Généalogie DUCOS - PONTET
Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

La famille du côté d' Yvette GOFFRE

Les origines des JUSTE

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Dans le temps :

Dans les branches :

 

Branche JUSTE

Carte Bordeaux-CastelnauGirondeLe patronyme JUSTE est un dérivé de JUST, nom de baptême d'origine latine (Justus = le juste), très fréquent chez les chrétiens pour sa valeur symbolique et qui a été popularisé par plusieurs saints. On connaît surtout les saints Just et Pasteur, martyrs espagnols décapités en Castille alors qu'ils n'étaient que des enfants. Un autre saint Just fut évêque de Lyon à la fin du IVème siècle.

 

 

Le patronyme est porté dans de nombreuses régions. C'est dans la Loire, l'Yonne et la Haute-Vienne qu'il est le plus fréquent.

 

Mais nos JUSTE à nous sont originaires du Médoc, plus précisément de la commune d' Avensan.

 

 

Dans cette branche, nos ancêtres les plus anciens vivent à Avensan, au village du Pont, en ce début de XVIIIème siècle.

Une petite famille de vignerons peine à sa tâche quotidienne : il s'agit de Pierre JUSTE  1920 et d' Elisabeth DUBORD  1921, ainsi que leurs enfants François JUSTE  960 (né vers 1729) et Elizabeth JUSTE . Cette dernière est la servante du prêtre d' Avensan, le curé CONSTANT, qui officie dans l'église de cette paroisse pendant environ 15 ans.

 

C'est à Romefort, un autre village situé dans la même commune, que vivent le vigneron Jean BARRAU  1922 et sa femme Marie BRETHON  1923 (née vers 1707 et décédée à 55 ans le 12 octobre 1762 à Avensan). Si Jean BARRAU est vigneron, il est aussi sacristain dans l'église d' Avensan : c'est lui qui prépare les objets liturgiques dont le curé aura besoin pour la messe, et qui s'occupe de la sacristie. Ils ont pour fille Marie BARREAU ou BARRAUT  961 , qui voit le jour le 27 novembre 1732 à Romefort.

Pour remonter plus loin...

A Avensan, chercher la naissance de François JUSTE avant 1738, le mariage de ses parents Pierre JUSTE et Elisabeth DUBORD, le mariage de ses parents Jean BARREAU et Elisabeth DUBORD.

Les registres d'Avensan aux A.D. de la Gironde ne commencent qu'à partir de 1737.

Vue d'Avensan
Les village du Pont et de Romefort, à Avensan (Gironde)

 

François JUSTE  960 est brassier dans les vignes avensannaises, mais il est lui aussi sacristain. De ce fait, il rencontre souvent Jean BARREAU  1922 dans l'église d' Avensan, ainsi que sa fille Marie BARREAU 961 qu'il trouve tout-à-fait à son goût... Et c'est dans cette église qu'il connaît si bien, que François JUSTE  960 épouse la jolie Marie BARREAU  961 le 20 janvier 1758. Après leur union, ils s'installent eux aussi au village du Pont, où ils ont 3 enfants :

On sait juste (bien vu le jeu de mot !) que Marie BARREAU 961 décède à 49 ans seulement, le 29 mars 1782, certainement de maladie, avant même le mariage de ses enfants. François JUSTE 960 , lui, disparaît à 66 ans le 11 décembre 1795, tous deux à Avensan.

 

 

Vue d'Avensan
Avensan - La place du Bourg

 

Toujours à Avensan, mais cette fois dans le village de Pelin, se trouve un autre couple de laboureurs : Loüis DEJEAN  962 (prononcer Déjean), et Pétronille METAYET  963 . Le père de l'époux, Estienne DEJEAN  1924 , est bien présent à la cérémonie, mais sa mère Pétronille GUITTON  1925 est par contre déjà décédée.

Concernant la jeune mariée, ses deux parents Timothée METAYET  1926 et Jeanne METAYET  1927 , qui vivent aussi à Avensan, sont bien là pour assister à la cérémonie de mariage, qui a lieu le 11 février 1763.

C'est aussi à Avensan que naît leur fille Jeanne DEJEAN  481 , le 20 septembre 1767.

Pour remonter plus loin...

A Avensan, je n'ai pas trouvé les mariages d'Etienne DEJEAN et Pétronille GUITTON, ni celui de Thimothée METAYET et Jeanne METAYET, tous d'Avensan, avant 1743 et jusqu'en 1737. Un Thimothée METAYET s'est bien marié le 7 janvier 1741 à Avensan, mais avec Pétronille BRANAS... Il faut trouver par contre les frères et soeurs de Louis DEJEAN et de Pétronille METAYET.

Le village n'est pas bien grand, et la rencontre entre les deux jeunes gens est inévitable. A l'âge de 22 ans, Jean JUSTE  480 , qui est vigneron brassier, épouse Jeanne DEJEAN  481 . Le mariage a lieu 24 janvier 1788... bien sûr à Avensan !

 

 

Puis, pendant la Révolution française, ils s’installent au bourg de la commune, où ils ont leurs 3 premiers enfants ; ensuite ils vont vivre au Pont, où naîtra la seconde Elizabeth en 1801. Enfin, ils s'établissent définitivement à la métairie de Saint-Genès, dépendante d’Avensan. Voici donc leurs 5 enfants :

Pierre JUSTE  240 devient lui aussi vigneron brassier dans le village familial.

