Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté d' Amiet DUCOS

Son grand'père maternel : Pierre "Louis" ROSSIGNOL

 

 

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(raconté par Pierre Ducos)

 

Les jeunes années

 

Pierre dit Louis ROSSIGNOL  18  est né le 26 octobre 1849 à Taudinat, un village de la commune de Listrac. Il est le deuxième d'une fratrie de 5 enfants : il a 1 frère, Saturnin, et 3 soeurs, Catherine "L'aînée", Marguerite et Catherine "La jeune". Avec eux, il grandit à quelques pas de là, au lieu-dit Cantegric, où son père est propriétaire d'une petite maison, ainsi que de plusieurs parcelles de forêt et de vignes qu'il cultive lui-même. C'est bien sûr dans le but d'entretenir ces dernières que Louis, suivant les traces de son père, devient d'abord vigneron.

L'aînée de ses soeurs, Catherine, portait le surnom (on disait le « chafre ») d' "Aurore". C'est donc tout naturellement que l'on surnommait Louis : "Petit-Jour" ! Ce surnom est même officialisé puisqu'il figure sur le registre militaire de Louis sous le nom de "Pierre Petit jour".

 

Pierre Petit Jour ROSSIGNOL
Extrait du registre matricule de l'année 1869

 

Ce registre matricule nous apprend en outre qu'il mesure 1,63 m. Il est brun, avec les sourcils noirs, les yeux marrons et le front découvert. Il a un nez moyen, une petite bouche dans un menton rond, un visage plein et un teint clair. Côté instruction, son degré est zéro : il ne sait ni lire ni écrire ni compter.

 

A droite de l'entrée du Château Clarke   A droite de l'entrée du Château Clarke   A droite de l'entrée du Château Clarke
A droite de l'entrée du Château Clarke, les quelques pierres qui restent proviennent de l'ancienne maison de Cantegric. Photos : Christophe Ducos

 

A l'adolescence, il est placé comme domestique chez une riche famille, sans doute de Listrac. Je ne sais pas laquelle car il n'y a pas d'autres précisions sur le registre militaire.

 

Le service militaire

Le 10 juin 1870, le Conseil de révision décide d'affecter Louis au 144ème Régiment d'Infanterie à Bordeaux, sous le numéro matricule 995. Il effectue donc son service militaire du 28 août 1870 au 29 mars 1871, en pleine guerre franco-allemande de 1870 (qui dura du 19 juillet 1870 au 15 février 1871). Nul doute qu'au début de leur service, Louis et ses camarades ont été formés très sérieusement pour devenir les meilleurs soldats possibles face à l'armée de BISMARCK. Mais après la défaite de NAPOLEON III à Sedan le 4 septembre 1870, puis l'armistice signé le 15 février 1871, la préparation à la guerre ne fut plus l'objectif dans la formation des jeunes soldats, qui finirent leur service dans un contexte de déception, voire de volonté de revanche. Louis est licencié le 31 décembre 1872, c'est-à-dire qu'il finit son service dans l'armée active à cette date. Il est ensuite inscrit sur les contrôles de la réserve le 1er janvier 1873, ce qui signifie qu'il entre alors dans la réserve de l'armée active.

Louis accomplit par la suite 3 périodes d'exercice au sein de l'armée. La première, du 21 août au 18 septembre 1876 dans le 144ème de Ligne. Une deuxième du 20 août au 16 septembre 1878 dans le même régiment. Puis à 30 ans, il passe dans l'armée territoriale le 1er juillet 1879, et effectue sa troisième période du 10 au 22 mai 1880 dans le 140ème Régiment territorial d'Infanterie à Bordeaux. Mais il est inscrit sous le numéro 202 du Contrôle spécial, ce qui signifie qu'il n'a pas pu rejoindre son unité d'affectation, soit pour cause de condamnation ou détention, soit pour sursis, soit qu'il ait été dispensé ou réformé (ce dernier point ne figure en rien sur son registre matricule).

Pour remonter plus loin...

Il faudrait trouver pourquoi Louis a été inscrit au Contrôle spécial, qui semble signifier un problème qu'il aurait eu par rapport à l'armée. Aux AD33, la série R (Affaires militaires et organismes en temps de guerre) pourrait nous apporter des éléments, mais rien n'est en ligne.

Louis est définitivement libéré des obligations militaires le 1er juillet 1895.

 

L'arbre - Odilon Redon
Château Moulis, à Moulis

 

 

Déménagement à Moulis

A 28 ans, Louis rencontre Françoise dite Louisa LALLEMAGNE  19 , une jeune fille de 17 ans qui vit chez ses parents dans la commune voisine de Moulis, au lieu-dit Les Graves. Il la trouve tellement à son goût qu’il l'épouse le 29 novembre 1877. Les amoureux passent d'abord un contrat de mariage devant Me DUPUY, notaire à Listrac, le 28 novembre 1877.

Louis et Louisa décident de s'installer à Les Graves à Moulis, près de chez les parents de la jeune femme. C'est là que naît leur fille aînée Louise ROSSIGNOL  9 , 5 mois plus tard...

Le jeune couple déménagera peu après au lieu de Maliney, toujours dans la commune de Moulis. Ce nouveau domicile verra naître 2 fils, Pierre dit Maurice (en 1879) et Saturnin dit Adonis (en 1883).

Mais Louis a décidément la bougeotte : en 1884 ou 1885, il installe sa famille au bourg de Moulis, cette fois définitivement. Le "centre-ville" est sans doute plus commode pour installer son atelier et pratiquer son nouveau métier, car tout en continuant à travailler dans les vignes, Louis devient également sabotier. Bien que dans les campagnes, tout le monde porte des sabots (et ce jusqu’au milieu du XXème siècle), c’est malgré tout un métier qui nourrit mal... Il retournera très vite à la vigne.

 

La donation de 1886

Le 29 novembre 1886, les parents de Louis font une donation à leurs 5 enfants, devant Maître Jean-Félix LANDARD, notaire à Castelnau. Par cette donation, Louis hérite du lot n°4, qui comprend des règes de vignes à Cantegric ainsi qu'à Baudan, des pièces de terre et de lande à Bernones, et une pièce de lande à Craste-Cypène. Il reçoit de plus un douil (cuvon de 7 ou 8 hectolitres qui sert à transporter le raisin au pressoir) et la somme de 204 Francs à recevoir du second lot à titre de soulte, c'est-à-dire pour compenser la différence de valeur qui existe entre ces 2 lots.

Françoise "Louisa" LALLEMAGNE

 

Le nom du lieu-dit Craste-Cypène provient du mot "craste" qui désigne un fossé de drainage aménagé pour assainir la lande humide. En effet, les eaux qui étaient stagnantes dans le Médoc engendraient de vastes étendues marécageuses. Grâce aux crastes creusées dans le sens de la pente du sol, les eaux s’écoulent plus facilement, permettant ainsi la culture du pin maritime.

Le Craste-Cypène est en fait un petit cours d'eau de 4 kilomètres qui traverse le village des Lamberts, en rouge sur la carte ci-contre

 

 

Louis s'occupe de son domaine et travaille toute sa vie pour l'entretenir au mieux. C'est chez lui au bourg de Moulis qu'il décède le 2 mars 1915 à 16 heures, à l’âge de 65 ans.

 

 

Suite de l'histoire : Vers sa femme Françoise "Louisa" LALLEMAGNE.