Généalogie de la famille DUCOS - PONTET

Les origines de nos ancêtres

Les premiers êtres humains

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Et si l'on remontait encore plus loin ? Jusqu'à quand ? Jusqu'à une époque où les registres paroissiaux n'existaient pas encore, puisque l'écriture n'avait pas encore été inventée... A une époque où tous les individus peuvent être considérés comme nos ancêtres à tous, avec des numéros Sosa d'une grandeur inconcevable !

Pourquoi ne pas remonter carrément aux origines de l'homme ? Nous avons tous une histoire commune avec le reste de l'humanité, une généalogie qui ne s'étudie pas d'individu père à individu fils, mais d'évolution de caractéristiques physiques en changement de mode de vie. Cette histoire n'en est pas moins passionnante que celle, bien plus récente, qui nous concerne personnellement. Alors partons sur la trace de nos ancêtres les premiers êtres humains...

 

Paysage du Miocène
Paysage du Miocène - Source : Alain Bénéteau, site Paléospot.com

 

LE CENOZOIQUE

L'aventure commence au Cénozoïque qui est l’ère tertiaire, l'ère de la vie récente. Elle débute après la disparition des dinosaures et de plus des 2/3 des espèces vivantes, il y a 65 millions d'années. Seuls les oiseaux, les insectes et les petits mammifères ont survécu à l'hécatombe. Une fois la planète débarrassée de ces géants qu'étaient les dinosaures, les autres animaux, et surtout les mammifères, peuvent alors occuper l'espace, se développer, croître et coloniser la surface de la Terre.

Pendant la 1ère partie du Cénozoïque, appelée Paléogène et regroupant le Paléocène, l’Eocène et l’Oligocène (65-26 millions d’années), les chaudes forêts marécageuses comportent des plantes arborescentes résineuses. Ailleurs, les forêts de feuillus abritent les grands mammifères ongulés, sous un climat chaud. Les marsupiaux et les placentaires cohabitent, mais l’Australie se sépare du reste des continents, modifiant les réseaux écologiques : les marsupiaux sont dominants en Australie, tandis que sur les autres continents ce sont les placentaires.


Mais dans la seconde période du Tertiaire, la Néogène regroupant le Miocène et le Pliocène (26-3 millions d’années), la faune et la flore reculent vers le sud pour laisser la place à des forêts de chênes d’érables, de hêtres, d’ormes et de conifères. Les mastodontes à trompe (Trilophodon angustidens) et les mammifères cervidés (Palaeomeryx et Dicrocerus) se développent, ainsi que le cheval, le renard et les oiseaux.

 

Yvette Goffre
Les origines de l'Homme, du Primate aux Hominines - Tableau synthèse n°1 établi par Christophe DUCOS

Les Primates

Plesiadapis Parmi les mammifères placentaires, certains se détachent par le procédé de l'évolution en développant des caractéristiques bien à eux : ce sont les primates. Ces 3 caractéristiques de base sont les suivantes. D'abord, le pouce est opposable aux autres doigts, ce qui permet à l'animal d'attraper facilement les objets et les fruits dans ses mains. Ensuite, les 2 yeux sont placés à l'avant du visage, donnant une vision stéréoscopique, en relief, qui permet à l'individu d'apprécier les distances. Enfin, les griffes des doigts et des orteils sont remplacées par des ongles plats.

Les primates mènent à l'origine une vie arboricole, élisant domicile dans les forêts tropicales d'Amérique, d'Afrique et d'Asie, et se nourissant de fruits. Les plus anciens primates sont apparus entre -85 et -66 millions d'années, pendant le Crétacé avant la disparition des dinosaures. Le purgatorius, de la taille d'une souris, vit à cette époque dans les Montagnes Rocheuses (Amérique du Nord), puis colonise l’Europe et l’Asie vers –60 millions d’années.

Un autre des plus anciens primates connus, vers –35 millions d’années, est le Plesiadapis (voir dessin ci-contre), qui occupe l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Afrique. Mais entre l'Eocène et l'Oligocène, vers -34 millions d'années, se produit la "Grande Coupure", une extinction de masse d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Elle se traduit par une chute importante de la température et par la formation de la calotte polaire dans l'Antarctique. La majorité des primates vivant dans l'hémisphère nord disparaissent, ce qui n'est pas le cas en Afrique.

Les primates se séparent en 2 sous-ordres :

Les Simiens

Au début de l’Oligocène (35 millions d’années), le primate évolue vers le simien (singe), ou Primate supérieur en Afrique. De la taille d’un gros chat, le simien possède 32 dents ainsi qu’un cerveau de 40 cm³. Il conserve leur faculté d’adaptation et d’évolution. La vue remplace l’odorat, les 2 yeux étant situés sur le devant de la tête. Pour mieux s’accrocher aux branches des arbres, leur queue devient également préhensible, à la différence des Grands singes.