 

 

 

Branche HOSTEN

Nous trouvons ici une autre branche HOSTEN, en la personne de Pierre HOSTEN  964 et de son épouse Jeanne DEVIDAS  965 . Ce couple vit à Barreau, qui est aujourd'hui un village de la commune d'Avensan, mais qui avant la Révolution française était une annexe de Moulis. C'est d'ailleurs dans l'église de Moulis qu'ils font baptiser leur fils Bastian ou Sébastien HOSTEN  482 , le jour même de sa naissance le 20 octobre 1760.

 

Sébastien grandit et devient vigneron. Il rencontre une voisine, qui se nomme Pétronille BERTAUT  483 , et l'épouse le 20 mai 1779 à Avensan. Elle est la fille de Pierre BERTAUT  966 et de Marie TAYAC  967 , ses parents qui vivaient au village de Matha à Avensan. Mais suite à je ne sais quel événement, sans doute de maladie, ses parents trouvent la mort alors qu'elle est encore mineure. Elle est alors confiée à son beau-frère Raymond DURAND qui devient son curateur, et qui donne volontiers son consentement au mariage.

 

Sébastien HOSTEN  482 et sa femme Pétronille BERTAUT  483 ont alors une fille, qui se nomme Pétronille (selon son acte de naissance) ou Marguerite (selon ses actes de mariage et de décès) HOSTEN  241 ! Cette petite est née le 12 pluviôse de l’An III, soit le 31 janvier 1795, toujours au village de Barrau, mais cette fois-ci à Avensan !

Pour remonter plus loin...

A Avensan, chercher le mariage de Pierre HOSTEN et Jeanne DEBIDAS avant 1760, et celui de Pierre BERTAUT et Marie TAYAC dans la même période.

 

C'est elle que Pierre JUSTE  240 épouse le 3 juin 1820, dans l'église d'Avensan. Les jeunes mariés s'installent au village du Pont, également à Avensan. Ils ont 4 enfants :

 

Pour remonter plus loin...

Chercher la naissance de Jeanne JUSTE à Avensan.

L'acte notarié de 1859, dont je reparlerai plus bas, donne une description assez précise de leurs possessions. La famille JUSTE habite une maison basse composée de 2 chambres, une en façade au sud et l'autre à l'arrière au nord, avec un four et un toit à porcs, le tout d'un seul tenant. Cette maison est située au lieu de Barreau à Avensan. A l'est de cette maison, un terrain dont la nature n'est pas précisée leur appartient aussi, avec le mur séparant les deux biens. La façade de la maison est au bord d'un chemin, alors qu'à l'arrière, à 1,34 m de la maison, se trouvent 2 jardins : celui de gauche appartient au voisin, André CAZENAVE, et celui de droite appartient à la famille JUSTE.

 

Maison JUSTE à Barrau
La maison familiale de Barrau (Avensan) - Croquis établi par Christophe DUCOS

 

( suite )

 

Vue d'Avensan
Avensan - Haut-Galan

Branche FAURE

Nous sommes le 10 novembre 1731 à Moulis, qui en ce temps-là s'appelle Moulix. Sous l'Ancien Régime, Moulix est l'un des 10 archiprêtrés du diocèse, le second du diocèse médocain après Lesparre. "Archiprêtre" est un titre honorifique attribué au curé d'une église importante, à la tête d'un ensemble de paroisses. Dans le cas de Moulis, l'archiprêtré regroupe les 28 paroisses d' Arcins, Arsac, Avensan, Blanquefort, Brach, Bruges, Cantenac, Carcans, Castelneau, Cussac, Eysines, St Jean d’Illac, Labarde, Lamarque, Listrac, Ludon, Macau, Margaux, Martignas, Mérignac, Moulis, Parempuyre, Le Pian, St Aubin, St Médard en Jalles, Salaunes, Soussans, et Le Taillan.

 

Ce jour-là, l'archiprêtre de Moulis célèbre l'union de François FAURE 968 , qui habite au village voisin de Listrac, et de Marie SEGONNES 969 , native de Moulis. Le couple s'installe à Listrac, et a un fils nommé Bernard FAURE 484 , qui vient au monde le 8 juillet 1743.

 

Pour remonter plus loin...

A Moulis, chercher la naissance de François FAURE avant 1711, et celle de Marie SEGONNES avant 1715.

A Moulis toujours, vit une autre famille, Pierre HUGON 1940 et Marie LAGRAVE 1941 . Ils résident plus exactement dans le bourg du petit village de Barreau. Dans ce cocon familial, ce couple a 4 enfants nés chez eux :

Plus tard, ils déménageront mais sans tout-à-fait quitter Moulis : ils s'installeront dans la paroisse de St-Genès de Meyre qui est une annexe de celle de Moulis. C'est là que Guillaume et ses frères apprendront le difficile métier de laboureur.

 

Dans la même période, à Avensan, vit une autre famille : il s'agit de Pierre BRASQUESSAC 1942 , de son épouse Marie SEGONNES 1943 , et de leurs 2 enfants (mais peut-être y en a-t-il d'autres) Pierre BRASQUESSAC et Françoise BRAQUASSAC 971 .

