Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté de Marcelle GUIBERT

Marcelle GUIBERT

Arbres : Général - Guibert
Cartes : Médoc - Autour de Listrac

Remonter vers son père : Pierre "Charles" GUIBERT
Remonter vers sa mère : Joséphine PONS

 

 

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(raconté par Pierre Ducos)

 

L'enfance

 

Marcelle GUIBERT

Ma mère Marcelle Victoire Marie GUIBERT  5  est née le 31 janvier 1913 à 8 heures et demie du matin au lieu-dit Nicoleau à St-Ciers-de-Canesse, entre Bourg et Blaye en Gironde. Elle n'a presque pas connu son père Charles GUIBERT  10  qui est parti à la Guerre de 1914, et qui trouva la mort près de Verdun en 1916 alors qu'elle n'avait que 3 ans. Comme près d'un million d'enfants de cette époque, qui ont perdu leurs pères sur les champs de bataille, elle est "adoptée par la Nation". Effectivement, la France adopte les orphelins dont le père a été tué à l'ennemi, s'engage à garantir leur éducation et la protection de leur santé. L'Etat verse donc une somme à sa mère Joséphine PONS 11 pour l'aider à élever l'enfant jusqu'à sa majorité (qui est à l'époque à 21 ans).

 

Sa signature : Signature Marcelle Guibert

 

En 1919 à St-Ciers-de-Canesse, Joséphine se remarie avec Pierre dit "Léopold" CLAIR, qui a déjà une fille appelée Denise. La petite Marcelle grandit donc avec cette nouvelle famille au lieu-dit Nicoleau, dans la maison voisine de ses grand'parents Jules GUIBERT 20 et Suzanne LAROCHE 21 . En se remariant, Joséphine perd cependant le bénéfice de sa pension.

St-Ciers-de-Canesse
St-Ciers-de-Canesse - La mairie

 

Le bal de 1933

A l'adolescence, Marcelle est placée comme domestique chez une riche famille de Lesparre, sur la route de Valeyrac, la famille COUCHARRIERE. Un jour de septembre 1933, elle se rend au village voisin, à St-Seurin-de-Cadourne, pour rendre visite à sa tante Virginie PONS, la soeur de sa mère. Dans ce village, comme cela se fait traditionnellement à la fin des vendanges, on donne un bal. Cette festivité permet à Marcelle de rencontrer un fringant jeune homme bien mis de sa personne, un certain Amiet DUCOS 4. Avec ses beaux yeux bleus et dans l'ambiance tourbillonnante de la java sous les lampions, le trentenaire ne tarde pas à séduire la jeune fille de 20 ans.

 

Marcelle GUIBERT
Marcelle GUIBERT- Vers 1925

 

Suite à cette rencontre d'un soir, Marcelle tombe enceinte. Elle se rend chez Amiet pour régulariser la situation, chose dont il ne veut pas entendre parler. Ce refus est très mal pris par Joséphine : elle ne peut supporter que Marcelle devienne fille-mère. Devant cette situation qui semble devenir insoluble, Joséphine sombre dans une profonde dépression. Elle décide alors de mettre fin à ses jours en se jetant dans le puits de sa maison, à Villeneuve près de St-Ciers-de-Canesse, le 8 mars 1934.

 

Marcelle GUIBERT
Marcelle GUIBERT- Vers 1935

 

Marcelle à Libardac

Après le suicide de sa mère, Marcelle 5 veut obliger Amiet 4 à accepter le mariage. Elle finira par obtenir cette union, qui aura finalement lieu 11 jours après, le 19 mars 1934 à Listrac. Marcelle traverse donc définitivement l’estuaire de la Gironde, en amenant sur une yole (embarcation légère à voile ou à aviron) la grande commode en bois de châtainier ou de noyer, seule chose dont elle a hérité de sa mère, et sur laquelle elle posera un jour le poste de télévision.

Elle vient alors s’installer à Libardac, dans la propriété familiale, entre les soirées devant le feu de cheminée et la compagnie de ses chats. Le petit Pierre 2 , dit Pierrot, vient rapidement au monde, et met de l'animation dans la maison !

Un jour d'août 1944, Marcelle se rend à l'épicerie ROPION, qui se trouvait en face de l'école de Listrac, de l'autre côté de la Grand'route (aujourd'hui la route départementale D1215), pour y faire quelques achats. Devant l'épicerie se tient un groupe plusieurs personnes avec leurs vélos, qui discutent, quand arrive un camion allemand qui se dirige vers Le Verdon. C'est la fin de la guerre, et les occupants doivent rejoindre la pointe du Médoc, ainsi que Royan de l'autre côté de l'estuaire, pour bloquer tout accès à Bordeaux par la mer aux troupes alliées. Il se dit aussi que les Allemands, sentant le vent tourner, confisquent les vélos et les costumes civils pour pouvoir se fondre dans la population et éviter de se faire tuer par les résistants et les soldats alliés. En voyant ce camion arriver, le groupe détale en emportant les vélos, y compris Marcelle qui rentre dans l'épicerie avec sa bicyclette. L'épicière la cache au fond de la boutique, derrière un grand rideau. Mais un Allemand entre en tenant une grenade à la main. Il va au fond du magasin et tire brusquement le rideau. Par quel miracle n'a-t-il pas vu Marcelle, ni son vélo ? Car il repart aussitôt sans rien faire ni sans rien dire, avec sa grenade intacte... Cet épisode a donné certainement à Marcelle la plus grande frayeur de sa vie.

 

Marcelle GUIBERT
Marcelle GUIBERT- 1958

 

Marcelle passera ainsi toute son existence à Libardac. Après la disparition d' Amiet en 1994, Marcelle vivra seule 10 années de plus à Libardac, donc jusqu’en 2004. A ce moment-là, alors âgée de 91 ans, elle commence à contracter la maladie d'Alzheimer. Perdant peu à peu son autonomie, elle oublie même parfois de fermer le robinet de gaz. Cette situation dangereuse décide son fils Pierre  2  à l’emmener alors vivre avec lui à Cenon.

 

Marcelle GUIBERT
Marcelle GUIBERT- 2000

 

Cette cohabitation dure deux années, avec toutes les difficultés inhérentes à la présence d'une personne atteinte de cette maladie pour ses proches. Le 16 décembre 2006, Marcelle subit une attaque cérébrale dans la maison de son fils, qui appelle les secours. Une ambulance arrive, et la transporte immédiatement à la clinique « Les Cèdres » de Mérignac. Elle y décède à presque 94 ans.

Vers son époux : Pierre « Amiet » DUCOS.