Les simiens se divisent en 2 groupes :

 

Platyrhinien     Aegyptopithecus
A gauche : Singe de nuit félin (Platyrhinien) - A droite : Aegyptopithecus (Catarhinien).

Ne parlons que des Catarhiniens, dont l'évolution mènera à l'homme. ils mesurent de 30 à 60 cm, et ne possédent que 32 dents (au lieu de 36 chez les Platyrhiniens). Cette différence est à l'origine des problèmes liés à nos dents de sagesse, car les mâchoires ayant rétréci, elles ont moins de place pour pousser.

Les plus anciens Catarhiniens connus sont le Catopithèque (-36 millions d'années), le Propliopithèque et l'Aegyptopithèque (-34 millions d'années), et le Saadanius (-28 millions d'années).

A la fin de l’Oligocène (30 millions d’années), les Catarhiniens évoluent et se séparent en 2 super-familles :

 

Babouin     Macaque
A gauche : Babouin - A droite : Macaque. Souce : Futura-sciences.com

Les Hominoïdes

ProconsulLe Proconsul (voir ci-contre) est le plus ancien hominoïde connu (-27 millions d'années). Arboricole, ses longs bras lui permettent de se suspendre aux branches pour se déplacer dans les forêts tropicales humides. Son régime alimentaire est frugivore, mais il mange aussi de petits animaux.

La solide dentition des Hominoïdes leur permet de manger des fruits, des feuilles et des insectes. Quant à leur mode de locomotion, il est quadrupède, mais ils sont aussi capables de se déplacer de branche en branche dans les arbres.

Vers -18 à -15 millions d'années, les Hominoïdes (ou Anthropoïdes) sont eux-mêmes divisés en 2 familles :

 

Gibbons
Gibbons. Souce : wikipedia

Les Hominidés

Vers -16 millions d'années, la température du climat augmente et les forêts tropicales se développent en remontant de l'Afrique vers le sud de l'Europe et l'Asie. Les Hominidés suivent l'avancée de ces forêts hors d'Afrique et se mettent à coloniser les continents voisins.

On trouve ainsi le Sivapithèque en Chine et en Inde, cousin du Gigantopithèque. Ce dernier est le plus grand des Anthropoïdes (2 m). Plutôt végétarien, il se déplace en quadrupède et ne se met debout qu’occasionnellement. Sa lignée s’éteint il y a 500 000 ans.

En Asie occidentale et en Europe orientale, s'installent les Ankarapithèques et les Ouranopithèques, qui disparaissent vers - 8 millions d'années. En Europe, les Dryopithèques gardent une démarche quadrupède mais peuvent de temps en temps se dresser sur deux pieds. L'Oréopithèque, lui, est couramment bipède, mesure 1,10 m mais disparait lui aussi à la fin du Miocène.

Mais hors d'Afrique, ces espèces disparaissent petit à petit, car le climat change de nouveau vers -2,5 millions d'années, à la fin de l'ère Tertiaire, et les forêts reculent...

Cependant, certaines espèces restent sur le continent africain, telles le Kenyapithèque, qui apparaît vers -14 millions d'années, ou le Samburupithèque vers - 9 millions d'années.

 

Gigantopithèque     Dryopithèque
A gauche : Gigantopithèque - A droite : Dryopithèque. Souce : Finallyover.com

 

Il y a 7 millions d'années, en Afrique de l'est, la corne de l'Afrique (actuelles Somalie et Ethiopie) s'éloigne du reste de la plaque africaine. Cet écartement des deux plaques continentales creuse un grand fossé qui amincit la croûte terrestre : un rift. La création de ce rift produit des changements climatiques qui vont être différents de part et d'autre du rift. A l'ouest, la région deviendra une forêt tropicale humide. A l'est, ce sera au contraire une région sèche occupée par la savane.

Les individus qui se trouvent à l'ouest s'adaptent à leur environnement, et évoluent en grands singes arboricoles (orangs-outans). Mais ceux qui vivent à l'est sont obligés d'abandonner la vie arboricole pour s'adapter à la steppe arborée plus aride : ce sont les Hominidés.

Ces derniers changent également leur mode alimentaire et deviennent omnivores : leur denture se transforme. Certains mesurent 2 m et pèsent 300 kg. La structure du corps se raffermit, permettant la station verticale sur les extrémités postérieures pour pouvoir voir par dessus les hautes herbes de la savane. Vers –22 millions d’années, le proconsul, un hominoïde du Kenya de la taille d’un chimpanzé (cerveau de 150 cm³) se répand pour donner naissance au Ramapithèque en Asie, au Kenyapithèque en Afrique (15 millions d’années, cerveau 300 cm3, ancêtre commun homme/singe), et au dryopithèque en Europe.