Les frères et soeurs HUGON et BRASQUESSAC se retrouvent souvent et partagent de bons moments ensemble, et des sentiments naîssent entre des jeunes gens... Si bien que le même jour à Avensan, le 7 février 1755, Guillaume HUGON 970 épouse Françoise BRAQUASSAC 971 , et Pierre BRASQUESSAC épouse Jeanne HUGON.

Dans le couple qui nous intéresse, celui de Guillaume et Françoise, leur fille, Anne HUGON 485 , va venir au monde. Beaucoup de dates manquent, mais on peut déduire que Françoise BRAQUASSAC 971 décède assez jeune, suivie par son mari qui meurt le 26 février 1776 vers l'âge de 50 ans. On sait seulement qu'il est enterré dans l'église de Barreau, qui est à l'époque une annexe de celle de Moulis.

Pour remonter plus loin...

A Moulis, chercher la naissance d'Anne HUGON avant 1760, et son décès le 3 novembre 1792.

Vigne
La feuille rouge - Photo : Isabelle DUCOS

 

On imagine facilement dans quel état d'esprit se déroule la noce du brassier listracais Bernard FAURE 484 et de Anne HUGON 485 , qui a lieu seulement un petit mois après le décès du père de la jeune épouse, le 23 mars 1776 à Moulis. Le jeune couple avait pourtant demandé une permission aux vicaires généraux pour se marier pendant la période du Carème, chose qui était interdite. La dispense a peut-être été accordée vu l'état de santé de Guillaume HUGON qui ne lui laissait que peu de temps pour assister au mariage de sa fille. Il n'en aura malheureusement pas eu le temps...

 

Bernard FAURE 484 et Anne HUGON 485 s'installent néanmoins à Barreau et y ont 3 enfants :

 

Mais Anne HUGON 485 , disparaît le 3 novembre 1792. Je ne sais ni la raison du décès, ni l'âge qu'elle avait. Mais elle laisse ses 3 enfants seuls avec leur père ; ils ont respectivement 14, 12 et 11 ans. Bernard FAURE 484 refera sa vie quelques années après, et à 56 ans il épousera Jeanne POUDEME , veuve elle aussi, le 7 août 1799 à Castelnau.

Pour remonter plus loin...

A Moulis, trouver la naissance d'Arnaud FAURE le 21 janvier 1787. En ligne à partir de 1791.

Vue de Castelnau
Castelnau - La place Saint-Jacques

 

D' Arnaud FAURE 242 , on sait aussi très peu de choses. Il est né à Barreau, qui est à l'époque un lieu-dit de Moulis, mais quand il se marie le 8 juillet 1799, il est dit habitant à Barreau, commune d' Avensan. En effet, entretemps, la Révolution est passée avec son redécoupage administratif et le lieu de Barreau a changé de commune !

Le mariage d' Arnaud FAURE 242 a lieu à Castelnau, et l'heureuse élue s'appelle Françoise VIGNEAU 243 . Celle-ci est née le 21 mars 1781 à Carcans, fille de Pierre VIGNEAU 486 et de Jeanne ou Anne POUDEME 487 , mais avant son mariage, elle vivait avec ses parents à Brach. Arnaud et Françoise se retrouvaient fréquemment à Castelnau où ils avaient semble-t-il leurs habitudes et leurs amis communs, puisque les 4 témoins à leur mariage sont tous non-parents des époux, et habitent tous ladite commune de Castelnau.

Pour remonter plus loin...

Bernard FAURE se remarie en secondes noces avec Jeanne POUDEME en 1799, et Françoise VIGNEAU née en 1781 est la fille de Jeanne POUDEME... Ne serait-ce pas la même personne ? Si c'est le cas, son mari Pierre VIGNEAU est décédé avant 1799, et Bernard FAURE, devenu lui aussi veuf, aurait alors épousé la mère de sa belle-fille ! Mais dans l'acte de mariage de Bernard FAURE et Jeanne POUDEME, elle est dite "veuve en dernières noces de Jean BACQUEY, fille d'Arnaud POUDEME et Françoise LESTAGE, née à Carcans et habitant Brach".

A Carcans, trouver la naissance de Françoise VIGNEAU le 21 mars 1781, et le mariage de ses parents Pierre VIGNEAU et Jeanne POUDEME pour vérifier la théorie.

Arnaud FAURE 242 et Françoise VIGNEAU 243 restent cependant vivre au village ancestral de Barreau, où Arnaud exerce le métier non moins ancestral de laboureur. Ils ont alors une fille, la petite Françoise FAURE 121 , qui pousse son premier cri le 31 août 1819.

 

Christophe JUSTE  120 devient aussi cultivateur, et entre 1825 et 1836, il quitte le lieu du Pont pour s'installer dans la maison de Barreau à Avensan avec ses parents. C'est ainsi qu'il rencontre sa voisine Françoise FAURE  121 , qu'il épouse le 30 janvier 1845.

Le papa Pierre JUSTE  240 décède presque 2 ans après le mariage de son fils, le 5 décembre 1846, à l'âge de 49 ans seulement. Il n'a pas eu le temps de connaître son petit-fils, qui naîtra 6 mois plus tard et qui sera prénommé comme lui...

