Antoine ISSALY 360 et sa famille quitte son village de La Rouillade, pour s'installer dans celui des Fabreguettes, situé non loin de là et toujours à St-Félix-de-Lunel. Ce changement de domicile s'accompagne d'un changement de profession car Antoine devient marchand. Il est très probable que le commerce qu'il tient, et dont j'ignore encore tout, lui sert également de domicile. Mais Antoine meurt dans sa nouvelle habitation le 11 mars 1775, alors âgé de 70 ans. Dorothée PRATS 361 lui survit 25 ans, et quitte ce monde le 13 novembre 1800 également aux Fabreguettes ; elle avait 90 ans.

 

Non loin de là, à une trentaine de kilomètres au nord-est de St-Félix-de-Lunel, se trouve la paroisse de Saint-Amans-de-Cots, située sur le plateau de la Viadène à 900 mètres d'altitude. Ici, le paysage change, car nous sommes en montagne, dans le Massif Central. Les vastes pâturages offrent toute la nourriture nécessaire aux bovins dont l'élevage est prédominant.

C'est là que vit un couple de paysans, Antoine CARRIER 362 et Magdelaine CASALS 363 , qui vivent plus précisément au village de Canines, bordé par la rivière Truyère. Les amoureux s'épousent le 24 octobre 1758, et s'installent à Canines, où ils ont 4 enfants :

 

Pour remonter plus loin...

Naissance de Antoine CARRIER et Magdelaine CASAL : cherché depuis 1725 à 1737. J'ai trouvé des CARRIER, mais pas de naissance d'Antoine... Pas de CASAL non plus. Pourtant sur l'acte de mariage, Antoine est dit demeurer à Canines avant son union, et Magdelaine au village des buis (si je lis bien, car je ne trouve pas ce lieu sur la carte).

Il y a un village "Canines" à Montézic, et non à St-Amans-de-cots. Il faut chercher dans cette commune.

Le 27 mai 1783, son fils Louis ISSALY 180 , qui est garçon travailleur dans les vignes, épouse Marguerite CARRIER ou CARRIÉ (avec un accent) 181 . Le mariage se produit à Golinhac, en Aveyron, presque à mi-chemin entre St-Félix-de-Lunel et Saint-Amans-de-Cots. Malheureusement pour la jeune fille, son papa est déjà décédé au moment de son mariage.

 

Louis ISSALY 180 et Marguerite CARRIER 181 ont plusieurs enfants, mais je n'en ai trouvé que deux :

 

Il semble que la famille ait beaucoup voyagé... Mais elle finit par s'installer au lieu-dit Champ Grand, commune de St-Félix-de-Lunel, où en grandissant Jean devient cultivateur. Il sait aussi signer son nom, ce qu'il fera plus tard sur son acte de mariage.

 

 

La signature de Jean ISSALY (90) : Signature Jean Issaly
Pour remonter plus loin...

Sur l'acte de mariage de Jean ISSALY 90, il est dit né à Champ-Grand, commune de St-Félix de Lunel, fils de Marguerite CARRIER (son père étant mort en 1812, dixit l'acte, qui ne cite pas son prénom). Or, pas de naissance de l'intéressé dans les registres de St-Félix. Par contre, on trouve la naissance d'un Jean ISSALY à Mouret, fils de Louis ISSALY et Marguerite CARRIER. Et à Villecomtal, on a bien le décès d'un Louis ISSALY en 1812 : son prénom colle bien avec l'acte de naissance de Jean, même si sur l'acte de décès le nom de son épouse n'est pas précisé. Sans en avoir la preuve irréfutable, j'ai de très forts soupçons qu'il s'agisse bien du même individu, notre Sosa 90.

Pour les frères et soeurs de Jean Louis ISSALY 90, entre 1783 et 1815 : rien à Mouret , ni à Golinhac, ni Villecomtal. La famille semble avoir beaucoup voyagé... Voir aussi ce qu'a trouvé ce généanaute.

Chercher le décès de Marguerite CARRIER, soit à Villecomtal, soit à St-Amans. Pas trouvée dans les TD des 2 communes entre 1803 et 1862. Ni à Golinhac, ni à Mouret.

Le père, Louis ISSALI 180 , est décédé le 3 mai 1812 à Villecomtal, âgé de 70 ans.

( suite )

Nayrac (Aveyron)
Le Nayrac (Aveyron)

Branche BENAZET

Voici un autre couple intéressant, mais difficile, à suivre : il s'agit de Joseph BENAZET ou BENEZECH 182 (né vers 1750) qui est cultivateur, et son épouse Cécile Elisabeth POUJET (ou POUGET) 183 , qui est née, elle plutôt vers 1756.

Pour remonter plus loin...

Je ne trouve pas la commune où ils se sont mariés dans la base de données BaseAveyron, ni à Le Nayrac, ni à Estaing, ni à Golinhac. Chercher le mariage de Joseph BENEZET et Cécile POUGET avant 1784 : pas à Le Nayrac (cherché jusqu'en 1779), ni à Golinhac ni à Espeyrac.

Pour ce Généanaute, Cécile POUGET aurait eu 69 ans en 1834, lors du mariage de sa fille Cécile, et habitait au village de Campagnac. Je n'ai pas trouvé sa naissance à Estaing.