Vers -12 millions d'années, la famille des Hominidés se scinde en 2 sous-familles :

Cette dernière séparation entre Homininis et Gorillinis a eu lieu vers -6,4 millions d'années.

Orang-outan     Gorille
A gauche : Orang-outan - A droite : Gorille. Souce : Nationalzoo

Les Homininis

De subdivision en subdivision, la tribu des Homininis se sépare, entre -5,4 et -6,3 millions d'années, en 2 sous-tribus :

Chimpanzé    Bonobo
A gauche : Chimpanzé - A droite : Bonobo. Souce : Finallyover.com

Les Hominines

Cette fois-ci, on y est ! Sous ce terme d' Hominines se cachent les humains du genre Homo, et les espèces disparues apparentées aux hommes comme les Australopithèques. Mais il est bien évident que dans le puzzle de l'évolution de la lignée humaine, il manque tellement de pièces, que tout ce qui précède reste à prendre au conditionnel, car il suffit souvent d'une découverte pour remettre en cause une théorie qu'on croyait jusque là relativement solide !

Les points communs des individus de cette sous-tribu sont d'être non arboricoles et d'être bipèdes. Mais les différentes lignées mises au jour ne permettent pas aujourd'hui de définir avec exactitude celles aboutissant à l'homme. Citons d'abord les individus les plus anciens trouvés :

 

Yvette GoffreLes origines de l'Homme, des Hominines à l'homme - Tableau synthèse n°2 établi par Christophe DUCOS

 

Les Australopithèques

A la charnière du Tertiaire et du Quaternaire, l’Australopithèque (singe du sud) vit dans les forêts et les steppes d’Afrique orientale (Kenya) et méridionale. Il est bipède bien qu’il grimpe encore aux arbres et que sa démarche soit chaloupée. Les Australopithèques utilisent les os, les dents et les cornes d’animaux comme outils.

Le Paranthrope ou Australopithèque robuste est végétarien, il mesure 1,50 m et son volume crânien fait 500 cm³. L’Australopithèque gracile est omnivore et mesure 1,20 m. Sa tête est moins grosse que celle du robuste, mais sa boîte crânienne a un volume supérieur (600 à 800 cm³). Lucie, l’Australopithèque afarensis gracile de 21 ans trouvée en 1974 en Ethiopie orientale, vivait il y a 3 millions d’années. Mais toutes ces espèces sont aujourd'hui éteintes.

 

Australopithèque    Paranthrope
A gauche : Australopithèque - A droite : Paranthrope. Souce : humanorigins.si.edu

 

Le genre Homo

Proconsul

Outre les Ardipithèques, Australopithèques et Paranthropes, les Hominines comportent un autre genre vivant entre -3 et -1 million d’années : le genre Homo. Là encore, plusieurs spécimens ont été trouvés sans qu'on sache réellement quels liens exacts relient les différentes lignées. On peut citer :

 

C'est donc au début du Quaternaire, au Pléistocène, qu'apparaît le genre Homo (-3 millions d’années). La poursuite des mouvements tectoniques conduit à la configuration actuelle des continents et des plaques lithosphériques. Le Quaternaire connaît de grands bouleversements géologiques dont 4 grandes périodes glaciaires, où s’installe un climat très froid au nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique : Günz (1 500 000 - 1 000 000 ans), Mindel (600 - 300 000 ans), Riss (200 - 120 000 ans) et Würm (75 - 10 000 ans). Le mammouth, le rhinocéros à fourrure, le tigre à dent de sabre et l’ours des cavernes vont alors s’éteindre. Les périodes interglaciaires sont plus chaudes et propices à la flore et la faune.

A la fin de Würm, la Terre entre dans une nouvelle période géologique, l’Holocène, favorable au développement du genre Homo. Le climat se réchauffe : le cerf remplace le renne, la forêt et la prairie remplacent la toundra. Cette période est divisée en 5 étapes : préboréale (8 000 - 7 000 ans), boréale (7 000 - 5 000 ans), atlantique ( 5 000 - 2 500 ans), subboréale ( 2 500 - 600 ans) et subatlantique (600 avant notre ère à nos jours). Le climat boréal succède au climat préboréal à la fin du Paléolithique supérieur. Les glaciers ayant reculé jusqu’au cercle polaire, les populations peuvent coloniser le nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique, en se concentrant sur le bord des mers, des lacs et des rivières. 3 cultures épipaléolithiques (prolongeant les traditions paléolithiques) se succèdent en Europe occidentale : l’Azilien, le Sauveterrien (IXème - VIIIème millénaires), et le Tardenoisien (VIIème - IVème millénaires).