Sa désormais veuve, Marguerite HOSTEN  241 , se trouve alors dans une situation financière délicate : elle n'a plus les moyens de faire les réparations urgentes dont a besoin sa maison. Les murailles sont dégradées, la charpente a besoin d'être changée, les carrelages doivent être refaits, les portes et fenêtres changées,... Pour faire face à ce problème, et faciliter la transmission à ses enfants, elle fait une donation entre vifs à titre de partage anticipé, le 14 février 1859, devant Me LANDARD, notaire à Castelnau. Par cet acte, la mère de famille donne la maison dans l'état où elle se trouve à ses 4 enfants, se réservant toutefois l'usufruit d'une chambre et la propriété du terrain situé à l'est de la maison ainsi que du jardin de derrière. Le notaire évalue le revenu de cette maison à 30 francs.

Mais la maison étant en indivision, les 4 enfants procèdent à la licitation du bâtiment de la manière suivante : Christophe, Pierre et Jeanne vendent leurs 3 parts à leur frère Guillaume JUSTE, qui reste le seul propriétaire. Cette vente est faite au prix de 600 francs, c'est-à-dire 200 francs pour chaque cédant, que Guillaume paie en espèces devant le notaire. Guillaume deviendra aussi propriétaire du jardin à la mort de sa mère, qui surviendra le 1er juillet 1869, à Barreau, à l'âge de 74 ans.

 

 

Le 9 février 1851, Christophe JUSTE  120 , alors âgé de 28 ans, achète un bien à un cultivateur du Pont, Guillaume MEYRE. Il faut bien quitter la maison familiale pour fonder un foyer à soi ! Christophe achète donc la maison basse que MEYRE possède à Barreau, comprenant une chambre côté sud-ouest, avec un emplacement à l'ouest de celle-ci, d'une largeur de 6,33 m, et une place au sud de la chambre, d'une longueur de 12 m et de la largeur de la chambre. Le prix de cette vente est de 300 francs. Christophe JUSTE  120 , son épouse Françoise FAURE  121 et leur fils Pierre JUSTE  60  (né le 30 juillet 1847 dans la maison familiale de Barreau) peuvent alors s'installer chez eux. Plus tard, ils auront aussi une fille, Françoise JUSTE, qui naît le 26 juillet 1861. Celle-ci épousera le tonnelier Jean ROBIN et ils s'installeront à Avensan.

Maison JUSTE à Barrau
La maison de Christophe JUSTE à Barrau (Avensan) - Croquis établi par Christophe DUCOS

Vingt-deux ans plus tard, le 30 mars 1873, Christophe JUSTE  120 achète à un horticulteur de Castelnau, 7 règes de vigne situées au lieu de Garbajac, dans la commune de Moulis. Cette vente est faite au prix de 200 francs.

Le fils Pierre JUSTE  60 est appelé en famille Germain. Il devient vigneron, et cultive entre autres les quelques vignes de son père. Mais surtout il est le premier de la saga JUSTE qui apprend à lire et à écrire. Malheureusement, le petit Pierre n'a que 18 ans quand il perd sa mère le 29 octobre 1865, alors qu'elle n'avait que 46 ans.

Avec une taille de 1,63 m, Germain est châtain avec un front découvert, le teint coloré et les yeux marrons. Le jeune vigneron sait également lire et écrire. Quand vient le moment de faire son service militaire, il se rend devant le Conseil de Révision, le 6 juin 1868. A cette époque-là, les jeunes hommes doivent participer à un tirage au sort pour déterminer la forme que prendra leur service militaire. S'il tire un mauvais numéro, il devra aller dans l'armée active pour une durée de 7 ans. S'il en tire un bon, il sera incorporé dans la garde nationale mobile, c'est-à-dire dans une armée de réserve, dont le rôle est principalement le maintien de l'ordre intérieur, la défense des villes, des places stratégiques et des frontières.

Germain tire donc son numéro de conscrit : le 26. Ce numéro doit l'envoyer dans l'armée active, et ce n'est pas ce qu'il souhaite. Mais il existe une possibilité d'y échapper : il peut se faire remplacer par un autre appelé, volontaire pour le service actif. L'administration trouve pour lui ce volontaire : il s'agit de Jean Luc SCHLEGEL, un jeune de son âge mais qui vit à Westhalten, près de Colmar dans le département du Haut-Rhin. Cet Alsacien a sans doute envie de combattre l'ennemi prussien, dangereux voisin qui menace directement sa région. C'est donc lui qui partira pour le service actif ; il sera affecté au 3ème Régiment d'Infanterie de Marine à Vannes.

 


Les gardes mobiles, batterie d'obusier, entre 1868 et 1871 - Source : Les arquebusiers de l'Est

 

Quant à Germain, il sera donc un "moblot", un garde mobile, et ce pendant 5 ans. Il est alors affecté dans l'artillerie, corps d'armée utilisant les armes lourdes comme les canons, avec le numéro 4234. Il est bien sûr en activité du 24 août 1870 au 1er mars 1871, lors de la Guerre franco-prussienne qui mettra fin au Second Empire. Son service se termine le 1er juillet 1873, date à laquelle il retourne à la vie civile et au travail de la vigne.