 

 

Si je dis qu'ils sont difficile à suivre, c'est parce que Joseph BENAZET et Cécile POUGET bougent beaucoup dans leur vie : ils s'installent d'abord dans le village de Le Nayrac (à 25 km au nord-est de St-Félix-de-Lunel), où ils sont cultivateurs. Puis vers 1786, ils déménagent dans celui d' Estaing (à 8 km au sud le Le Nayrac), où une autre vie les attend. En effet, Joseph délaisse l'agriculture pour tenir une auberge avec son épouse.

Mais cette activité ne dure finalement que quelques années, puisque l'aubergiste reprend son métier de cultivateur, et refait ses valises pour habiter dans le village de Golinhac à la fin du siècle, et enfin à Espeyrac où nait sa fille cadette en 1800. Car bien sûr, leurs 7 enfants naissent dans les quelques lieux où ils ont successivement installé leur foyer :

 

Notez qu'on prononce le "T" final dans le partonyme BENAZET, ce qui a provoqué la confusion, au fil du temps, avec BENEZECH où la dernière syllabe se prononce "ZEK". Mais il est très difficile aujourd'hui de déterminer lequel des deux était le nom originel...

Joseph BENEZECH 182 devient propriétaire dans le village de Campagnac, situé dans la commune d'Espeyrac. C'est là qu'il finit sa vie le 19 décembre 1831, âgé de 81 ans. Après sa mort, sa veuve Cécile Elisabeth POUJET part s'installer à Golinhac, dans le village de Liabastres où elle est peut-être née. La cultivatrice s'éteint dans sa maison, âgée de ses 90 ans, le 14 décembre 1846.

 

 

 

Jean dit Louis ISSALY 90 épouse Marie Jeanne Sophie BENAZET 91  le 15 juillet 1819, et vivent à St-Félix-de-Lunel au lieu dit Champ Grand (parfois dit Camp Grand). Ils ont 8 enfants :

Je ne sais pas encore quand ni où est décédée Marie Jeanne Sophie BENAZET 91. Mais son veuf Louis ISSALY 90 vient passer ses vieux jours à Mouret, dans le hameau de Grammeiresque. Il garde des liens étroits avec la famille BOULE, du village voisin de Polissal à St-Félix-de-Lunel, dont certains sont témoins sur les actes de naissance des enfants. Sur son acte de décès, on lit que Alexandre BOULE, cultivateur de 24 ans domicilié à Polissal, est le "bienfaiteur du décédé", ce qui laisse à penser qu'il s'occupe de lui pour qu'il ne manque de rien, comme l'aurait fait un fils. Car Louis ISSALY 90 a 90 ans quand il quitte ce monde, le 31 octobre 1877.

Pour remonter plus loin...

Je n'ai pas trouvé le décès de Marie-Jeanne BENAZET, entre 1852 (mariage de sa fille) et 1876 (recensement Mouret). Voir les AD12 . Rien à St-Félix de Lunel ni à Villecomtal, ni à Golinhac, ni à Rodelle, ni à Mouret, ni à Pruines, ni à Campuac, ni à Espeyrac, ni à Sebrazac, ni à Muret, ni à Estaing.

La liste de recensement de Mouret pour l'année 1876 comporte le foyer de Louis ISSALY, cultivateur veuf de 77 ans, habitant au n°5 du hameau de Gramayresques (côte 6M16101, page 23/31). Il n'y a pas de liste à une date antérieure dans les communes de l'Aveyron.

Je remarque que Marie Jeanne ISSALY  45   naît le 20 octobre 1832, soit 2 mois avant le décès de Thérèse CROS... Pourquoi cette remarque, me demanderez-vous ? Parce que Pierre PONS  44  , alors veuf de Thérèse CROS, se marie en secondes noces avec Marie Jeanne ISSALY  45 le 3 juillet 1852, à St-Félix-de-Lunel. La différence d'âge entre deux amoureux n'est pas un paramètre gênant à mes yeux, en général... Mais dans ce cas précis, quand même ! Au jour de leur union, Marie Jeanne a 19 ans et Pierre... 61 ans ! Qu'importe, les amoureux s’installent dans la demeure de Pierre aux Moulinets hauts.

 

Le 21 avril 1853 naît leur fils unique, qu’ils appelleront Pierre "Julien" PONS 22 . Le père et le fils avaient certainement un prénom usuel différent chacun, mais si cette information pour le fils est parvenue jusqu'à nous grâce aux listes de recensement, il n'en est malheureusement pas pareil pour le père.

On constate par contre que le sort s’acharne sur la famille : Marie Jeanne, dite Sophie ISSALY  45  , décède à seulement 24 ans le 3 décembre 1856, chez sa sœur Marie qui est chapelière à Villecomtal. Elle n'aura eu qu'un seul enfant, âgé de 3 ans et demi seulement au décès de sa mère...

Deux fois veuf, Pierre PONS 44 le père décède dans sa propriété des Moulinets, le 8 décembre 1880, à l'âge de 89 ans.

 

 

Villecomtal (Aveyron)
Villecomtal (Aveyron) - Vue générale

 

 

 

 

Suite de l'histoire : vers        Pierre "Julien" PONS