L’Homo habilis

L’ère Homo commence avec l’Homo habilis. On ne sait pas encore s’il descend de l’Australopithèque ou du Ramapithèque. Il vit notamment en Afrique orientale (Tanzanie, Kenya et Ethiopie) et en Afrique du Sud, en compagnie des Paranthropes (Australopithèques robustes) qui sont ses contemporains.

Mais vers –2,5 millions d’années, en Afrique de l’est, une grande sécheresse décime des espèces « robustes » : l’homme doit s'adapter et devant la raréfaction des fruits, il devient omnivore. L’Homo habilis vit alors de chasse et de cueillette, et a un mode de vie communautaire. Il partage les tâches entre hommes et femmes pour assurer la cohésion et la survie du groupe. Il quitte définitivement la forêt en se construisant un habitat sommaire.

Il est totalement bipède, comme les Australopithèques le sont. Mais contrairement à eux, le pied de l’Homo habilis prend une forme typiquement humaine. Les jambes un peu courtes et le bassin se musclent de plus en plus pour faciliter cette marche bipède, qui reste encore un peu grossière. Il mesure 1,20 m, pèse 40 kg, et possède un cerveau de 680 cm3.

Par contre, les bras libérés de la marche peuvent saisir les objets. Nous sommes alors au seuil de l’évolution paléolithique. Pour se défendre contre les animaux, il se sert d'abord de pierres naturellement pointues. Mais très vite, il décide de fabriquer lui-même des outils : il enlève des éclats sur les galets avec des pierres plus grosses pour obtenir une arête tranchante. Avec ces nouveaux outils, il peut découper les peaux et la viande, ou même casser des os. Cette industrie lithique est appelée « industrie des galets aménagés » (Pebble Culture).

 

Homo Habilis
Homo habilis taillant une pierre. Souce : http://slideplayer.fr

L’Homo erectus et Homo ergaster

L’Homo ergaster descend vraissemblablement de l’espèce habilis. Il vit en Afrique, entre -1,9 et 1 million d'années : c'est en quelque sorte un "Homo erectus africain", plus primitif et plus généraliste que l'Homo erectus asiatique. Il mesure entre 1,55 m et 1,70 m, pèse entre 50 et 65 kg, avec un cerveau de 850 cm³. Le faciès d'Ergaster est encore très archaïque : il n'a pas de menton ni de nez, mais une mâchoire puissante très saillante et un front bas. Par contre, ses jambes sont plus grandes que celles de Habilis, ce qui facilite grandement sa marche.

Ergaster chasse plus que Habilis, et consomme plus de viande. Il développe l'industrie de la pierre taillée et améliore la technique, en taillant des éclats sur les 2 côtés d'un galet : il invente le biface.

Vers –1,5 millions d’années, alors que les ergaster restent sur le continent africain, d'autres individus sortent de l’Afrique pour occuper l’Asie, et atteignent l’Europe de l’est vers -1 million d’années. On appelle ceux qui s'aventure en Eurasie les Homos erectus. Ces déplacements n'ont qu'un but : suivre le gibier qui lui-même se déplace. Certains groupes descendent dans les steppes arborées de la Chine méridionale (Sinanthropes, comme l' Homme de Pékin) entre -600 à -300 000 ans. D’autres s’avancent sur les territoires d’Indonésie, de Java, de Bornéo et de Malaisie (Pithécanthrope, comme l' Homme de Java) qui sont encore reliés au continent. Ces derniers y vivent de -700 à -500 000 ans et disparaissent pendant les changements climatiques et les tremblements de terre lors de la séparation d’avec le continent asiatique. L’Homo erectus s’avance en Europe centrale il y a 500 000 ans, venant d’Afrique en suivant les rives de la Méditerranée, ou venant d’Asie en suivant la mer Noire et les grands fleuves. Une autre espèce s’installe au Maghreb, l’Atlanthrope

 

Homo ergaster    Homo erectus    Paranthrope
A gauche : Homo ergaster - Au centre : Homo erectus - A droite : Homo antecessor. Souce : https://fr.pinterest.com

 

L’Homo erectus vit en petits groupes dirigés par un chef. Il communique dans une langue qui nous est inconnue, soutenue par du mime. Avec une durée de vie de 25 ans, sa taille atteint 1,70 m et sa capacité crânienne varie de 750 à 1250 cm³ ; les hommes pratiquent la chasse et la pêche, les femmes et les enfants la cueillette. L’habitat est choisi selon les points d’eau et les lieux de passage des animaux. Vers –1,2 millions d’années, l’Acheuléen devient une industrie lithique très répandue des Archanthropiens : l’instrument type est le biface (silex taillé sur ses 2 faces) qui sert à la fois d’arme et d’outil (Levallois). Suite à un incendie, à la foudre ou à une éruption volcanique, l’Homo erectus découvre le feu il y a 500 000 ans. Dominant sa peur, il apprend à conserver ce feu naturel : il s’en sert pour se chauffer, faire cuire ses aliments et se protéger des intrus. Il peut ainsi survivre malgré les périodes de refroidissement.