Du 25 au 29 septembre 1875, il fait une période d'exercices dans le 28ème Bataillon de chasseurs à pied, puis passe dans l'armée territoriale le 30 juin 1877 dans le 140ème Régiment territorial d'Infanterie. Après une autre période d'exercices du 20 mai au 1er juin 1878 (n°306 du contrôle spécial), il est enfin libéré des obligations militaires le 30 juin 1893.

 

( suite )

 

Branche HOSTEIN

 

Cette branche nous vient de la commune de Saint-Laurent.

 

Vue de Saint-Laurent
Saint-Laurent - La Poste

Vers le milieu du XVIIIème siècle, Pierre HOSTEIN  976 et Marie MANIEU  977 ont un fils qu'ils appellent Pierre HOSTEIN  488 , dont je n'ai pas la date de naissance, mais qui devient vigneron.

Il rencontre une fille de Listrac, au village de Donissan, qui s'appelle Marie BOSC  489 . Elle est la fille de Jean BOSC  978 et de Elizabeth MARTIN  979 . Pierre HOSTEIN  488 épouse cette Marie BOSC  489 à Listrac le 8 février 1785.

Pour remonter plus loin...

A Listrac, chercher la naissance de Pierre HOSTEIN avant 1765, et le mariage de ses parents Pierre HOSTEIN et Marie MANIEU. Chercher la naissance de Marie BOSC avant 1769, et le mariage de ses parents Jean BOSC et Elizabeth MARTIN.

A St-Laurent, trouver le décès de Marie BOSC le 7 septembre 1808.

 

Après leur mariage, ils vont s'installer à Saint-Laurent, entre le village de Mouralet et celui de Courbiac. C'est là que naîtra leur fils Jean HOSTEIN  244 , le 1er décembre 1788. Ce dernier va suivre les traces de son père et travailler lui aussi la vigne. Mais à 20 ans, Jean va connaître la douleur de perdre sa mère le 7 septembre 1808.

 

Mais comme son père est venu trouver femme à Listrac, Jean HOSTEIN  244 fait de même en choisissant Marie LOUBANEY  245 qui, bien que née vers 1788 dans la commune de Labarde, vit dans celle de Listrac avec ses parents Raymond LOUBANEY  490 et Jeanne SEURIN  491 . Le père de la jeune fille, Raymond, est décédé vers 1792 alors qu'elle n'avait que 4 ans. C'est peut-être même suite à ce décès que Marie LOUBANEY et sa mère sont venues vivre à Listrac.

 

Pour remonter plus loin...

A Labarde, chercher la naissance de Marie LOUBANEY vers 1788, et le mariage de ses parents Raymond LOUBANEY et Jeanne SEURIN.

 

 

Jean HOSTEIN  244 épouse donc Marie LOUBANEY  245 le 24 février 1810 à Listrac, et c'est dans cette même commune, au village de Donissan d'où était originaire la mère de Jean, que les jeunes mariés vont s'installer. Le 23 mai 1813, ils ont un fils qu'ils prénomment également Jean HOSTEIN  122 , et qui devient lui aussi vigneron.

 

Ce Jean HOSTEIN  122 a la particularité d'épouser une femme qui a le même nom que sa mère : Marie LOUBANEY  123 ! Voyons ci-dessous son ascendance.

 

( suite )

 

Vue de Listrac
Vue de Listrac

 

Branche LOUBANEY

La famille LOUBANEY est une vieille famille de Listrac. Le premier couple a sortir des registres paroissiaux de la commune est celui formé par Jean LOUBANEY  1968 et Marie SAINTOUT  1969 . Ils vivent tous les deux dans le petit village de Touleron, à l'extrême ouest de Listrac en allant sur Brach. C'est donc en voisins qu'ils se rencontrent, qu'ils grandissent ensemble et qu'ils apprennent à s'apprécier. Leur mariage a lieu le 9 février 1706.

Pour remonter plus loin...

Il faut cependant noter une nuance. Dans l'acte de mariage de 1706, le marié s'appelle Pierre et non Jean LOUBANEY. Il n'y a pas de mariage Jean LOUBANEY - Marie SAINTOUT à Listrac à cette période. Pourtant l'acte de mariage de leur fils André LOUBANEY, en 1737, donne bien pour son père le prénom de Jean. Donc soit il y a eu une erreur sur l'un des 2 actes de mariage, soit les parents se sont mariés ailleurs.

Pour l'instant, je considère l'hypothèse de l'erreur. J'espère trouver un jour à Listrac l'acte de naissance du fils André (entre 1706 et 1717) pour confirmer le prénom du père. Et tant qu'un acte de mariage Jean LOUBANEY - Marie SAINTOUT n'est pas trouvé dans les communes alentour (et rien sur Généanet, ni sur Genhilib), je garderai cette hypothèse active.

 

Notons aussi au passage que Marie SAINTOUT  1969 se marie le même jour que sa soeur, aussi prénommée Marie SAINTOUT 1847, avec Arnaud HUGON 1846 . Vous trouverez ici le récit qui se rapporte à leur famille dans Les origines des GOFFRE.

Leur fils, André LOUBANEY  984 , devient brassier à Listrac. Un second fils viendra au monde, Pierre LOUBANEY, qui sera témoin au mariage de son neveu Pierre.

 

Au même moment, un autre laboureur listracais, Estienne GRAMOND  1970 , rencontre une jeune veuve qui vivait au village de Bernos, dans la paroisse de Saint-Laurent, Catherine MADERAN  1971 . Ils se marient dans l'église de Saint-Laurent le 10 février 1711, et s'installent ensemble dans ce village, où viendra au monde une petite fille du nom de Jeanne GRAMOND  985 .

Pour remonter plus loin...

A St-Laurent, chercher la naissance de Jeanne GRAMOND après 1711 et avant 1721.

 

Nous avons déjà vu plusieurs fois que les jeunes gens de Listrac et ceux de Saint-Laurent se rencontrent fréquemment, souvent aux fêtes de villages qui rythment les saisons, et que les idylles n'y fleurissent pas qu'au printemps. Cela se vérifie une nouvelle fois entre le listracais André LOUBANEY  984 et la saint-laurentaise Jeanne GRAMOND  985 (née vers 1721), qui se marient dans l'église de Listrac le 23 février 1737. Ils s'installent dans cette paroisse, au village de Donissan, où ils ont 2 fils dont on n'a encore aucune date de naissance :

Jeanne GRAMOND  985 décède chez elle à Donissan, le 8 février 1784, âgée d'environ 63 ans.

 

Pierre LOUBANEY  492 , qui est vigneron, tombe amoureux d'une jeune listracaise (tiens, lui n'est pas allé chercher du côté de Saint-Laurent !), Marguerite MANEY  493 . Cette jeune fille, tout comme sa soeur Jeanne, a eu un début de vie difficile. Elle a assez tôt perdu ses parents Bernard MANEY  986 et Marie HOSTEINS  987 , de sorte qu'elle fut recueillie par son parrain Mathieu GUITARD. C'est par le consentement de ce dernier que Marguerite MANEY  493 peut épouser Pierre LOUBANEY  492 le 10 janvier 1783 à Listrac.

Pour remonter plus loin...

A Listrac, chercher la naissance de Pierre LOUBANEY après 1737 et avant 1763, la naissance de Marguerite MANEY avant 1767, et le mariage de ses parents Bernard MANEY et Marie HOSTEINS.

 

Les deux époux s'établissent à Listrac, au village de Donissan sur la route de Martinon, et y ont 6 enfants :

 

Jean LOUBANEY 246 devient laboureur et vigneron dans le village de ses parents, et le 21 septembre 1815, il épouse Anne LAMBERT 247 , la soeur de François LAMBERT qui épouse le même jour Marie LOUBANEY, la soeur de Jean !

( suite )

Vue de Listrac
Listrac - L'église romane

 

Branche LAMBERT

Là encore, on n'a que très peu de précision. Nous savons seulement qu'au milieu du XVIIIème siècle, Pierre LAMBERT 988 et Jeanne BILA 989 vivent à Listrac au village de Donissan. Ce couple a pour fils Bertrand LAMBERT 494 , sans doute né chez ses parents.

( suite )

Pour remonter plus loin...

A Listrac, chercher la naissance de Bertrand LAMBERT avant 1767, et le mariage de ses parents Pierre LAMBERT et Jeanne BILA.

Branche SAUTS

On retrouve la branche SAUTS à plusieurs repises dans notre arbre, parfois orthographiée SAUX. C'est une famille de Listrac dont les plus anciens représentants connus à ce jour sont Pierre SAUTS 1980 (né vers 1701) et Marie GOFFRE 1981 . Ils ont 2 enfants :

 

C'est également à Listrac que se marient Jean SENTOUT 1982 et Jeanne RAYMOND 1983 , ce 19 novembre 1715. Ils ont bientôt une fille prénommée Anne SENTOUT 991 , née à une date qui reste à trouver.

 

Pour remonter plus loin...

A Listrac, chercher la naissance de Pierre SAUTS avant 1738, le mariage de ses parents Pierre SAUTS et Marie GOFFRE, la naissance d'Anne SENTOUT avant 1742, et la naissance de Marie SAUTS après 1758.

 

Pierre SAUTS 990 et Anne SENTOUT 991 se marient alors le 4 février 1758 dans l'église de Listrac. Avant le mariage, il faut par convention afficher 3 bans devant la porte de l'église, pendant 3 dimanches consécutifs, pour annoncer à l'ensemble de la population le projet de mariage qui se profile. Or avant ce mariage, un seul ban a été publié, et le vicaire général du diocèse a donné une dispense pour les 2 autres. Il semble que ce mariage ait été précipité, peut-être à cause de la venue au monde imminente d'un enfant...

 

Car les jeunes mariés ont une fille, Marie SAUTS 495 , mais on n'a pas encore sa date de naissance pour vérifier cette théorie. Cette petite grandit cependant au village du Tris, à Listrac.

Le grand'père Pierre SAUTS 1980 meurt le 22 janvier 1787, dans son village du Tris, à l'âge de 86 ans.

 

 

 

De Donissan au Tris, il n'y a qu'un pas, que Bertrand LAMBERT 494 et Marie SAUTS 495 franchissent allégrement pour s'épouser le 20 avril 1787 à Listrac. Ils s'installent à Donissan et nous font 2 enfants :

Nous retrouvons ici Anne et François LAMBERT, le frère et la soeur, qui épousent la soeur et le frère Marie et Jean LOUBANEY 246 , le 21 septembre 1815.