Dans la grotte de l’Arago, près de Tautavel (Pyrénées-Orientales), un crâne daté de 320 000 ans a été trouvé en 1971 : c’est le plus vieil homme trouvé en France. L’homme de Tautavel est un erectus de 1,65m dont le crâne fait 1150 cm³.

Une théorie dit que l'Homo Antecessor serait un descendant d'Homo ergaster, qui serait passé en Europe et qui a été retrouvé en Espagne. Il serait en outre le double ancêtre direct commun de :


L’homme de Neandertal (du nom d’une grotte dans la vallée de Néander en Allemagne) vit entre -250 000 et -28 000 ans. Issus de l’Homo habilis qui aurait envahi l’Europe vers –2,5 millions d’années, il se tient debout mais marche le dos courbé et les genoux pliés. Mesurant 1,60 m, il est robuste, musclé et trapu, adapté au nomadisme et à un mode de vie physique, surtout dans les périodes glaciaires. Leur tête est grosse : le cerveau fait 1 450 cm³, le nez et les arcades sourcillières imposantes. Une nouvelle industrie, le moustérien, apparaît en diversifiant l’outillage (racloirs, pointes). L’homme de Neandertal est le premier à enterrer ses morts. Les Néandertaliens tardifs s’éteignent vers –35 000 ans en Europe occidentale et en Afrique du Nord. Il n’est pas un ancêtre, mais un cousin de l’homme moderne.

 

Homo heidelbergensis    Homme de Néanderthal
A gauche : Homo heidelbergensis - A droite : Homo neanderthalensis. Souce : http://humanorigins.si.edu

L’Homo rhodesiensis

Une théorie affirme que l'Homo rhodesiensis serait l'ancêtre probable de l'Homo sapiens, mais elle est encore en discussion auprès des scientifiques. Il vit en Afrique entre -700 000 et -300 000 ans, plus précisément en Zambie, dont l'ancien nom est Rhodésie du Nord.

Les caractéristiques de l' "Homme de Rhodésie" sont un mélange entre les traits archaïques d'Homo ergaster, erectus et antecessor (visage large, grand nez et arcades sourcillières prononcées), et ceux plus modernes d'Homo sapiens (cerveau de 1230 cm³)..

Alors que Homo sapiens continue de vivre et de construire sa société, les autres espèces du genre Homo disparaissent chacune à leur tour.

 


Homo rhodesiensis. Souce : https://fr.pinterest.com

L’Homo sapiens

L’Homo sapiens constitue la lignée néanthropienne dont est issu l’homme moderne. A partir de -315 000 ans, l’évolution de l’Homo erectus ou de l'Homo rhodesiensis conduit à l’Homo sapiens qui apparaît en Afrique. Oui, en Afrique, et pas sur un autre continent ! Cela signifie que toutes les autres espèces humaines qui avaient auparavant émigré en Asie et en Europe se sont toutes éteintes, et que seules certaines autres qui ont évolué en Afrique jusqu'à l'apparition de l'Homo sapiens, sont nos ancêtres. Ce n'est qu'après ce stade que les groupes d'hommes modernes quittent le berceau africain.

Lors de la dernière période glaciaire (Würm) entre -120 000 et - 10 000 ans, ce nomade connaît l’un des climats les plus rudes et doit trouver des solutions pour survivre. Il chasse les grands animaux car il est expérimenté en armes et en outils. Grâce au feu qu'il sait conserver, Homo sapiens peut s’adapter aux variations climatiques terribles qui font disparaître certaines espèces animales et végétales. Quand il quitte l'Afrique vers -80 000 ans, il passe par le Moyen-Orient, puis les groupes se divisent, soit pour aller vers l'Asie, l'Australie puis l'Amérique, soit pour se diriger vers l'Europe.

Quand vers -40 000 ans, Homo sapiens arrive en Europe, il remplace les anciennes populations européennes d' Homo erectus, mais le continent reste occupé par l'Homme de Néanderthal, et les deux espèces cohabiteront pendant longtemps. Mais le Néanderthalien disparaîtra pour n'avoir pas su s'adapter. Par contre, Homo sapiens utilisera le feu pour rôtir la viande qui, une fois cuite, plus digeste, lui permet de vivre un peu plus longtemps. Il traite aussi la peau des animaux pour se vêtir.

Bipède permanent, Homo sapiens mesure 1,80 m, possède un cerveau de 1 400 cm³ et il est pour la première fois pourvu d’un menton. Son larynx est descendu, ce qui lui permet d'articuler un langage. Un des grands représentant de l'Homo sapiens est l’homme de Cro-Magnon qui apparaît vers –35 000 ans en Dordogne.

Vers –15 000 ans, Homo sapiens utilise l’arc et les outils s’affinent : lames de pierres, harpons et flèches à partir d’os. Il possède la pensée abstraite, invente l’art pariétal (sur les parois, grotte de Lascaux) et la sculpture.

 

Homo sapiens
Homo sapiens. Souce : https://fr.pinterest.com

 

Le Paléolithique

Le Paléolithique couvre la période qui va de l’apparition de l'Homo habilis (- 3 millions d'années) à environ - 10 000 ans. Dans cette immense période de la Préhistoire, l’homme est un prédateur nomade, vivant de chasse, de pêche et de cueillette. Les familles forment des clans, et les clans se combinent en tribus. Ces tribus développent entre elles un protolangage. N’utilisant d’abord que des habitats naturels, les hommes se servent de matériaux animaux et végétaux pour construire des cabanes et des huttes provisoires. La peur de la mort conduit l’homme à créer des rites et des cultes protecteurs : les morts sont enterrés dans une position recroquevillée, dans des tombes spécialement aménagées. Pendant le Paléolithique supérieur, l’homme possède la pensée abstraite, le langage, et forme une société organisée.


Le Paléolithique ("Age de la pierre ancienne") est aussi appelée l’âge de la pierre taillée. A cette époque, l’homme fabrique de longs et fins éclats appelés lames à partir du nodule de silex (nucleus). Il aiguise ainsi ses arêtes par retouches successives. L’os est utilisé pour les pointes des harpons et des javelots, plus efficace que la pointe en bois ou en pierre. L’industrie osseuse connaît son plein essor pendant le Magdalénien (15 - 9 000 ans), c’est à dire à la fin de la 4ème glaciation, alors que la faune et la flore ont changé en Europe. Pendant l’épipaléolithique, les microlithes sont des petits outils de pierre retouchés pour divers usage, comme les pointes de flèches.

 

Microlithes    Biface
A gauche : Microlithes - A droite : Biface acheuléen. Souce : http://musee-prehistoire-eyzies.fr/objet/microlithes


Le climat aquitain, entre -30 000 et - 10 000 ans, tempère les rigueurs du climat général dur et froid : ce cadre géographique favorable permet aux hommes de subvenir facilement à leurs besoins, leur laissant ainsi le temps de se consacrer à l’art. Les cultures levalloisienne, moustérienne, châtelperronienne (ou périgordienne) et aurignacienne sont suivies du Gravettien, du Solutréen et du Magdalénien. Les premières empreintes de main dans les grottes habitées apparaissent il y a 40 000 ans. Les premiers dessins et gravures rupestres datent de la période aurignacienne (25 - 20 000 ans). Pendant le Gravettien, des statuettes de femmes (Vénus) symbolisent la maternité et l’idéal féminin. Les Périgordiens représentent des bisons et des mammouths sur les parois des cavernes. Pendant le Solutréen (18 000 ans), l’homme sculpte des bas-reliefs sur les parois des cavernes ainsi qu’à l’air libre (parois des falaises). La grotte de Lascaux en Dordogne (15 000 ans) contient de remarquables scènes de chasse. Les gravures rupestres servent à des rites cultuels et religieux. A la phase finale du Paléolithique, les artistes osent enfin représenter l’homme lui-même. Les Magdaléniens sont aussi musiciens : ils fabriquent des flûtes et des sifflets.

 

Peintures main    Peinture Lascaux
A gauche : Peinture rupestre mains grotte de Patagonie - A droite : Peinture rupestre grotte de Lascaux. Souce : Encyclopédie Larousse en ligne


Au Mésolithique, période située entre le Paléolithique et le Néolithique (entre -10 000 et - 5 000 ans), un réchauffement climatique suit la période glaciaire, faisant peu à peu disparaître le mammouth et le renne. Les forêts repeuplent la France (pins, noisetiers et chênes), dans lesquelles apparaîssent les cerfs, sangliers ou chevreuils. Cette abondance de gibier permet à l'homme de se déplacer sur des distances moins importantes, mais tout en restant encore nomade. Il chasse principalement avec un arc et des flèches. 3 groupes raciaux apparaissent : le groupe mélanoderme en Afrique tropicale, le groupe xanthoderme en Asie, et le groupe leucoderme en Europe. Un peu plus tard apparaissent les types australien, polynésien et mélanésien. Il y a 40 000 ans, les groupes xanthodermes se déplacent vers la Sibérie, le détroit de Béring, l’Alaska et le continent américain : ils sont les premiers colons du Nouveau Monde. Le groupe leucoderme produit les colons du continent européen. Le continent africain fut lentement colonisé (l’Asie étant rattachée à l’Afrique par la péninsule arabe), notamment dans la zone des Grands Lacs.