 

 

 

Installés eux aussi à Donissan, Jean LOUBANEY 246 et Anne LAMBERT 247 ont pour fille Marie LOUBANEY 123 , qui voit le jour le 3 septembre 1818.

Nous retrouvons ici notre Jean HOSTEIN  122 qui épouse donc Marie LOUBANEY 123 , le 19 février 1846 à Listrac. Ils ont 3 enfants :

Jean HOSTEIN  122 n'est pas seulement cultivateur, il est aussi propriétaire, ce qui laisse entendre qu'il a un niveau de vie plus évolué que ce que lui et ses ancêtres ont connu. En effet, leur petite propriété de Donissan se compose d'une maison d'habitation, d'un chai, d'un cuvier, de plusieurs parcs, hangars, cours, jardins, de terres en labour, de vignes, de bois de pins ou landes, de prairies, etc... Côté mobilier, la famille dispose de 2 lits en bois avec couches et garnitures (estimés 100 francs), une armoire en bois de noyer (20 francs), une pendule (10 francs), 6 chaises (6 francs), 2 tables (10 francs), 12 draps de lit et 12 serviettes (20 francs), quelques poêles, poêlons et autres menus objets composant une batterie de cuisine (10 francs), soit une estimation totale de 230 francs (acte de donation-partage de 1887).

 

Vue de Listrac
Listrac - Le château Listrac (ce n'est pas la propriété des HOSTEIN !)

 

 Le 29 octobre 1865, Françoise FAURE  121 , femme de Christophe JUSTE  120 , décède. Quatre ans après la mort de sa mère, le 25 avril 1869, Pierre "Germain" JUSTE  60 passe un contrat de mariage devant Me Théodore DUPUY, le notaire de Listrac, avec celle qui va partager sa vie, Marie HOSTEIN  61 . Si le futur époux déclare n'avoir aucun apport à se constituer, son père Christophe JUSTE  120 lui donne en avancement d'hoirie 12 draps de lit (estimés à 60 francs), 12 essuie-mains (6 francs), et 12 serviettes (12 francs), soit un total estimé à 78 francs. La future épouse n'apporte rien non plus personnellement, mais ses parents lui donnent un lit en bois de noyer avec ses couches, couvertures et garnitures (estimés à 200 francs), une armoire en bois de noyer (120 francs), 8 draps de lit (50 francs), 8 essuie-mains (4 francs), 8 serviettes (4 francs), pour un total de 378 francs. De quoi partir dans la vie avec une base solide !

Après ces dispositions, Germain épouse Marie le 3 mai 1869 à Listrac, et ensemble ils ont 2 fils :

 

 

 

 

Les signatures de Pierre Germain JUSTE et de Marie HOSTEIN :
Signature Pierre Juste   Signature Marie Hostein

 

Devenu veuf, Christophe JUSTE  120 vit alors seul avec son fils Germain  60 dans sa maison à Barreau, comme il est précisé dans son acte de décès. Il semble qu'à cette époque, Christophe n'aie plus la capacité de vivre seul. Cette cohabitation dure jusqu'au 22 mars 1879, date où il décède âgé alors de 57 ans. Une question se pose : où était la femme de Pierre, Marie HOSTEIN  61, pendant qu'il vivait avec son père ?

Il reste qu'après la mort de son père, Germain  60 hérite avec sa soeur Françoise de la maison de Barreau, mais aussi des dépendances de la maison, du jardin, prairies, vignes, terres et landes. Françoise lui vendra, le 20 janvier 1885, tous les droits lui revenant sur ses biens pour le prix de 5 000 francs. Germain se retrouve donc propriétaire de l'ensemble des biens que possédaient ses parents.

Un jour d'août 1880, Germain JUSTE  60 conduit sa charrette tirée par un cheval à travers une garenne (lieu boisé) située à Labore, commune d' Avensan, lors d'une journée de travail habituelle. Sait-il que cette garenne est la propriété d'un certain Guillaume HOSTEIN, et qu'en passant sur son terrain qui n'est soumis à aucune servitude de passage, il a causé des dommages importants ? Le sang de M. HOSTEIN ne fait qu'un tour, et le propriétaire demande à un huissier de Castelnau d'établir au nom de Pierre "Germain" JUSTE  60 une citation à comparaître devant le juge le 11 septembre suivant. Sur la citation, Guillaume HOSTEIN réclame une somme de 100 francs à titre de dommages et intérêts. Je n'ai malheureusement pas la conclusion de cette histoire, n'ayant pas retrouvé le jugement rendu, mais il est très probable que notre ancêtre a dû rembourser les dégâts causés.

Cette affaire n'est pas le seul litige qu'ait eu Germain ! Un problème s'est posé vers 1881 avec la veuve de la maison voisine, Mme COUSIN. Comme nous l'avons vu plus haut, la maison que Germain a hérité de son père à Barreau est mittoyenne de celle de Jean COUSIN et son épouse. Pendant plus de 30 ans, les JUSTE et les COUSIN ont établi un passage commun gravé entre l'entrée des deux maisons et le chemin qui passe au sud de celles-ci. Mais après la mort de Jean COUSIN, sa veuve a fait installer une barrière coupant ce passage en deux dans le sens de la longueur et fermée au niveau du chemin ! Germain demande alors la suppression de cette barrière qui le prive d'entrer et de sortir de chez lui. Là encore, je n'ai pas le délibéré du juge en charge de l'affaire, mais comme le droit impose une servitude de passage pour qu'un particulier puisse accéder librement à son domicile, je pense qu'il a forcément eu gain de cause.