 

Le Néolithique

Le Néolithique ("Age de la pierre nouvelle") est aussi désigné l’âge de la pierre polie. Vers -9 000 ans, il se propage autour de la Méditerranée, puis arrive en Europe vers - 5 000 ans. Au Moyen-Orient, les hommes se fixent dans la région du Croissant fertile aux ressources naturelles abondantes. Les sociétés préhistoriques se sédentarisent pour inventer l’agriculture et l’élevage : c’est la révolution néolithique. L’homme devient alors agriculteur, s’intéresse au sol, à l’humidité, aux saisons, et modifie ses représentations religieuses et artistiques (le végétal remplace l’animal dans ses invocations). Les premières constructions servent de greniers et de lieux de culte. L’homme choisit des sols alluviaux non couverts de forêts et les prépare avec de nouveaux outils lithiques (haches, faucilles, pioches) pour les premières mises en culture. Des hommes tirent un soc en bois, bientôt remplacés par des chevaux et des bovins. L’agriculture permet la constitution de provisions pour l’hiver et les semailles suivantes (blé, orge, mil, lentilles, seigle).


Outre la production agricole, l’homme domestique à partir de - 9 000 ans des animaux (porcs, chiens, ânes, moutons, chèvres) qu’il élève ensuite dans des enclos. Le chien, loup apprivoisé, aide à la chasse, la garde des troupeaux et la traction des traîneaux. Dans les steppes d’Asie centrale se développe l’élevage des chevaux et des chameaux, gardés par des pasteurs. Plus tard, vers -3 000 ans, la domestication des chevaux et du bétail s’étend à l’Europe. Vers -2 000 ans, l’élevage de la volaille (poules, pintades) se fait d’abord en Malaisie et en Inde, pour n’arriver en Europe qu’à l’âge du fer. Les hommes n'exploitent plus les ressources naturelles, mais commencent à en produire. Ces modes de subsistance (agriculture et élevage) sont largement plus productifs que le mode de prédation du Paléolithique (chasse et pêche), mettant les hommes à l'abri des conditions climatiques hasardeuses, et permettant une croissance démographique considérable. Pour autant, chasse, pêche et cueillette restent des pratiques courantes pour compléter l'alimentation.

 

Peintures main    Peinture Lascaux
A gauche : L'agriculture - A droite : L'élevage. Souce : http://palladia.pagesperso-orange.fr


En Afrique, sur les bords du Nil, le peuple pasteur est remplacé par un peuple agricole venu d’Asie. Métissé avec les populations originelles, ce peuple établit les société prédynastiques d’Egypte vers -5 000 ans. Un premier ensemble étatique centralisé évolue vers la formation de l’Egypte pharaonique.


Pendant le Néolithique, la vannerie se développe : l’homme tresse des feuilles et des herbes pour faire des paniers et des récipients. De même, la poterie passe de la technique du colombin (-7 000 ans) à celle du tour de potier (-3 000 ans). De ces techniques découle la production céramique. Vers -6 000 ans, les céramiques linéaires ou à volutes (décorées de gravures enroulées) se répandent à partir de l’Europe centrale. La céramique cardiale (décorée par impressions d’un coquillage appelé cardium) provient des côtes méditerranéennes. Ces 2 cultures néolithiques se rejoignent en Europe occidentale. Elles sont remplacées par la culture campaniforme venue de la péninsule ibérique vers -3 000 ans.


A la fin du Néolithique, les hameaux d’Europe se regroupent en communautés agricoles pour se défendre contre l’arrivée d’envahisseurs étrangers. Le commerce prend un essor important reliant toutes les extrémités du continent, par des centres d’échange et des routes commerciales. Le troc se pratique avec l’ambre, le miel et le sel. Puis l’homme découvre l’utilisation des métaux, d’abord à l’état naturel, ensuite en les travaillant dans des fours d’argile.

 

L’âge des métaux

Vers –2 500 ans, l’Age des métaux met fin à l’Age de pierre avec l’apparition de la métallurgie. L’homme passe progressivement des industries lithiques et osseuses à l'industrie métallurgique. Il sait désormais couler des outils et des armes plus solides que les matériaux traditionnels.

 

Homo sapiens
Objets en cuivre de la grotte de L'Euzière dans l'Hérault. Souce : jeanarnal.byethost5.com

L'âge du cuivre (Chalcolithique) dure de -2 500 à -1 800 ans en Europe. L’industrie du cuivre vient d’Orient et s’étend vers l’est. Le cuivre sert à fabriquer des armes et des bijoux ; mais le cuivre est un métal trop mou pour les armes. Cette industrie ne bouleverse pas les habitudes des hommes, qui continuent en majorité à fabriquer des outils en pierre. Sur la façade Atlantique, c'est le travail de l'or qui est prédominante.

 

Homo sapiens
Objets en bronze en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Souce : http://perso.club-internet.fr/bclist/Pacabrze/

Ce n'est qu'entre -1 800 et -1 600 ans que l'homme découvre l’alliage, d’abord l’or blanc (alliage d’or et d’argent), puis le bronze (cuivre et étain), et enfin le laiton (cuivre et zinc). L’âge du bronze vient du Moyen-Orient et arrive en Europe pour s’y développer. Cet âge a une importance capitale car il permet de combler le retard dans l’évolution sociale et culturelle. Le forgeron devient un personnage à part, ce qui implique une structure économique différente. Les outils, les armes et les armures en bronze sont bien plus solides que ceux fabriqués en cuivre ou en pierre. Au cours du bronze final (1 100 - 800 ans), de grands groupes ethniques issus des indo-européens apparaissent : Celtes, Germains, Slaves et Grecs. Vers -2 000 ans, la Grèce forme un centre culturel original. Les Hellènes apportent la culture helladique à l’âge du bronze. Les Doriens envahissent la région en 1 100 avant notre ère, apportant le fer : la Grèce antique connaît alors un essor prodigieux.

 

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Armes de l'age du fer, site de Hallstatt. Souce : http://www.crdp-strasbourg.fr

Vers -1 100 ans, les Celtes arrivent sur notre territoire en apportant l’Age du fer, âge qui succède progressivement à celui du bronze. Le premier âge du fer, le Hallstatt, dure de -1 200 à - 400 ans. La metallurgie du fer demande des températures plus élevées que pour le bronze, aussi son travail exige que des progrès technologiques soient réalisés dans la construction des fours. Cette nouvelle technique influence les hiérarchies dans les sociétés européennes : les armes en fer étant plus solides que celles en bronze, les guerriers voient leur autorité renforcée. Les outils agricoles plus performants permettent d'arriver à une même quantité de récolte pour moins de travail, et certains hommes peuvent s'en libérer pour faire de l'artisanat ou le commerce.

En Europe de l’ouest, la civilisation des « champs d’urne » regroupe les populations qui incinèrent leurs morts et déposent leurs cendres dans des urnes enfouies dans le sol. Le groupe social est alors très homogène, les chefs et les clans dominant le reste du peuple. L’âge du fer apparaît en Italie entre les IIème et Ier millénaires, et donne naissance à la civilisation étrusque qui précède les Romains. Les Celtes qui vivent entre le Rhin et les Pyrénées sont appelés Gaulois par les Romains. Ils connaissent tous le second âge de fer appelé La Tène, qui va de 500 à 50 ans avant notre ère. Cette période est caractérisée par l’expansion celtique, et se termine par l’invasion de Jules César et des Romains. La Préhistoire cède alors le pas à l’Histoire.

 

Retour à la généalogie

Il est évidemment impossible de retrouver la trace de tous nos ancêtres depuis les premiers hommes. Mais le peu que l'on peut retrouver, et transmettre aux générations futures, est une histoire aussi importante. Vous trouverez ici le lien pour commencer l'aventure de notre histoire familiale.

Et après ?

On a tendance à imaginer que toute l'évolution des hominidés a pour but final d'arriver à nous, les hommes et les femmes d'aujourd'hui. Beaucoup pensent que nous sommes les derniers maillons de la chaîne, le résultat final. Mais il n'en est rien : l'homme continuera d'évoluer au fil des millénaires. L'évolution se fait de manière insidieuse, de sorte que de génération en génération, on ne s'en aperçoit pas. Alors, dans quel sens, avec quelles modifications anatomiques ? Evidemment, personne n'en sait rien aujourd'hui, mais ne soyons pas trop nombrilistes. Si nous ne sommes pas un aboutissement, faisons confiance à la nature pour nous adapter à notre futur environnement, elle ne s'est pas trop mal débrouillée jusqu'ici !