Maison JUSTE à Barrau
La maison de Germain JUSTE à Barreau (Avensan) avec la fameuse barrière - Croquis établi par Christophe DUCOS

Le 11 avril 1887, les parents de Marie HOSTEIN  61 , Jean HOSTEIN  122 et Marie LOUBANEY 123 , se trouvant "d'un âge avancé" (74 et 69 ans) veulent se débarrasser de l'administration de leurs biens et décident de faire une donation entre vifs à titre de partage anticipé entre leurs 3 enfants. De l'ensemble de leur propriété, ils gardent l'usufruit des objets mobiliers, d'une chambre, d'une cuisine, du jardin attenant à la maison, d'une place pour mettre leur vin dans le chai et d'une place pour mettre leur bois. Leurs enfants leur doivent une pension alimentaire de 9 kg de pain par semaine, 340 litres de vin rouge annuel, 225 litres de piquette, 225 bourrées de pin et 500 sarments, et la somme de 120 francs par an.

En contrepartie, les parents procèdent au partage de leur domaine entre Pierre, Anne et Marie. C'est le deuxième lot qui est attribué à Marie HOSTEIN  61 , et il comprend :

Marie reçoit aussi la moitié indivise avec sa soeur Anne de la partie ouest de la maison d'habitation de Donissan avec le jardin attenant. Enfin, son frère Pierre HOSTEN doit à Marie la somme de 200 francs à titre de soulte (complément pour ajuster la différence de valeur entre les lots), et la même somme à sa soeur Anne. Plus tard, le 11 décembre 1897, les deux soeurs vendront leur partie indivise de la maison à leur frère Pierre pour 800 francs.

De son côté, Germain JUSTE  60 , déjà propriétaire de sa maison et de vignes héritées de son père, veut lui-même acquérir de nouvelles pièces. C'est ainsi que le 12 mars 1892, il achète à Pierre HOSTEN, oncle de sa femme Marie, 7 règes de vigne perdue situées à Listrac au lieu de Mouchuguet, pour le prix de 150 francs. Puis le 18 mars de la même année, c'est à Elisabeth GRENIER, épouse de Pierre TARDIVIER, propriétaire à Avensan, qu'il achète 10 règes de vigne à Barreau, pièce voisine d'une autre qu'il possède déjà, pour 600 francs. Peu à peu, son "domaine" s'agrandit !

Pierre dit Germain JUSTE  60, lui, décèdera chez lui à Barreau le 17 février 1907 à 59 ans. Quant à Marie HOSTEIN 61, elle lui survivra 19 ans. Elle procède à un échange avec le listracais Firmin COUNEAUD le 1er novembre 1921 : elle cède la pièce de terre au Champ du Fourcas d'une contenance de 6 ares, et acquiert 9 règes de terre de même superficie au Vigneau, près du moulin de Laborde à Listrac. La valeur de chacun des lots échangés est évalué à 100 francs. Puis le 20 novembre suivant, elle vend cette parcelle du Vigneau à Paulin BIBEYRAN, un autre propriétaire de Listrac, ainsi que celle dont elle a hérité de ses parents, pour la somme de 150 francs.

Enfin, le 2 mai 1925, Marie HOSTEIN 61 fait une donation-partage de tous ses biens meubles et immeubles entre ses 2 fils devant le notaire de Castelnau Me FIGEROU. Les meubles sont composés d'un lit garni (estimé 100 francs), d'une armoire (60 francs), d'une table (10 francs) et de 6 chaises (30 francs), total 200 francs. Pour les immeubles, il s'agit de la maison d'habitation de Barrau, de chai, du cuvier, du parc à bétail, des dépendances et du jardin à Barreau, mais aussi de diverses vignes, prairie, terre en labour, bois, pins et landes, situés sur les communes d' Avensan, de Moulis et de Listrac. En contrepartie de la donation, les enfants doivent loger leur mère, la nourir, l'entretenir, la chauffer, l'éclairer, subvenir à tous ses besoins, et lui payer la somme de 240 francs annuels, soit 20 francs par mois. En fait, il a été décidé que ce sera Pierre dit Emile JUSTE  30 qui devra exécuter seul ces obligations, car c'est lui qui au final récupèrera la maison. Sa mère se réserve toutefois l'usage de la chambre située sur le côté est de la maison, avec la cheminée, et le droit de puisage au puits dépendant de la maison. L'estimation faite par le notaire est de 125 francs pour les meubles, de 5 615 francs pour les immeubles, et de 3 318 francs pour les biens partagés en dehors de ceux donnés.

Une fois toutes ces dispositions prises, Marie HOSTEIN 61 meurt un an plus tard, chez elle à 75 ans, le 1er mai 1926. Elle avait demandé l'année précédente à obtenir une concession perpétuelle de 5 mètres carrés dans le cimetière d' Avensan pour y fonder la sépulture particulière de sa famille. La commune lui a attribué la concession n°102, pour la somme de 125 francs. Elle peut maintenant y reposer.

 

 

Suite de l'histoire : vers        Pierre "Emile" JUSTE